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	<title>European Alternatives</title>
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		<title>Au delà du PIB, reste une économie décroissante</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 23:38:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Article @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Economie européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[«Au-delà du PIB» devrait signifier aller au-delà du simple impératif de croissance économique dans les pays riches. Cela veut dire entrer dans une estimation multicritère de l’économie, travaillant avec huit, dix, douze indicateurs de performances sociales, culturelles, économiques et environnementales.


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/02/degrowth.jpg" alt="" title="degrowth" width="580" height="387" class="aligncenter size-full wp-image-7595" /><br />
(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/twaize/4187270632/" target="_blank">Twaize/Flickr</a>)</p>
<p>Par Joan Martinez Alier, traduction de Stéphanie Klaczynski.</p>
<p>L’expression au-delà du PIB est à la mode à Bruxelles parmi quelques fonctionnaires et hommes politiques européens, 40 ans après que la commission du président Sicco Mansholt ait déjà critiqué le PIB et ait proposé une fin de la croissance économique dans les pays riches. Le slogan à Bruxelles est : « Le rajeunissement de l’économie : au-delà du PIB ». Mais il n’y a pas eu d’approbation officielle de « La décroissance économique pour une économie durable » si ce n’est comme un programme politique plausible, au moins comme un domaine de recherche intéressant. La croissance du PIB va de pair avec une pression de plus en plus forte sur la biodiversité, le changement climatique et la destruction des gagne-pains humains à la « frontière des denrées ».</p>
<p>Les activistes environnementaux sont rassurés par les critiques universitaires concernant le PIB. En fait, les activistes féministes et les universitaires (Waring, 1988) ont mis au point, il y a bien longtemps, un argument convaincant contre le PIB comptable car il « oubliait » non seulement de compter les services en nature mais aussi le travail domestique non rémunéré. De plus, un autre type de critique à l’encontre du PIB comptable voit le jour socialement, le soit disant paradoxe d’Easterlin mis à jour par le travail de psychologues sociaux (avec le Prix Nobel de l’économie). Il semble que l’augmentation du bonheur ne soit pas liée à l’augmentation des revenus sous un certain niveau de revenu par tête (10 000€ par an par exemple). De telles critiques à l’encontre du PIB comptable vont bien au-delà de l’introduction de mesures complémentaires des performances sociales comme l’IDH (Indice de Développement Humain) qui est étroitement lié au revenu par personne. Elles vont également au-delà de l’idée de simplement «rajeunir le PIB» ou introduire des comptes satellites (en physique ou en somme d’argent).</p>
<p>Parmi les indices physiques de viabilité, le plus connu est l’empreinte écologique qui a fait ses débuts en 1992 à une conférence sur les économies écologiques (Rees et Wackemagel, 1994). Cela a eu beaucoup de succès auprès des organisations conservatrices, le WWF publie régulièrement ses résultats. L’empreinte écologique traduit en un simple nombre d’hectares l’utilisation, par personne, de nourriture, de fibre, de bois, ainsi que l’environnement construit (les espaces pavés pour les maisons et les routes), ainsi que la surface nécessaire  hypothétique qui serait utilisée pour absorber le dioxyde de carbone produit par la combustion des énergies fossiles. Pour les riches économies industrielles, le total s’élève à 4 hectares ou plus par tête, dont plus de la moitié représente la surface nécessaire d’absorption de dioxyde de carbone.</p>
<p>Aller au-delà du PIB comptable en Europe devrait signifier quelque chose de différent de «rajeunir le PIB» ou, à l’autre extrême, de faire une génuflexion devant un seul indice environnemental tel que l’empreinte écologique. Cela devrait signifier entrer dans une estimation multicritère de l’économie, travaillant avec huit, dix, douze indicateurs de performances sociales, culturelles, économiques et environnementales (Shmelev et Rodriguez-Labajos, 2009).</p>
<p>Peut être que tout ces indicateurs s’améliorent ensemble dans une période de l’histoire, ou que,  plus probablement, certains s’améliorent pendant que d’autres se détériorent. Par exemple, la crise économique de 2008-2009 implique en Espagne une réduction  vraiment considérable des émissions en dioxyde de carbone, moins d’accidents sur les lieux de travail, moins d’immigrants potentiels à la mer et un soudain ralentissement du taux d’imperméabilisation du sol. </p>
<p>Mais cela signifie également un taux chômage plus élevé et une augmentation de certaines formes de crime. Sommes-nous mieux maintenant que nous l’étions en 2007 ? Ou plutôt, avant cela, pourrait on se mettre d’accord sur une méthodologie pour l’évaluation multicritères des macroéconomies participantes avec un ensemble convenu d’indicateurs sociaux?</p>
<p>« Au-delà du PIB » devrait signifier aller au-delà du simple impératif de croissance économique dans les pays riches. Le mouvement de la décroissance en France et  le mouvement de la decrescita en Italie ont leur racine dans l’économie écologique, et plus particulièrement dans l’œuvre de Georgescu-Roegen. Quelques uns de ses articles furent traduits et publiés il y a trente ans (par Grinevald et Rens, 1979) avec pour titre « Demain, la décroissance » ce avec quoi il était explicitement d’accord. Il semble que cela ait été la première fois que la décroissance économique ait été mise en avant comme slogan. La masse d’activistes italiens et français dans les mouvements de la décroissance et de la decrescita ont peut être lu quelques uns des articles de Georgescu-Roegen mais pas ses livres sur l’énergie, les ressources et l’économie (1966, introduction et 1971). Ils ne sont pas disponibles en italien ou en français et sont, de toute façon, difficiles à digérer. Cependant, cela ne les a pas empêchés, en tant qu’activistes, de chanter les louanges de Georgescu-Roegen. Rien à critiquer dans tous cela, douloureux pour les érudits mais dans la nature des mouvements sociaux.</p>
<p>Les activistes de la décroissance en France et en Italie sont très attachés à un concept d’industrie écologique : le paradoxe de Jevons ou « l’effet rebond » (Polimeni et al, 2009). Ils ont lu des anthropologues économistes tels que Serge Latouche (2007), ils sont inspirés par les penseurs environnementaux des années 70 comme André Gorz et Ivan Illich. Mais la décroissance n’est pas basée sur une écriture iconique. C’est un mouvement social né de l’expérience de co-logement, de squattage, de neo-ruralisme, de  reconquête des rues, des énergies alternatives, de la prévention du gaspillage et du recyclage des déchets. C’est un nouveau slogan, un nouveau  mouvement, et très bientôt, un nouveau programme de recherche. C’est un cas de science menée par les activistes vers une nouvelle branche des sciences sociales qu’on pourrait appeler « études sur la décroissance économique » étroitement lié aux sciences universitaires « études des transitions socio-écologiques » (Foscher- Kowalski et Haberl, 2007, Harbel et al, 2009, Kraussman et al, 2008, Kraussman et al, 2009).</p>
<p>Il n’y a pas (pas encore ?) de mouvement similaire de décroissance en Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis ou au Japon mais la convergence des activistes de la décroissance avec les économistes écologiques et les écologiques industriels a déjà produit deux conférences  d’érudits en Europe (Paris, Avril 2008, Barcelone, Mars 2010, www.degrowth.eu). Les mots « décroissance économique » ont été introduits avec succès dans les journaux académiques. Plusieurs sujets du programme de la décroissance économique sont listés dans les articles de revendication pour la conférence de Barcelone, pendant qu’une collection d’articles de la première conférence (éditée par Schneider, Kallis et Martinez-Alier, 2010) a été publiée dans une revue académique « the Journal of Cleaner Production » (un journal d’écologie industrielle) et inclue un remarquable article de Christian Kerschner qui explique la critique que Georgescu-Roegen fait à l’égard de « l’équilibre économique de l’état » de Daly (Daly, 1973, 1991, 2007). Kerschner voit la décroissance comme une étape vers une économie durable. Un livre excellent qui inclue des articles de la conférence sur  la décroissance de Paris en 2008 a été publié en français (Mylondo, 2009).</p>
<p>Peut-être que la Direction générale de la recherche de la Commission européenne fera bientôt un appel pour des  propositions de recherches sous l’intitulé : « Au-delà du PIB : La décroissance économique socialement durable. Les aspects environnementaux, sociaux, technologiques, financiers, socio-psychologiques et démographiques de la décroissance économique mènent à une économie durable en Europe et dans les autres économies riches ». Une fois de plus, une science menée par des activistes.</p>


