L’adhésion et ses politiques

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Saskia Sassen

Quand les étrangers étendent les droits des citoyens.

La croissance du sentiment anti-immigrant conduit à renationaliser les politiques d’adhésion. Bien qu’elle soit idéologiquement forte, cette renationalisation de l’adhésion se fait de plus en plus faible sur le terrain institutionnel à mesure que l’UE se renforce dans ce domaine. Et bien que le niveau d’institutionnalisation de l’Union soit encore faible en regard de celui de l’état nation, cela commence à altérer l’articulation qui existe entre ce dernier et la citoyenneté. Le développement institutionnel de l’Union Européenne et le renforcement de la Cour Européenne des Droits de l’Homme correspondent à une dénationalisation partielle de ce qui avait initialement était construit selon une approche nationale. Ce qui est significatif, c’est que cette dénationalisation est aussi nourrie par l’émergence de multiples acteurs, groupes et communautés de plus en plus enthousiastes sur les notions générales de l’adhésion politique : ils refusent de s’identifier automatiquement avec un état nation même si ils en sont citoyens. Il ne s’agit cependant pas ici d’un rejet de l’état nation ni d’un embrassement complet de l’UE, mais plutôt d’une prise de distance complexe entre le citoyen et l’état. Cette distanciation est en partie triangulée par certaines des institutions de l’UE, par le régime des droits de l’homme et par l’émergence d’une société de plus en plus transnationale.

Ces transformations subjectives et institutionnelles dans l’UE se confrontent avec cette autre tendance lourde qu’est la renationalisation de l’adhésion. Les nouveaux et virulents nationalismes anti-immigrants peuvent-ils s’intensifier alors même que les règles institutionnelles de la communauté deviennent en partie dénationalisée ? La discrimination grandissante à l’encontre des étrangers peut-elle coexister avec un renforcement du droit d’avoir des droits –comme cela est illustré par les décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme quand elle confirme les droits des migrants quand les législatures nationales tentent de les saper ? Et la renationalisation idéologique de la citoyenneté peut-elle coexister avec l’européanisation de l’adhésion et les multiples trans-nationalismes des identités politiques.

Historiquement, la citoyenneté a cru et s’est étendue à travers la revendication et les demandes des exclus, qu’ils soient des citoyens minoritaires ou des immigrants. Mieux encore, en étendant les inclusions formelles des citoyennetés, l’état nation lui-même a contribué à créer certaines des conditions qui ont finalement amené à la citoyenneté de l’UE. Dans le même temps, avec le renforcement néolibéral des deux dernières décades, l’état à son tour a considérablement changé. L’une des caractéristiques de ce changement est la réduction des devoirs des citoyens au nom de « l’état compétitif » néolibéral. Ainsi les états d’aujourd’hui ont moins tendance à faire le travail législatif et judiciaire que dans les anciennes inclusions formelles. Cela devrait en retour conduire à un attachement encore plus faible des citoyens à leurs états nations alors que, dans le même temps, les revendications seront adressées de manière croissante à d’autres institutions, telles que la Cour Européenne des Droits de l’Homme

La tension entre le statut formel et le projet normatif de citoyenneté a également augmentée. Pour beaucoup, la citoyenneté devient un projet auquel on aspire, un projet qui devrait inclure une égalité effective et pas seulement formelle, et où l’adhésion sociale serait de plus en plus compréhensive. La globalisation civique et les droits de l’homme nourrissent encore davantage cette tension, promouvant les éléments d’un nouveau discours sur les droits.

Ces développements témoignent d’un changement sur le terrain analytique, un changement qui pousse à questionner les droits et l’adhésion, l’autorité et les devoirs. Je vais examiner ici certaines de ces questions à travers une lentille particulière : la complexité actuelle de l’adhésion des immigrants en Europe, spécialement si l’on prend un cadre temporel suffisamment long.

SOUS LES NOUVEAUX NATIONALISMES, LE FLOU DES POLITIQUES DES ETATS MEMBRES.

