Polis 21 – voyages à travers Athènes, Belgrade et Zagreb

(Photo: European Alternatives)
Après l’événement de lancement du projet Polis 21 à Londres sur le thème de ‘la ville et l’espace public’ (the city and the commons) le 27 octobre 2009 pendant le festival This is Not a Gateway, le projet s’est poursuivi la semaine dernière à Athènes (7 novembre), Belgrade (9 novembre) et Zagreb (11 novembre)
Polis 21 traite tout à la fois de l’espace public et des frontières dans la ville du 21eme siècle. Les thèmes traités incluent ceux de l’espace public, de l’espace démocratique, des frontières et de l’exclusion. Il interroge le potentiel des interventions artistiques et politiques pour lutter contre l’exclusion et les frontières dans quatre villes européennes, et a pour objectif de définir en commun et proposer des actions.
A Londres, les participants ont évalué comment l’exclusion peut être perpétuée dans la forme urbaine (le bâti) et par l’architecture et comment ces formes d’exclusion peuvent être dépassées par des interventions artistiques. Maria Theodorou et Jilly Traganou ont présenté des projets qui ont participé à la création d’un espace public transnational et modifié les formes urbaines prédéfinies par le bâti. Par exemple, les manifestations peuvent être comprises comme des installations architecturales temporaires (en cela qu’elles modifient la forme urbaine). D’autres interventions artistiques et politiques subvertissent le bâti et les représentations données du ‘vivre ensemble’ pour ouvrir de nouvelles voies de réflexion. Impliquer les migrants et les travailleurs, qui sont parmi les usagers finaux d’un lieu ou d’un bâtiment (et littéralement très souvent leurs constructeurs) dans le dessin et l’architecture a aussi été présenté comme une pratique architecturale intégrative.
L’événement londonien a aussi été l’occasion d’évaluer les formes d’expression de l’espace publique transnational dans la ville , telles que les manifestations simultanées dans plusieurs villes, comme dans le cas des manifestations à Paris et Londres au moment des manifestations étudiantes en Grèce en décembre 2008, ou l’engagement avec tous les résidents, quelle que soit leur nationalité, comme c’est le cas pour les élections locales et européennes en Europe, alors que les élections nationales ne sont pas ouverte aux résidents, non-citoyens nationaux.
A Athènes, les participants se sont concentrés sur les thèmes de la filoxenie et de la L’événement incluait un projet photographique et artistique dans le quartier de Psirri-kerameikos-metaxourgio xenophobie, autrefois le lieu d’un processus de gentrification, maintenant habité par nombres de migrants et évité par la foule autrefois attirée par sa ‘trendyness’. Le projet incluait un symposium et l’affichage de panneaux publics sur le square Monostriaki pour appeler à la foloxenia.
A Belgrade, l’événement s’est déroulé dans le reconnu centre pour la décontamination culturelle sur la question des frontières dans la ville, avec la participation de Borka Pavicevic, Stephen Wright, Manja Ristik, Petar Milat. Les événements de Belgrade et Zagreb incluaient un projet artistique vidéo, dont le curateur était Emmanuele Guidi.
Les discussions ont évoqué les transformations récentes vécues par Belgrade depuis la fin de l’ex-Yougoslavie et la guerre. L’interrogation a conduit à interroger les notions de propriété, de la propriété collective (the commons), propriété de l’Etat et propriété privée et de son impact. Dans de nombreux cas, la transition vers le système capitaliste, accompagnée d’une intense corruption, a conduit à l’appropriation abusive de l’espace public et des symboles et a créé de nouvelles formes d’exclusion. Un lien apparait entre la question de la destruction de l’espace vide, libre, de l’espace public et la marchandisation des rapports humains et de la société : La figure du nouveau riche, paradant au volant d’une grosse voiture et de sa maitresse, et a accès aux espaces très exclusif des restaurants de luxe, est à cet égard, révélateur.
A Belgrade, la privatisation de la ville et l’accroissement d’une nouvelle forme de conservatisme a été accompagnée du retour en force des symboles religieux : littéralement, à Belgrade, les travaux sur la l’église de hram saint sava ont conduit à l’affaissement du sol de la bibliothèque nationale !
Ce nouveau conservatisme va aussi de pair avec l’expulsion de certaines personnes de l’espace public, comme le montre la récente annulation de la gay parade sous la pression des mouvements d’extrême droite.
Dans la seconde partie de l’événement, Stephen Wright a analysé la question de la disparition du temps public – le temps libre qui peut être dédié aux affaires publiques, dont la possibilité est perçue comme une condition nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie.
A Zagreb, l’événement organisé en coopération avec le Multimedia Institute/MAMA et le festival ExitEurope a porté sur la question de l’intervention artistique et politique dans la ville et le rôle des centres culturels. Les intervenants, Leonardo Kovačević, Tomislav Medak, et Sonja Lebos et Emmanuele Guidi, ont évoqué la longue bataille menée par la communauté artistique et culturelle indépendante de Zagreb pour la protection de l’espace public et la création d’un centre culturel dans une des anciennes usines désaffectées, et l’importance du symbolique dans l’espace public. La narrative urbaine, qui interroge par exemple la symbolique cachée dans le nom des rues et places, a été présentée comme une action efficace pour revitaliser l’espace public.
A Belgrade, les participants ont soulevé l’importance pour les artistes de participer à la dis-location pour assurer la possibilité de l’émergence d’alternatives politiques et culturelles, et donc du voyage. A Zagreb, le rapport entre mouvement local/mouvement transnational et d’une action ancrée au cœur de la localité ont été plus amplement discutés.
Plus de détails sur le projet Polis 21 www.polis-21.com


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