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		<title>Contre la Forteresse Europe : la journée sans immigrés !</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 19:28:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[En soutien à la journée sans immigrés, Alternatives Européennes a participé à la manifestation à Paris : deux micro-trottoirs de participants. 


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<li><a href='http://www.euroalter.com/fr/2010/greve-des-immigres-en-france-et-en-italie/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Grève des immigrés en France et en Italie'>Grève des immigrés en France et en Italie</a></li>
</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En soutien à la journée sans immigrés, Alternatives Européennes a participé à la manifestation sur le Parvis de l’Hôtel de Ville à Paris le 1er mars 2010. Cette initiative a mobilisé au-delà des frontières nationales dans plusieurs villes européennes en Italie, Grèce, Espagne, Allemagne…</p>
<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/03/24h-sans-nous1.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/03/24h-sans-nous1.jpg" alt="" title="24h sans nous" width="545" height="409" class="aligncenter size-full wp-image-8125" /></a></p>
<p>Ci-dessous deux micro-trottoirs de participants :<br />
-	Dans la première vidéo, Fouad, coordinateur des régions, nous présente les actions et les activités du collectif en France dans les autres pays européens<br />
-	Dans la deuxième interview, deux participantes, exprime nt les raisons pour lesquelles elles se sont mobilisées : souligner la diversité de la population qui compose la société et les citoyens français. </p>
<p><object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/e96I92lyCdY&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/e96I92lyCdY&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object></p>
<p><object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/YDPwbGnmRVw&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/YDPwbGnmRVw&#038;hl=en_US&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object></p>
<p>Alternatives Européennes a relayé l’initiative : Le 23 février, les organisateurs du mouvement italien – dont Stefania Ragusa – ont participé au salon d’Alternatives Européennes sur les migrations à Rome. <a href="http://www.euroalter.com/it/2010/intervista-a-stefania-ragusa-e-grazia-naletto/">Voici les videos</a></p>
<p>Le 30 mars à Londres, nous proposons aussi d’en tirer les conclusions avec les organisateurs des manifestations européennes et d’élaborer ensemble des propositions pour le renforcement de l’action au niveau transnational.  </p>


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		<title>Des multinationales européennes face à leurs juges</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 15:09:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cosmopolitiques]]></category>
		<category><![CDATA[Featured @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine Europa]]></category>
		<category><![CDATA[Développement social]]></category>
		<category><![CDATA[justice @fr]]></category>
		<category><![CDATA[politique migratoire européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Une série de verdicts par le tribunal permanent des peuples retrouve plusieurs multinationales européennes coupables de violations des droits humains, le travail ou l'environnement, et met sous contrôle la complicité de commerce européennes politique.


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/tibethandcuffs.jpg" alt="tibethandcuffs" title="tibethandcuffs" width="560" height="309" class="alignnone size-full wp-image-4124" /><br />
(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/shapeshift/2402217211/">Sharpeshift/Flickr</a>)</p>
<p><em><br />
Une série de verdicts par le tribunal permanent des peuples retrouve plusieurs multinationales européennes coupables de violations des droits humains, le travail ou l&#8217;environnement, et met sous contrôle la complicité de commerce européennes politique.</em></p>
<p>Par Giuliana Pisani, traduction de Thomas Serres.</p>
<p>Le Tribunal Permanent du Peuple est un tribunal d&#8217;opinion international, indépendant de toute autorité étatique. Promu par la Fondation Internationale Lelio Basso pour les droits et la libération des peuples. Le Tribunal a été fondé le 24 juin 1979 à Bologne par un groupe regroupant de nombreux juristes, écrivains, intellectuels et activistes venus de 31 états. On comptait en outre parmi ses membres fondateurs pas moins de 5 lauréats du Prix Nobel. Le Tribunal trouvait alors ses fondements historiques dans l&#8217;expérience du Tribunal de Russell sur la Guerre du Vietnam et les régimes militaires en Amérique Latine.</p>
<p>Les verdicts rendus -36 depuis 1979- sont détenteurs d&#8217;une autorité morale et sont reconnus par la Commission des Droits de l&#8217;Homme des Nations-Unies. Le lancement de la procédure se fonde sur la dénonciation de violations faites aux droits de l&#8217;homme et aux droits des peuples par des collectivités ou des individus. Il est dans l&#8217;usage du Tribunal d&#8217;informer les partis intéressées de ses procédures, cela afin de leur donner toutes les chances de se défendre.</p>
<p>En 2005 le réseau birégional basé en Europe et en Amérique latine Enlanzando Alternativas et l&#8217;Institut Transnational (non-gouvernemental) ont sollicité le Tribunal afin de juger différentes compagnies, bénéficiaires de subsides européens et présentes en Amérique du Sud, sous le motif de violations du droit à l&#8217;accès aux services essentiels, du droit à la terre, du droit à l&#8217;indépendance alimentaire, à la sécurité et à la santé publique, des droits syndicaux et du travail, et enfin des droits des peuples indigènes. La dénonciation présentée au Tribunal concernait les secteurs agro-alimentaire, agro-chimiques, miniers, les hydrocarbures, la biochimie, les télécommunications, les finances, les services publics comme l&#8217;électricité et les biens publics comme l&#8217;eau.</p>
<p>En conclusion de la première audition, en mai 2006 à Vienne, le Tribunal considéra que “la complexité et le sérieux des faits rapportés et des accusations correspondantes” nécessitait une audition plus en profondeur et la convocation d&#8217;une session officielle, intitulée “Politiques néolibérales et multinationales européennes en Amérique Latine et dans les Caraïbbes”, qui s&#8217;est tenue à Lima en mai 2008.</p>
<p>Les témoignages entendus lors de cette seconde session ont mis à jour la manière dont les flux financiers et l&#8217;investissement direct européen ont élargi le fossé des inégalités sociales, concentrant ainsi les richesses à un niveau sans précédent en faveur des multinationales. Le document stratégique de la Commission Européenne, “L&#8217;Europe globale- rivaliser dans le Monde”, est apparu comme visant à promouvoir une nouvelle génération d&#8217;accords bilatéraux afin de garantir les intérêts des corporations multinationales européennes.  Sur la base de ces différents témoignages, le verdict de Lima a sanctionné moralement et dénoncé les multinationales européennes impliquées pour : des violations sérieuses, établies et persistentes des principes, des normes et des accords internationaux régissant la défense des droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux des communautés et des peuples d&#8217;Amérique latine. La session de Lima a proposé que les états membres de l&#8217;Union Européennes et l&#8217;Union elle-même fassent en sorte d&#8217;assurer que tout accord de coopération économique respecte les conventions internationales et les déclarations des Nations-Unies sur les droits fondamenteaux, le développement humain, la démocratie et la protection de l&#8217;environnement.</p>
<p>Le 18 novembre 2009, une audition a eu lieu devant le Parlement Européen à Bruxelles, avec la participation des représentants d&#8217;Enlazando Alternativas, du Tribunal Permanent du Peuple, et les témoignages directs de victimes de prétendues violations des droits de l&#8217;homme de la part de l&#8217;allemand TyssenKrupp et du suisse Sygenta au Brésil, et des espagnols Rio Blanco au Pérou et Repsol au Nicaragua. Le Secrétaire Général du Tribunal Permanent du Peuple, Gianni Tognoni, a conclu l&#8217;audition institutionnelle en appellant à un plus grand investissement du Parlement Européen dans les domaines suivants : la qualification de “crimes contre l&#8217;humanité” des violations commises par les entreprises multinationales ; la constitution d&#8217;un organisme international fondé sur la participation démocratique qui encadrerait le comportement des entreprises multinationales ; l&#8217;adoption d&#8217;un code de conduite contraignant pour tous les bénéficiaires de subsides européens ayant affaire avec les droits humains et environementaux. Les députés présents à la réunion ont accepté de contrôler les accords commerciaux existants et en cours de négociations entre la Commission Européenne et les gouvernements d&#8217;Amérique Latine, ainsi que de contrôler la conduite des multinationales européennes déjà condamnées par le Tribunal Permanent du Peuple.</p>
<p>Ces propositions seront relancées en mai 2010 à Madrid où, à la suite des procès de Vienne et Lima, la session finale du Tribunal sera tenue en parallèle au sommet des chefs d&#8217;état d&#8217;Europe et d&#8217;Amérique Latine. Cette dernière session aura la tâche de qualifier la responsabilité juridique des entreprises multinationales en jugement et de proposer une voie alternatives pour l&#8217;expansion industrielle et commerciale européenne, une voie qui refuse la primauté de l&#8217;économie sur le politique.</p>