Contrairement au citoyen, l’immigrant, ou plus formellement, l’étranger, est construit juridiquement comme un sujet très mince. Pourtant l’immigrant et l’immigration correspondent en fait à une réalité épaisse et pleine de contenu. Dans cette tension entre un sujet formel partiel et une réalité riche repose la capacité heuristique de l’immigration à illuminer les tensions au cœur d’un état nation et d’une citoyenneté nationale construits historiquement. Dans une perspective historique justement ces tensions ne sont pas neuves, mais, comme avec la citoyenneté, les conditions du moment produisent leurs propres possibilités distinctes. De plus les changements de la citoyenneté en elle-même, particulièrement son débordement émergeant des définitions formelles et des cadres nationaux, ont des implications pour la définition de l’immigrant. Confronté à des formes de citoyenneté postnationales et dénationalisées, qu’essayons nous de discerner dans les processus complexes que nous regroupons sous le terme d’immigration ? D’un autre côté, la renationalisation de la citoyenneté restreint ce à quoi nous pourrions nous référer comme la définition habituelle de la citoyenneté ainsi que celle de l’immigrant.

Ainsi comme sujet l’immigrant filtre un plus grand nombre de dynamiques politiques que son statut juridique ne le suggère.

En travaillant avec les distinctions et les transformations dont nous avons discuté jusque-là, nous pouvons discerner la possibilité de deux sujets quelque peu stylisés qui déstabilisent les significations formelles et illuminent ainsi les tensions internes à l’institution citoyenne, spécifiquement au sujet du rapport aux droits du citoyen. D’une part nous pouvons identifier un citoyen formel qui est pleinement autorisé mais pourtant incomplètement reconnu. Les citoyens minoritaires victimes de discriminations dans quelque domaine que ce soit en sont un exemple clé. Il s’agit là d’une condition familière et assez documentée. D’autre part nous pouvons identifier un citoyen informel, interdit par la loi et pourtant reconnu par une potentielle communauté d’adhésion. Cela est par exemple le cas des sans-papiers qui sont des résidents de longue durée qui peuvent être régularisé et donc devenir citoyens. Ainsi des immigrants illégaux qui démontrent un engagement civique, une utilité sociale et une loyauté nationale peuvent prétendre mériter un droit de résidence, et souvent l’obtiennent. Mais même si ils n’obtiennent pas le droit de résidence, nous pouvons poser une condition semblable à la citoyenneté informelle qui lie les résidents de longue durée à leur communauté de résidence, même si ils demeurent sans papiers.

Il y a des dimensions de la citoyenneté formelle et informelle et des pratiques de la citoyenneté qui ne s’adaptent pas aux indicateurs et aux catégories académiques du courant dominant pour comprendre la vie politique et citoyenne. Les multiples dimensions de la citoyenneté engendrent des stratégies pour légitimiser les formes d’adhésion informelles et extra-étatiques. Les pratiques de ces immigrants sans-papiers sont une forme de pratiques citoyennes et leur identité en tant que membres de la communauté de résidence assume certaines des caractéristiques de l’identité citoyenne. Supposément cela pourrait même convenir au modèle communautariste, où la communauté décide de qui admettre et qui exclure, mais une fois admis, une pratique civique correcte apporte une adhésion complète.

L’EUROPE ET SES MIGRATIONS.

C’est un fait que les groupes d’immigrants passés sont désormais raisonnablement bien absorbés, et ce malgré l’existence de différences importantes. Ces anciens groupes d’immigrants, remontant à trois ou quatre générations, nous ont donné nombre des citoyens actuels de l’UE. Ils ne sont pas le problème abordé dans les débats d’aujourd’hui, mais en leur temps, c’étaient bien eux qui étaient pointés du doigt.

