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Grève des immigrés en France et en Italie
(Photo: affiche, "Une journée sans immigrés") En France a été lancée, pour le 1er mars 2010, l'initiative “Une journée sans immigrés”. Reprise aussi en Italie, cette grève se veut une réponse à la vague xénophobe qui est en train de traverser l'Europe. Par Francesca Casafina, traduction de Stéphanie Klaczynski « Un jour sans immigrés». Cela pourrait ressembler à une annonce publicitaire macabre du parti xénophobe italien  La Ligue du Nord , mais c’est en fait le slogan d’une grève générale à laquelle appellent, le 1er mars, les communautés d’immigrés en Italie, rejoignant en cela l'initiative française . Les immigrés s’arrêteront toute une journée pour demander une reconnaissance politique plus grande et la défense de leurs droits. Après les événements de janvier dernier à Rosarno ( petite ville calabraise de 15 000 habitants, où les manifestations des immigrés furent suivies d’une violente réaction xénophobe de la population locale début janvier, ndlr ) – la grève du 1er mars 2010 se veut un moment de pensée collective sur un thème, celui de l’immigration, qui n’est pas seulement politique. La crédibilité de la démocratie italienne et de ses structures sociales dépend de la solution qu'on saura trouver au défi de l'immigration La grève des immigrés a tiré l’alarme sur une situation d’impasse qui concerne à la fois les institutions et la société toute entière. L'initiative d'une grève des immigrés a été lancée en France, sous le mot d'ordre « la journée sans immigrés : 24h sans nous! ». Le choix du 1er mars est une référence au 1er mars 2005, date à laquelle est entré en vigueur en France le «code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile» (CESEDA), une loi qui symbolise une conception utilitariste de l’immigration. Dans l'Hexagone comme au Nord des Alpes, les polémiques sur les méthodes d’intégration sont au centre du débat politique. Du reste, il est bien connu que la montée du racisme et des manifestations xénophobes est symptomatique de l’état de malaise qui se propage dans les pays industrialisés. Et le fait que ce genre de politique soit adopté – identité nationale, entretien d'un climat de paranoïa face à l'immigration, défense des frontières – semble avoir pour unique but de divertir l’attention publique d’une réalité bien plus complexe. En un mot, c’est tout simplement la vieille politique du bouc émissaire. La grève du 1er mars nous oblige à approfondir notre réflexion sur le modèle de démocratie que nous sommes en train de construire et sur une structure sociale de plus en plus fragmentée, dans laquelle le racisme et la xénophobie deviennent les signaux inquiétants d’une crise plus générale de la cohabitation civile, et dans laquelle le concept d’identité nationale se pervertit lui-même dans des processus d’exclusion et d’injustice. La grève du 1er mars, en France et en Italie, émettra un signal fort questionnant l’Europe et sa politique de migration. Il sera nécessaire de se pencher sur la possibilité d’élaborer des stratégies communes pour donner une réponse concrète aux actions infructueuses de la communauté immigrée, et pas seulement dans une simple perspective de gestion du flux migratoire. Il sera également nécessaire de mettre en avant les propositions innovantes, capables de dépasser les frontières nationales pour créer un front commun d’action politique qui n’implique pas seulement les institutions mais aussi les associations, le monde du travail et plus largement, les membres de la société civile. C’est précisément dans cette perspective qu'a été fondé en France le réseau « Éducation sans frontières », qui soutient des familles étrangères en situation irrégulière qui ont des enfants en âge d’être scolarisés. Le réseau, plate-forme de discussions et d'actions, qui comprend des enseignants, des syndicats, des parents, des associations et des citoyens, sera aussi créé en avril prochain en Italie, à Turin. Cela sera une première étape vers la formation d’un mouvement transfrontalier pour défendre la justice et les droits. Pour débattre un peu plus de l’initiative de la grève des immigrés, European Alternative organise, à Bologne et à Rome le 18 février, deux séminaires qui font partie du cycle de conférences « Salon Europa ». Ici.
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