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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 15:05:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda @ fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie Événements]]></category>

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		<description><![CDATA[Alternatives Européennes a le plaisir de vous inviter à la Conférence de Presse
Pluralisme et concentration des médias en Europe:
Que peuvent faire les citoyens?
Suite a notre conference sur la participation de la societe civil dans les relations internationals, nous convoquons une conférence de presse pour discuter ce que la société civile peut apporter a la formulation d&#8217;un pacte européen pour garantir la liberté et pluralité de la presse dans toutes les états-membres.
Cette conférence developpe notre campagne pour la liberté de la presse  en italie.
le 3 mars 2010 – de 17.00 ...


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alternatives Européennes a le plaisir de vous inviter à la Conférence de Presse</strong></p>
<h3>Pluralisme et concentration des médias en Europe:<br />
Que peuvent faire les citoyens?</h3>
<p>Suite a notre conference sur la <a href="http://www.euroalter.com/fr/2010/6057/">participation de la societe civil dans les relations internationals</a>, nous convoquons une conférence de presse pour discuter ce que la société civile peut apporter a la formulation d&#8217;un pacte européen pour garantir la liberté et pluralité de la presse dans toutes les états-membres.</p>
<p>Cette conférence developpe notre <a href="http://www.euroalter.com/campaigns/press-freedom">campagne pour la liberté de la presse  en italie</a>.</p>
<p>le 3 mars 2010 – de 17.00 à 18.00 h<br />
Maison de l’Europe<br />
55 rue des Francs Bourgeois, Paris</p>
<p>Intervenants :</p>
<p>Gabriele Zimmer, députée européenne, membre du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique</p>
<p>Franziska Keller, députée européenne, groupe des Verts.</p>
<p>Giovanni Melogli, Alliance internationale de journalistes, Bruxelles</p>
<p>Ségolène Pruvot, Alternatives Européennes, Liberté de la presse en Europe</p>
<p>Conférence animée par Luisa Pace, journaliste, Paris</p>
<p>De nombreux analystes, membres de la société civile et forces politiques reconnaissent la nécessité d’un cadre européen de régulation de la concentration des médias et de protection du pluralisme de l’information.</p>
<p>En présentant l’exemple de l’Argentine, où la société civile été associée à la définition d&#8217;une nouvelle loi contre la concentration des médias, et les récentes actions du Parlement européen pour sanctionner les possibles violations contre la pluralité des médias en Italie, cette conférence pose la question de l’implication de la société civile en Europe pour assurer le respect des libertés fondamentales et du pluralisme.</p>
<p>Merci de confirmer votre présence :<br />
Ségolène Pruvot &#8211; paris@euroalter.com<br />
Alternatives européennes, www.euroalter.com/fr</p>


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		<title>Les limites du PIB</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 14:35:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Article @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Développement social]]></category>
		<category><![CDATA[Economie européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Les limitations de l'indice du PIB sont largement reconnues. Dépasser le PIB est l'un des grands défis politiques de notre temps, et ce à tous les niveaux.