Aujourd’hui l’argumentation contre l’immigration se concentre sur les questions de race, de religion et de culture, et elle tend donc à faire de la distance culturelle et religieuse la raison expliquant la difficulté de l’incorporation. Et cela peut paraître rationnel. Mais en passant au crible l’apparente évidence historique et actuelle nous ne trouvons que le nouveau contenu d’une vieille passion : la racialisation de l’étranger comme « autre ». Aujourd’hui « l’autre » est stéréotypé par différence de race, de religion et de culture. Des arguments équivalents étaient pourtant fabriqués et utilisés dans le passé, quand les migrants étaient généralement du même groupe religieux, culturel et ethnique : ils étaient considérés comme inadapté à leur société d’accueil, comme ayant de mauvaises habitudes, une morale faussée, et une pratique religieuse erronée. La migration implique un mouvement entre deux mondes, même si celle-ci se fait dans un même pays et un même espace religieux –comme pour le passage des allemands de l’Est en RFA qui étaient considérés comme appartenant à un groupe ethnique différent, dont les caractéristiques par conséquent étaient indésirables.

Il y a des preuves certaines du caractère cyclique des politiques anti-migratoires, et de l’assombrissement de questions corollaires à celles-ci. Depuis des siècles les grandes économies européennes sont passées par des cycles rapides de demande importante puis d’expulsion sévère, puis de retomber dans un contexte de demande élevée quelques dizaines d’années plus tard. Dans le passé récent, un pays comme la France a eu un besoin désespéré d’immigrants durant la première guerre mondiale (utilisant entre autres les maghrébins dans ses armées) et la reconstruction des années 20, pour basculer ensuite dans des politiques anti-migratoires agressives durant les années 30, et de revenir encore une fois à des besoins élevés en travailleurs étrangers après la seconde guerre mondiale, et ainsi de suite jusqu’à nos jours. Dans mes lectures sur les caractéristiques de cette histoire et les conditions actuelles décrites plus haut, cette histoire cyclique pourrait tout à fait toujours être de rigueur. Si nous considérons la demande croissante de travailleurs à bas coût et le déclin très net de la population dans l’Europe d’aujourd’hui, il est facile de voir que nous devrions réellement passer à une phase de demande aigue de travailleurs immigrés d’ici une décade, si ce n’est plus tôt encore.

Quand l’Italie (1990), le Portugal (1991) et l’Espagne (1992) sont devenus membres de la zone de libre circulation de la communauté européenne, cela signifiait alors intégrer ceux qui avaient été les pourvoyeurs majeurs d’immigrants vers le Nord, et avaient été privés d’entrées supplémentaires à partir de 1973. Le changement de politique provoqua une pandémie de craintes liées à l’invasion de masses de travailleurs et de familles pauvres. Rétrospectivement nous pouvons voir à quel point ces peurs étaient injustifiées. En fait, la plupart des immigrants retournèrent en Espagne, en Italie, en Grèce, au Portugal, et très peu émigrèrent vers le Nord en comparaison de ce qui était attendu. C’était en partie parce qu’ils étaient désormais libres de circuler, dans un sens ou dans l’autre, et en partie car les économies du Sud se développaient de manière à incorporer leur peuple.

Le même développement est à attendre avec les migrations provenant des nouveaux membres de l’UE à l’Est, considérées avec beaucoup d’appréhension. En fait, les dernières études indiquent que plus de 50% des immigrants Polonais venus au Royaume-Uni après l’élargissement sont récemment retournés en Pologne (Pollard et al. 2008). Les gens ayant des griefs plus profonds à l’égard de leur pays d’origine sont bien plus enclins à émigrer de manière permanente que ceux qui ont certes un bas revenu mais sont des membres à part entière de leurs communautés. Nous avons des preuves conséquentes qu’avoir un bas revenu n’est pas en soi suffisant pour quitter sa communauté.