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/02/door-to-happiness-toniVCbig.gif" alt="" title="door-to-happiness-toniVCbig" width="580" height="436" class="aligncenter size-full wp-image-6475" /><br />
(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/tonivc/524606342/">ToniVC/Flickr</a>)</p>
<p>Par Tommaso Rondinella, traduction de Sarah Provost.</p>
<p><em>Mesurer le bien-être : au-delà du PIB.</em></p>
<p>En 1934, devant le congrès américain, Simon Kuznets, l&#8217;inventeur du produit intérieur brut (PIB), lançait l’avertissement suivant : « La mesure du revenu national peut difficilement servir à évaluer le bien-être d&#8217;une nation ». Force est de constater que cet avertissement n’a pas été entendu : les économies des pays développés connurent avec l&#8217;après-guerre une phase de croissance économique sans précédent, dont les conséquences sur le niveau de vie furent extraordinaires. Le PIB par habitant devint donc l&#8217;indicateur fondamental du bien-être et du développement.</p>
<p>Depuis les années 1970, de multiples recherches ont démontré comment une augmentation du PIB pouvait être liée à des activités considérées comme nocives pour les individus et l&#8217;environnement. Les politiques se concentrant uniquement sur l&#8217;augmentation du PIB satisfont rarement les objectifs sociaux et politiques liés au bien-être et au développement durable.</p>
<p>Les limitations de l&#8217;indice du PIB sont largement reconnues. On peut citer, entre autres, l&#8217;impossibilité de prendre en compte les biens et les services non valorisés monétairement (le travail domestique, les ressources naturelles, les loisirs) ; le mépris du principe de distribution des richesses ; la prise en compte d&#8217;activités dangereuses pour la société et l&#8217;environnement ainsi que les dépenses défensives. « En un mot le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d&#8217;être vécue » : cette fameuse citation de l’homme politique Robert Kennedy souligne l&#8217;urgence d’un changement de priorités. </p>
<p>Ces dernières années, le débat concernant la nécessité de trouver un indicateur synthétique (ou plusieurs indicateurs) mesurant le bien-être et le rendant accessible aux politiques publiques n&#8217;a cessé de rebondir : pour exemple, le projet global « Comment mesurer le progrès des sociétés » lancé par l&#8217;OCDE, en coopération avec des organismes internationaux concernés ; le rapport final de la puissante  Commission internationale sur la mesure des performances économiques du progrès social, créée sous l&#8217;impulsion de Nicolas Sarkozy et réunissant cinq lauréats du prix Nobel ; ou encore un communiqué de la Commission Européenne au mois d&#8217;août 2009 qui a élaboré une marche à suivre, comprenant cinq actions clés pour améliorer les indicateurs de progrès de telle sorte qu&#8217;ils répondent aux attentes des citoyens. </p>
<p>Si le bien-être (ou le développement, le progrès, le développement durable) devient le nouveau but à atteindre, il est indispensable de changer les anciens indicateurs et les remplacer par d&#8217;autres, plus adaptés. Lors du discours de clôture de la conférence au sommet « Au-delà du PIB » qui s’est tenue à Bruxelles en novembre 2007, Josè Manuel Barroso déclarait : « On ne peut mesurer les défis du futur avec les outils du passé ». Cependant, trouver de nouveaux outils est loin d&#8217;être une tâche aisée.<br />
Au cours des dernières décennies, des centaines d&#8217;indicateurs ont été mis au point pour pallier les limites du PIB en tant qu&#8217;indice de bien-être. Certains tentent par exemple d&#8217;optimiser les informations intégrées par le PIB, en essayant de comptabiliser les biens et des services qui ne le sont pas. D&#8217;autres tentent de rassembler des variables sociales, économiques et environnementales sous un même indicateur, et pendant que certains se tournent vers des critères subjectifs, d&#8217;autres encore préfèrent des critères plus objectifs, comme le « niveau de satisfaction de la vie ». C’est indéniablement l&#8217;Indice de développement humain (IDH) du PNUD qui a rencontré le plus de succès, en devenant un indicateur de référence pour évaluer le niveau de développement d&#8217;un pays. </p>
<p>Même si l&#8217;utilisation du PIB en tant qu&#8217;indicateur de bien-être (c&#8217;est-à-dire, l&#8217;utiliser comme repère normatif) connaît une forte perte de vitesse, se débarrasser du PIB n&#8217;est pas tant une question de méthode qu&#8217;un processus culturel et politique. Même si tous les spécialistes arrivaient à se mettre d&#8217;accord sur une valeur de bien-être qui résoudrait tous les problèmes méthodologiques, cela ne garantirait pas pour autant un remplacement rapide du PIB par ce nouvel indice. Le cœur du problème se trouve dans l&#8217;absence de consensus concernant la définition des notions de bien-être et de progrès, ce qui les rend impossibles à mesurer.</p>
<p>La construction d&#8217;indicateurs synthétiques comporte des décisions arbitraires, concernant par exemple la sélection et l&#8217;évaluation des sous-indices. Cette tâche incombe à la personne chargée de l&#8217;élaboration de l&#8217;indicateur, dont les choix pourront être justifiés par un processus de consultation (avec des spécialistes, ou plus généralement, des parties prenantes) ou encore par des outils statistiques maximisant les informations des variables. Dans la grande majorité des cas les concepts mesurés (bien-être, progrès, développement, développement durable) sont explicités par les variables utilisées pour la création d&#8217;un indice composite, et on présuppose donc de leur adéquation. Pour la plupart des définitions du bien-être, la sélection logique de domaines pertinents et la décision du système de coefficients reviennent aux experts universitaires. Ces choix contiennent obligatoirement une certaine dose d&#8217;arbitraire, ce qui rend le plébiscite d’autant plus laborieux.</p>
<p>Pendant les dernières décennies, la notion de croissance économique était considérée comme  synonyme de développement et d&#8217;augmentation du niveau de vie. Mais alors que de plus en plus d’individus remettent en question ce postulat, personne n&#8217;arrive à s&#8217;accorder sur une alternative. Or, un processus démocratique serait indispensable pour permettre d&#8217;asseoir la légitimité d&#8217;un nouvel indicateur. </p>
<p>Selon Schmitter (2001), « La légitimité est l&#8217;attente partagée par les acteurs d&#8217;un arrangement d&#8217;un pouvoir asymétrique, qui fait que les décisions des dirigeants sont acceptées par lesdits acteurs, convaincus que ces actions se conforment à des mesures préétablies ». Le développement social, le bien-être et le développement durable environnemental constituent certains des nouveaux buts à atteindre pour les sociétés, et, les buts changeant, les indicateurs doivent faire de même. Les indicateurs ne sont pas seulement indispensables à l&#8217;établissement de buts politiques, ils contribuent également à leur formation et à leur concrétisation. La mise au point d&#8217;indicateurs n&#8217;est donc pas un processus purement technique ou scientifique, mais bien un processus de décision et de communication sans entraves (Valentin et Spangerberg, 2000)</p>
<p>Dépasser le PIB est l&#8217;un des grands défis politiques de notre temps, et ce à tous les niveaux. Certes, il y a fort à parier que nous ne disposerons jamais d’une seule et unique mesure alternative, mais l’attention consacrée à la notion de bien-être et à sa durabilité pourra peut-être mener vers une multiplication des données concernant les phénomènes liés, ce qui procurera aux décideurs une plus grande précision, permettra aux médias de mieux informer le grand public, et conduira les citoyens à envisager les choix politiques en ayant toutes les cartes en mains. </p>
<p>Bibliographie.</p>
<p>P. Schmitter, (2001). « What is there to legitimize in eu and how might this accomplished? » Documents de travail Jean Monnet, janvier 2006, Jean Monnet Center for International and Regional Economic Law and Justice, Ecole de droit de l’Université de New York.</p>
<p>J. Stiglitz, A. Sen, et J. Fitoussi (2008). « Survey on existing approaches to measuring socio- economic progress ». Document de travail 25/07/08 – 1, Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social.</p>
<p>A. Valentin et J. Spangerberg (2000). « A guide to community sustainability indicators. Environmental Impact Assessment Review » 20, 381–392.</p>


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		<title>Le potentiel de l’Europe</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 13:20:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Article @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
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		<category><![CDATA[transnationalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le projet européen, en dépit de certaines apparences, a le potentiel d’introduire un changement de paradigme pour une ère transnationale.