Nous savons également que de nombreux migrants de faible revenu veulent venir chaque année pour quelques mois puis repartir vers leurs communautés. Ainsi l’élargissement de l’UE rend possible bien plus de migrations circulaires et réduit les changements entre les différentes nationalités autorisés au sein de la communauté. Peut-être que la meilleure histoire pour illustrer ce cas est celle de ces femmes Polonaises qui faisaient équipe pour nettoyer et garder les maisons de ménages berlinois. Chacune voulaient passer un minimum de temps à Berlin, quel que soit son confort, et ensuite retourner au pays pour vivre sa vraie vie. Donc des équipes de quatre s’organisèrent de manière à ce que chacune passe trois mois dans un ménage donné, selon une rotation annuelle (Lutz 2007). La meilleure stratégie pour les pays riches de l’UE, tellement inquiets de recevoir ces masses de travailleurs ayant des salaires et une éducation moindre en provenance des nouveaux pays membres, est de faire tout ce qui peut être fait pour assurer le développement général de ces derniers.

Il y a une catégorie de la communauté pour qui cela demeurerait inadéquat : les Roms. L’Europe a délaissé les Roms depuis des siècles. Toutes ces luttes au nom de la société civile et des droits civiques excluaient fondamentalement les Roms. Tout cela aura ses conséquences. Aujourd’hui, nous payons le prix de notre négligence historique, et également de nos agressions. Il y a un nombre conséquent de Roms extrêmement pauvres dans certains des nouveaux pays membres de l’UE, et des siècles d’exclusion ont laissé leurs marques. L’élargissement doit être un sonnerie de réveil : nous devons penser les Roms comme une partie de notre communauté future.

Dans le même temps, les Roms illustrent un aspect clé de l’histoire des migrations européennes : ce sont généralement des groupes particuliers qui sont au cœur de l’émigration depuis un pays, plutôt qu’un flot massif et généralisé de la pauvreté vers la prospérité. Au début des années 90, après la chute du Mur de Berlin, Berlin reçu plus de deux millions de migrants en provenance de l’Europe de l’Est et de la Russie, mais la grande majorité était d’ethnie germanique et, pour le reste, il s’agissait pour la plupart de Roms. Les autres nationalités n’étaient représentées qu’en petits nombres. Similairement, l’émigration Turque vers l’Allemagne, par exemple, consiste largement en des groupes particuliers de Turcs minoritaires, incluant notamment des Kurdes. En bref, il n’y avait pas de mouvements indiscriminés de la pauvreté de l’Est vers l’aisance de l’Ouest. Ces deux groupes de migrants étaient avant tout motivés par une situation minoritaire historique, spécifique et de longue durée à l’intérieur de leurs pays d’origine.

LA MIGRATION COMME PROCESSUS INCRUSTE

Etablir si la migration liée au travail est partie intégrante de la manière dont évolue et fonctionne un système économique et social est, de mon point de vue, essentiel pour développer la politique de l’adhésion. La logique de cet argument est, résumée simplement, la suivante : Si l’immigration est interprétée comme le résultat de la recherche d’une meilleure vie par des individus, elle est vue par le pays d’accueil comme un processus exogène, formé à partir par de conditions extérieures. Le pays d’accueil est alors chargé de la tâche d’intégrer cette population. Selon cette vue comme la pauvreté et la surpopulation croissent dans le reste du monde, il devrait y avoir une augmentation parallèle de l’immigration, au moins potentiellement. Le pays d’accueil est ici dépeint comme le spectateur passif d’un processus situé à l’extérieur de son domaine et de son contrôle, et donc possédant peu d’options au-delà du resserrement de ses frontières pour éviter une invasion.

Si, d’un autre côté, l’immigration est en partie conditionnée par le fonctionnement des systèmes économiques des pays d’accueil, ces derniers peuvent organiser des politiques domestiques pour réguler l’emploi des migrants. Ainsi, si un pays tel que les Etats-Unis cherche à rendre son industrie plus compétitive en rendant la production moins chère par le biais d’ateliers qui exploitent une main-d’œuvre à très bas coût, cela participe à la formation d’une force de travail migrante exploitée. De même la demande croissante pour des employés de service à bas salaire dans les nouveaux secteurs en croissance des économies développées est un facteur domestique. Dans chacun de ces cas, le pays d’accueil n’est pas un spectateur passif du processus d’immigration. Mieux, il y a quelque chose que les gouvernements de ces pays peuvent faire au-delà du strict contrôle des frontières : il peuvent faire en sorte que ces travails deviennent plus attractifs pour les migrants résidents et les citoyens. Finalement, à l’échelle globale, les pays d’accueil ont besoin de reconnaître que, quand ils sous-traitent des emplois à des pays à bas salaire, ils construisent les ponts des migrations futures en provenance de ces derniers. Oui, l’immigration se produit dans un contexte d’inégalité économique entre différentes parties du monde, dans un contexte de pauvreté spécifique aux pays d’émigration. Mais la pauvreté en elle-même n’est pas un facteur suffisant pour conduire à l’émigration. La pauvreté est un facteur qui pousse à la migration à travers le recrutement organisé par les employeurs dans le pays plus riche, par les frontières néo-coloniales, etc…

Les conditions économiques, politiques et sociales dans le pays d’accueil contribuent de nombreuses manières à fixer les paramètres des flux migratoires. Ils peuvent mettre un certain temps à s’ajuster au marché du travail de destination, mais tendrons toujours à se régler sur les conditions des pays d’accueils, même si ces réglages sont imparfaits. Ainsi il y a eu un déclin du taux de croissance de l’immigration Polonaise vers l’Allemagne une fois qu’il a été clair que les opportunités n’étaient pas aussi abondantes, et ce mouvement fut remplacé par la migration circulaire à travers de nombreux flux Est-Ouest, parmi lesquels un mouvement impliquant les anciennes RDA et RFA. La taille et la durée des flux est aussi structurée selon ces conditions propres aux pays riches : ce n’est pas un processus exogène dépendant uniquement de la pauvreté et de la croissance de la population où que ce soit, qui serait en conséquence autonome de la capacité d’hébergement des pays d’accueil.

Un ajout majeur à cette fabrication des flux migratoires par les pays riches est la dévastation provoquée par les programmes de restructuration du FMI et de la Banque Mondiale au début des années 80. Ceux-ci ont détruit les économies traditionnelles de pays déjà pauvres. Sous le prétexte de moderniser et d’ouvrir au commerce mondial leurs économies, ces programmes ont sapé l’échelon local, les entreprises moins modernes et remplacé les emplois par des importations. L’émergence d’un tout nouvel ensemble de migration vers l’Europe en provenance de l’Afrique Sub-Saharienne est profondément liée à ces aspects dévastateurs de la modernisation.

Il y a des implications pour les politiques de la Communauté quand nous constatons que recevoir de nouveaux membres participe à la création de migrations internes. Une de ces implications concerne le droit de ces migrants à ne pas être vu comme des criminels et des êtres humains illégitimes. Une autre est que les classes ouvrières de l’Europe, qui ont souffert tant de pertes au court des vingt dernières années, devraient diriger davantage de leur colère en direction des acteurs économiques et politiques clés qui ont mis en place des programmes aux effets dévastateurs.

En conclusion, l’histoire des migrations intra-européennes nous démontre qu’à travers le temps de nombreux immigrants persécutés sont devenus les parents puis les grands parents des citoyens de l’UE. Plus important encore, cette histoire nous démontre que le travail d’incorporation des étrangers était également lié à une extension des droits formels des citoyens qui conduit à faire de l’Europe une société ouverte. Mais toutes les générations sont passées à travers des phases de conflit et de haine dirigé à l’encontre de toutes les nationalités entrant dans l’Europe, quelles qu’elles soient. Dans les années 70 il s’agissait des Italiens, des Espagnols et des Portugais. Maintenant cela semble tout simplement inconcevable. Mais les haines sont là et se dirigent vers une toute nouvelle génération de cultures et de nationalités étrangères. Le défi de garantir le maintien d’une société européenne ouverte nécessitera, une fois encore, la réalisation d’inclusions étendues. Lesquelles ne feront que renforcer davantage le droit des citoyens et l’ouverture.

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