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</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les six derniers mois ont montré à la fois la nature anachronique du statu quo global et l’absence d’un projet politique qui changerait radicalement la logique de la politique globale. Le projet européen, en dépit de certaines apparences, a le potentiel d’introduire un changement de paradigme pour une ère transnationale.</em></p>
<p>Par Niccolo Milanese, traduction de Stéphanie Klaczynski.</p>
<p>Nous tentons d’accélérer alors que nous sommes coincés au point mort. L’explosion du nombre de sociétés civiles (NGO : organisations non gouvernementales), des laboratoires de pensée, des actions humanitaires, des médias internationaux, des forums mondiaux, des  protestations et rassemblements ces 20 dernières années qui ont suivies la chute du mur de Berlin, a affiné les demandes et soulevé la conscience des nouvelles générations, mais elle doit encore produire un projet politique à la hauteur de leurs ambitions. Comme de plus en plus de problèmes se révèlent « globaux » dans leur complexité et dans leurs implications et que leurs effets deviennent de plus en plus dramatiques, cette impotence pourrait bien devenir de plus en plus frustrante et le fossé entre les attentes et l’action possible encore plus grand. Ces six derniers mois, nous avons pu voir et ressentir une nouvelle étape dans cette dislocation,  avec le débordement à la fois de l’espoir et  de la colère à un niveau mondial. Le G7 aurait pu devenir le G20, les États-Unis auraient pu élire un leader qui s’intéresse un tant soit peu aux larges parties du monde oriental, mais même nous, citoyens assez chanceux pour vivre dans les parties du monde avec le plus de liberté et de pouvoir sommes,  lorsque nous répondons aux problèmes politiques globaux desquels nous nous éprenons, de plus en plus dans une position d’humbles pétitionnaires de nos leaders, qu’ils soient des hommes politiques nationaux ou des bureaucrates non élus dans des organisations internationales. Nous avons le sentiment de nous éloigner de l’autonomie, de nous replier loin de la démocratie au moment même où l’interconnection des sociétés mondiales était supposée  s’affirmer.</p>
<p>La question hérétique dans une telle situation consiste à se demander si un concept de société globale est une attente significative et si dans une telle société, soit une démocratie soit une autonomie serait possible. Beaucoup de gens voient dans toutes les « mondialisations » uniquement un manque de détermination individuelle, le repli des droits sociaux longuement combattus et l’émergence, d’un coté, d’une classe cosmopolite au dessus des préoccupations des plébéiens fondés, et d’un autre coté, une classe migrante irrégulière sans ressources administrée d’un centre de détention à l’autre avant d’être finalement renvoyée dans le pays d’où elle vient ou disparaitre dans une existence clandestine et précaire  au dessous de sociétés plus privilégiées.</p>
<p>Mais dans un monde de problèmes mondiaux, il est à la fois lâche et peu judicieux de ne pas avoir d’aspirations globales, de telles ambitions sont les liens précieux qui unissent l’humanité. C’est peut être l’élément « société » de « société globale » qui a besoin d’être questionné plus vivement. En effet, il y a des limites à ce que les partenaires sociaux peuvent atteindre indépendamment des pouvoirs politiques, au moins dans les conditions actuelles, car presque tous ces pouvoirs politiques restent résolument nationaux dans leurs constitutions. C’est même le cas, inutile de le dire, de l’institution la plus globale, les Nations Unies, dans laquelle chaque nation a un droit de vote à l’assemblée générale alors que seulement les États &#8211; Nations élus ou privilégiés ont un droit de vote dans ses autres organes.</p>
<p>La Banque mondiale et le FMI sont aussi structurés de façon à ce que leurs membres soient des états-nations. À une époque qui prend comme motif primaire la reconnaissance des problèmes politiques qui dépassent les frontières nationales, il est surprenant que l’état nation reste si largement incontesté en tant que lieu primaire de l’autorité politique. Si les institutions internationales semblent antidémocratiques, si les citoyens pensent qu’ils n’ont pas leur mot à dire sur leurs propres destinés ou de choix à faire à propos d’ un monde dans lequel ils vivent, alors cette antinomie est certainement un bon point de départ<br />
La seule entité politique existante qui défie de façon significative le système d’États-nations est l’Union européenne. Pour prendre un exemple récent, le G20 des économies les plus puissantes du monde, à la distinction des autres institutions mentionnées, est composé de seulement 19 États-nations et l’Union européenne. Cela est, bien sûr, complètement injuste (sans mentionner l’exclusion des autres 170 pays) puisque cela signifie que la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni sont en fait représentés deux fois. Selon la logique des visées du G20 cependant, l’exclusion de l’Union européenne n’aurait eu ni queue ni tête : c’est le marché le plus puissant du monde et elle a des pouvoirs qui sont, dans une large mesure, indépendants des États-nations dans la façon qu’elle a de réguler le marché. Ce que ce seul fait signifie c’est que l’Union européenne a un énorme potentiel irréalisé en tant que pouvoir transformateur dans la politique globale.</p>
<p>En tant que bloc commercial le plus puissant dans le monde, l’Union européenne pourrait être une force positive pour une justice sociale dans le fonctionnement véritable de l’économie mondiale. Si elle appliquait des normes de travail décentes, telles qu’elles ne permettraient pas la vente de bien produits dans des conditions d’exploitation, qu’ils soient produits à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE, alors elle serait une force immense pour l’amélioration positive des normes de travail à travers le monde. De même, l’Union européenne pourrait appliquer des normes environnementales pour qu’il soit impossible ou alors très cher d’acheter des biens dont la production engendre des dégâts environnementaux. À l’heure actuelle, le consommateur européen doit payer plus cher si il choisit d’acheter un produit qui ne soit pas produit dans des conditions d’exploitation et payer plus cher si il choisit un produit qui crée moins de dégâts sur l’environnement, c’est une indication accablante des valeurs actuelles sous jacentes du marché libre européen.</p>
<p>Si l’Union européenne devait introduire une taxe internationale sur les transactions financières, comme une taxe Tobin, pour toutes les transactions actuellement réalisées en Europe, si elle devait introduire une limite sur les salaires, si elle devait mettre un frein aux refuges fiscaux, tout cela forcerait un véritable changement dans l’économie financière globale car les autres pays seraient tout simplement forcés à réagir. Aucun État-nation agissant seul n’a autant d’influence et aucune de ces politiques seules ne pourrait être introduite efficacement à un niveau national. Faire campagne pour que ces mesures soient introduites à un niveau global est parfaitement justifié mais il n’y a pas d’acteur global qui puisse  les mettre en application et les faire respecter, un tel acteur « global » serait la marionnette des États-nations les plus puissants.</p>
<p>Mais l’Union européenne n’a pas seulement les pouvoirs nécessaires  pour décréter ces mesures au moins dans son propre marché, elle a aussi le potentiel de changer la logique des relations et des négociations internationales elles-mêmes. Les négociations internationales ont actuellement lieu selon une fiction d’après laquelle le destin et l’intérêt de chaque État-nation dépend de tous les autres. </p>
<p>Chaque négociateur national est supposé représenter un peuple exclusif, défini territorialement, duquel la destinée et les intérêts sont supposés être épuisés par les intérêts de l’État-nation. Ce n’est pas seulement un fait de plus en plus fictif – comme de plus en plus de personnes ont des liens personnels avec plusieurs pays différents, comme les multinationales opèrent par définition dans plusieurs États-nations, et comme le monde financier économique est de plus en plus entrelacé – mais c’est aussi une vision aveuglée, pessimiste et matérialiste d’une division et d’un conflit humain auxquels on ne peut pas échapper.</p>
<p>De plus, cela implique que les États-nations avec les forces militaires et économiques les plus puissantes contrôlent de façon inévitable les négociations. Si les exigences conservatives qui demande que l’Union européenne soit définie par ses frontières géographiques sont effectivement rejetées, cela définirait une nouvelle notion de la citoyenneté, moins ancrée dans la fiction de frontières nationales. Si l’Union Européenne choisit d’agir, non plus seulement dans les intérêts de chacun de ses États-nations (et certains plus que d’autres) mais plutôt dans les intérêts de son peuple, et si elle réalise que parmi le peuple il y a non seulement des citoyens dont la vie est contenue dans leurs États-nations mais des personnes avec des connections dans le monde entier, que le peuple est dans un état de changement et de flux perpétuel, alors la configuration de l’Union européenne changerait la logique des relations mondiales. Cela agirait sur une modification paradigmatique des négociations nécessairement inégales entre les États-nations, chacun basé sur la fiction d’une citoyenneté exclusive jusqu’aux négociations intrinsèquement multilatérales dans lesquelles chaque négociateur représente non seulement les intérêts à court-terme de ceux qu’il représente à ce moment, mais il est forcé de considérer les intérêts de ceux qu’il pourrait potentiellement représenter dans le futur, peu importe d’où ils viennent. On doit se battre pour ce résultat et il y a des forces importantes qui s’y opposent, mais à aucun autre niveau de politique il n’y a un tel potentiel d’évolution. Cela n’aurait plus de sens d’essayer de compter les membres du Groupe des économies les plus puissantes (le G2, le G7, leG20, le G180…), ce serait forcer chaque négociateur à penser de plus en plus aux intérêts de l’humanité toute entière.</p>
<p>Ces arguments qui font que  l’Europe devrait compter pour ceux qui s’intéressent à la politique globale pourraient être multipliés, incluant des préoccupations concernant l’environnement, les droits de l’homme,  l’égalité des sexes et  la paix. À droite, il y a un encadré, avec seulement quelques unes des politiques qui pourraient être adoptées à un niveau européen, impossible à un niveau international et qui contribuerait à un véritable changement de paradigme  dans le statu quo mondial d’une logique de compromis national jusqu’à une logique d’aspiration transnationale. C’est dans ces sens qu’il n’est pas si exagéré de dire que pour un individu en Europe qui souhaite militer pour un déploiement différent de notre futur mondial commun, l’Europe est la dernière utopie restante.</p>
<p>Encore un mois avant les élections européennes de Juin, avec une confiance dans l’UE au plus bas, probablement son niveau le plus bas, attacher tellement d’importance à l’Europe en tant qu’acteur potentiel pour un changement historique semble être une illusion. Non seulement l’Union européenne semble être impotente en termes de politique mondiale mais lorsqu’elle agit, elle tend souvent à le faire en faveur d’un maintien du statu quo, et même pour promouvoir une politique que beaucoup appelleraient « néolibérale ».</p>
<p>Malgré la crise financière, par exemple, elle s’est montrée incapable de s’accorder sur un plan de secours pour ses membres les plus vulnérables, comme la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, qui ont tous eu recours à la place au FMI en tant que garant pour un emprunt d’état, en des termes qui n’encouragent ni un investissement pour la justice sociale ni pour l’aide sociale. Ces dernières années, plusieurs jugements des cours européennes ont été favorables aux  multinationales plutôt qu’aux travailleurs. Malgré une discrimination flagrante envers les immigrés dans des pays comme l’Italie, l’Union européenne  n’a pas été disposée  à renforcer les standards des droits de l’homme qu’elle prétend représenter. Elle fut apparemment impuissante face à la récente crise de Gaza et aux autres crises militaires au Congo. On pourrait prolonger cette liste. Ce qui est important dans une telle situation, c’est de comprendre pourquoi une institution si puissante sur le papier et qui a un tel potentiel de transformation du paysage politique mondial semble être impuissante et dont l’existence même semble provoquer uniquement de l’apathie ou un antagonisme chez tant de personnes. Il y a une véritable nouvelle industrie de recherche quant à ces questions dans les universités, dans les laboratoires d’idées, dans les sociétés civiles, la plupart fondées par les institutions européennes elles-mêmes, mais à nos yeux, la réponse semble simple : il n’y a pas de parti politique visible ni de coalitions de sociétés civiles de large envergure qui appellent à des politiques européennes alternatives et progressives à un niveau transnational.</p>
<p>Ce n’est pas dire qu’il n’y a pas de différences entre les partis politiques européens majeurs qui existent et prennent part aux élections le mois prochain, ni dire que les partis politiques n’ont pas un grand pouvoir en Europe et sont par conséquent hors de propos. Le Parlement européen a en fait le pouvoir d’élire la Commission européenne et a le droit de véto sur les lois proposées par la Commission. Le parti socialiste européen encourage une politique plus progressiste au niveau social que le parti dominant, le parti populaire européen (ppe). Les partis de la Gauche européenne et des Verts européens promeuvent une politique plus radicale. Mais tous ces partis sont des fédérations ou des coalitions de partis nationaux. Ils n’ont pas la structure nécessaire pour éloigner l’autorité et l’attention politique des politiques nationales. Le résultat est le suivant : même s’il est estimé que 60 à 80% des lois affectant les citoyens européens prennent leur source dans les instituions européennes, elles sont seulement débattues lorsqu’elles intègrent une législation nationale, degré auquel elles apparaissent comme une contrainte de l’extérieur.<br />
Il y a aussi diverses campagnes et organisations de sociétés civiles qui fonctionnent à un niveau européen, mais elles restent spécifiques à un problème, techniques et ont souvent cette conception bureaucratique assommante que beaucoup considèrent comme contagieuse à Bruxelles. Elles manquent d’une capacité à imaginer suffisamment de possibilités d’une nouvelle société pour pouvoir même critiquer le statu quo suranné. </p>
<p>Les énergies politiques déployées ces derniers mois ont montré la nature anachronique de la logique globale du pouvoir politique mais aussi de la logique insuffisante de la « société civile globale »qui manque d’un quelconque projet pour  transformer le statu quo global et reste largement basé sur des problèmes , même dans ses manifestations les plus populaires et les plus influentes. L’Europe importe alors, parce que c’est le niveau auquel toute politique véritablement innovante et tout projet culturel qui cherchent à changer les logiques mondiales dominantes de la politique actuelle devraient s’articuler s’ils sont lancés par ceux de notre partie du monde. Elle importe parce qu’elle est le seul engin politique capable de conduire ce projet au-delà de la logique exclusionnaire et anachronique du système d’État-nation.</p>
<p>Et elle compte car si elle est ignorée de ceux qui s’intéressent à la politique globale elle subsistera dans sa grisaille abrutissante et sera un poids mort sur nos rêves.<br />
<strong>Politique européennes transnationales alternatives:</strong><br />
Pour illustrer le potentiel de politiques transnationales à un niveau européen, voici plusieurs politiques que l’Union européenne pourrait adopter pour influencer le modèle de la politique globale. Elles ne sont pas un programme mais simplement l’illustration d’une politique européenne alternative.<br />
<strong><br />
- Moraliser la globalisation:</strong> l’Europe est le marché unique le plus puissant au monde. Si elle mettait en application un travail décent, les droits de l’homme et les normes environnementales pour tous les biens produits en Europe, et tous les biens importés en Europe, cela améliorerait à la fois la situation globale dans chacun de ces secteurs et forcerait les autres états à s’adapter.</p>
<p><strong>- Fournir une alternative démocratique au FMI:</strong> Si l’Union européenne s’accordait sur un plan de sauvetage pour les états membres de l’Union européenne qui ont été victimes de la crise financière et rendait ce plan de sauvetage à la fois démocratique et plus social que ceux proposés par le FMI, ca n’aiderait pas seulement les gens en Europe, cela fournirait aussi un exemple positif de démocratisation du FMI et de la Banque Mondiale.</p>
<p><strong>- Introduire une taxe Tobin:</strong> Une taxe financière efficace sur les spéculations de devises pourrait seulement être mise en application  à un niveau international. Il y a déjà eu des propositions pour que l’Union européenne adopte une telle taxe mais elles ont été rejetées par la Banque Centrale européenne.</p>
<p><strong>- Adopter et faire respecter une politique d’immigration qui place l’hospitalité et la dignité des hommes au centre de ses préoccupations: </strong> Les lois européennes qui concernent l’immigration et la détention sont devenues de plus en plus répressives, dans le même temps les abus sur les droits de l’homme et la discrimination sont tolérés aux frontières de l’Europe. En transformant cette situation et en travaillant avec les pays d’origines des immigrés, l’Europe montrerait que les institutions supranationales ne servent pas seulement à protéger les intérêts des citoyens nationaux mais qu’on peut concevoir la politique d’une autre façon.</p>
<p>Pour plus d&#8217;informations sur les cas Laval, Viking, Ruffert et Luxembourg, vous pouvez consulter le site de l&#8217;<a href="http://www.etuc.org/r/846">European Trade Unions congress</a>.</p>


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		<title>Grève des immigrés en France et en Italie</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 08:43:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Featured @fr]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[xenophobie]]></category>

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		<description><![CDATA[En France a été lancée, pour le 1er mars  2010,  l'initiative “Une journée sans immigrés”. Reprise aussi en Italie, cette grève se veut une réponse à la vague xénophobe qui est en train de traverser l'Europe. 


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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/02/journeesansimmigresHOME.png" alt="" title="journeesansimmigresHOME" width="550" height="379" class="alignnone size-full wp-image-6162" /><br />
(Photo: affiche, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.ljsi.over-blog.com/">Une journée sans immigrés</a>&laquo;&nbsp;)</p>
<p>En France a été lancée, pour le 1er mars  2010,  l&#8217;initiative “Une journée sans immigrés”. Reprise aussi en Italie, cette grève se veut une réponse à la vague xénophobe qui est en train de traverser l&#8217;Europe. </p>
<p><strong>Par Francesca Casafina, traduction de Stéphanie Klaczynski</strong></p>
<p>« Un jour sans immigrés». Cela pourrait ressembler à une annonce publicitaire macabre du parti xénophobe italien  La Ligue du Nord , mais c’est en fait le slogan d’une grève générale à laquelle appellent, le 1er mars,  les communautés d’immigrés en Italie, rejoignant en cela l&#8217;initiative française . Les immigrés s’arrêteront toute une journée pour demander une reconnaissance politique plus grande et la défense de leurs droits. Après les événements de janvier dernier à Rosarno ( petite ville calabraise de 15 000 habitants, où les manifestations des immigrés furent suivies d’une violente réaction xénophobe de la population locale début janvier, <em>ndlr </em>) – la grève du  1er mars 2010 se veut un moment de pensée collective sur un thème, celui de l’immigration, qui n’est pas seulement politique.  La crédibilité de la démocratie italienne et de ses structures sociales dépend de la solution qu&#8217;on saura trouver au défi de l&#8217;immigration  La grève des immigrés a tiré l’alarme sur une situation d’impasse qui concerne à la fois les institutions et la société toute entière. </p>
<p>L&#8217;initiative d&#8217;une grève des immigrés a été lancée en France, sous le mot d&#8217;ordre « <a href="http://www.ljsi.over-blog.com/">la journée sans immigrés : 24h sans nous! </a>». Le choix du 1er mars est une référence au 1er mars 2005, date à laquelle est entré en vigueur en France  le «code de l&#8217;entrée et du séjour des étrangers et du droit d&#8217;asile» (CESEDA),  une loi qui symbolise une conception utilitariste de l’immigration. Dans l&#8217;Hexagone comme au Nord des Alpes, les polémiques sur les méthodes d’intégration sont au centre du débat politique. Du reste, il est bien connu que la montée du racisme et des manifestations xénophobes est symptomatique de l’état de  malaise qui se propage dans les pays industrialisés. Et le fait que ce genre de politique soit adopté – identité nationale,  entretien d&#8217;un climat de paranoïa face à l&#8217;immigration, défense des frontières – semble avoir pour unique but de divertir l’attention publique d’une réalité bien plus complexe. En un mot, c’est tout simplement la vieille politique du bouc émissaire.<br />
La grève du 1er mars nous oblige à approfondir notre réflexion sur le modèle de démocratie que nous sommes en train de construire et sur une structure sociale de plus en plus fragmentée, dans laquelle le racisme et la xénophobie deviennent les signaux inquiétants d’une crise plus générale de la cohabitation civile, et dans laquelle le concept d’identité nationale se pervertit lui-même dans des processus d’exclusion et d’injustice. La grève du 1er mars, en France et en Italie, émettra un signal fort questionnant l’Europe et sa politique de migration. Il sera nécessaire de se pencher sur la possibilité d’élaborer des stratégies communes pour donner une réponse concrète aux actions infructueuses de la communauté immigrée, et pas seulement dans une simple perspective de gestion du flux migratoire. Il sera également nécessaire de mettre en avant les propositions innovantes, capables de dépasser les frontières nationales pour créer un front commun d’action politique qui n’implique pas seulement les institutions mais aussi les associations, le monde du travail et plus largement, les membres de la société civile. </p>
<p>C’est précisément dans cette perspective qu&#8217;a été  fondé en France le réseau « Éducation sans frontières », qui soutient des familles étrangères en situation irrégulière qui ont des enfants en âge d’être scolarisés. Le réseau, plate-forme de discussions et d&#8217;actions, qui comprend des enseignants, des syndicats, des parents, des associations et des citoyens, sera aussi créé en avril prochain en Italie, à Turin. Cela sera une première étape vers la formation d’un mouvement transfrontalier pour défendre la justice et les droits.</p>
<p>Pour débattre un peu plus de l’initiative de la grève des immigrés, European Alternative organise, à Bologne et à Rome le 18 février, deux séminaires qui font partie du cycle de conférences « Salon Europa ». <a href="http://www.euroalter.com/2010/salons-on-migration-rome-bologna/">Ici.</a> </p>


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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>Entretien avec Alfredo Jaar</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 17:13:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine Europa]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[pratiques artistiques alternatives]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans ses travaux, l'artiste Alfredo Jaar explore les relations entre le monde « développé » et celui qui ne serait qu’en « voie de développement ». Il se penche sur l'interdépendance matérielle entre ces deux mondes et sur l'obstination des pays industrialisés à maintenir des relations de puissance. 


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<li><a href='http://www.euroalter.com/fr/2009/une-entrevue-avec-nancy-fraser/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Une entrevue avec Nancy Fraser'>Une entrevue avec Nancy Fraser</a></li>
</ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par Eva Oddo, traduction de Sarah Provost</em></p>
<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/02/alfredo-jaar.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/02/alfredo-jaar.jpg" alt="" title="alfredo jaar" width="350" height="402" class="alignleft size-full wp-image-6856" /></a>Dans ses travaux, l&#8217;artiste Alfredo Jaar, chilien de naissance et new-yorkais d’adoption, explore les relations entre le monde « développé » et celui qui ne serait qu’en « voie de développement ». Il se penche également sur l&#8217;interdépendance matérielle entre ces deux mondes, et sur l&#8217;obstination des pays industrialisés à maintenir des relations de puissance, ainsi que la manière dont cela se traduit dans toutes les représentations iconographiques des pays du Sud par les pays du Nord. Profitant d&#8217;une rétrospective majeure des œuvres de Jaar à Milan, et pour célébrer celui qui continue de présenter à son public un monde toujours plus large en lui proposant de nouvelles possibilités de réalité, European Alternatives a interviewé l’artiste, de passage à Londres.</p>
<p><strong>Eva Oddo:</strong> Quel regard portez-vous sur l&#8217;Union Européenne, et quel futur lui imaginez-vous?<br />
<strong>Alfredo Jaar:</strong> J&#8217;ai toujours perçu l&#8217;Union Européenne comme un modèle potentiel qui ne se serait jamais réalisé. C&#8217;est une utopie devenue une quasi-réalité. Je lui ai toujours trouvé un potentiel énorme, en tant que modèle de communauté. En effet, l&#8217;Union Européenne est le plus grand fournisseur d&#8217;aide humanitaire au monde. Des progrès significatifs ont été réalisés dans certains secteurs, comme par exemple la monnaie unique, l&#8217;euro : il a été très intéressant d&#8217;observer que l&#8217;euro, grâce à son action de contrepoids, a réussi à déstabiliser l&#8217;hégémonie imposée par le dollar US. Néanmoins, quand on réalise que l&#8217;UE se partage 30 % du produit intérieur brut mondial, on se demande pourquoi elle a une influence si mineure, si négligeable, sur le monde des affaires. L&#8217;inaptitude de l&#8217;UE à articuler et à encourager une politique étrangère commune, son incapacité à se faire entendre sur les affaires mondiales d&#8217;une certaine envergure sont réellement frustrantes. L’UE n’a jamais endossé les responsabilités inhérentes à son poids géopolitique. La géopolitique reste d’ailleurs la chasse gardée des Américains, personne ne les ayant jamais attaqués sur leur propre terrain. La situation mondiale serait bien différente si l’UE avait voix au chapitre. Certes, nous jouissons de la libre circulation des populations, des biens, des services et des capitaux, mais combien de portes avons-nous dû condamner ? Rendez-vous donc en Italie pour observer comment y est gérée la question de l&#8217;immigration, ou interrogez un homme d&#8217;affaires africain essayant de percer sur le marché intérieur européen, vous aurez droit à un cahier de doléances.</p>
<p><strong>EO:</strong> Passons maintenant à l&#8217;artiste. Pensez-vous que l&#8217;artiste ait des responsabilités?<br />
<strong>AJ: </strong>Bien sûr. Les artistes sont des êtres humains, et tous les êtres humains ont des responsabilités. Les artistes sont une partie intégrante de la société, une partie privilégiée, car ceux-ci ont la chance inouïe de disposer de temps et de matériel qui leur permettent de se prêter à la réflexion, à la spéculation, pour rêver de mondes différents, de mondes meilleurs. À ce privilège est liée l&#8217;obligation d&#8217;interagir avec notre environnement, de suggérer des modèles de pensée pour notre société, pour le monde. C&#8217;est ce que l&#8217;artiste fait de mieux. Les plus grandes œuvres d&#8217;art nous emmènent dans des lieux inconnus &#8211; je parle de lieux imaginaires &#8211; d&#8217;endroits où l&#8217;on crée de nouveaux modèles de pensée, de nouvelles manières d&#8217;envisager le monde. C’est notre responsabilité la plus sacrée.</p>
<p><strong>EO: </strong>J&#8217;ai souvent vu votre art qualifié de « politique », mais il me semble avoir lu également que vous le décriviez plutôt comme un art « moral » ou « moralement engagé ».<br />
<strong>AJ:</strong> Je récuse chacune de ces étiquettes. Tout art est politique. Il est impossible de faire quoi que ce soit dans ce monde qui n&#8217;ait aucune connotation politique. Il est impossible de faire un geste qui ne comprenne à la fois l’esthétique et l&#8217;éthique. Quand on me pose cette question, je cite toujours Jean-Luc Godard, un réalisateur que j&#8217;admire et qui a dit : « Certes, nous devons faire un choix entre l&#8217;éthique et l’esthétique, mais quelque soit notre choix, nous avons la certitude de retrouver l’autre option au bout de notre route ». C&#8217;est une réalité à laquelle nous sommes confrontés en tant qu&#8217;artistes, en tant que producteurs culturels : nous devons constamment et simultanément faire face à des problèmes d&#8217;éthique et d’esthétique, et ces éléments doivent être intégrés non seulement dans notre manière de procéder, mais également dans l&#8217;articulation finale de nos idées dans nos travaux. Si on ne réalise pas ceci, alors ce que nous produisons n&#8217;est pas de l&#8217;art, mais une simple ornementation qui fait partie d&#8217;un autre monde, le monde de la décoration et du design qui lui a d&#8217;autres objectifs, bien différents. D&#8217;un côté vous avez la décoration, et de l&#8217;autre vous avez l&#8217;art, et pour moi, l’art a toujours été une question de pensée critique. Mais cela ne signifie pas pour autant que l&#8217;on doive exclure la poésie. La poésie est un élément essentiel de l&#8217;art. On peut même aller jusqu&#8217;à dire qu’il n’existe pas d’art apoétique, tout comme il n’existe pas d’art apolitique.</p>
<p><strong>EO:</strong> Pensez-vous que l&#8217;art ait changé le monde, et si oui comment ? À l&#8217;avenir pensez-vous que l&#8217;art continuera à changer le monde, et de quelle manière?<br />
<strong>AJ: </strong>Pouvez-vous imaginer un monde sans art? C&#8217;est dans la réponse à cette question que vous trouverez la clé de votre propre interrogation. Que serait le monde sans art, sans culture? Comme Nietzsche disait : « la vie sans musique serait une erreur». On pourrait le paraphraser pour dire : la vie sans art serait une erreur. Regardons autour de nous, regardons la ville, regardons le monde – comment seraient-ils en cas d’absence d’art et de culture dans nos environnements? L&#8217;art et la culture sont des éléments constitutifs de la vie contemporaine, de la vie tout court. On ne peut imaginer la vie sans art. L’art bouleverse le monde, et en tant qu&#8217;artiste j&#8217;ai toujours dit que c&#8217;est ce que je voulais faire, peu m&#8217;importe de passer pour naïf. Je suis devenu un artiste parce que je ne pouvais m’accommoder de l&#8217;état du monde. Ce mécontentement m&#8217;habite toujours, c&#8217;est pourquoi je voudrais changer le monde. Je peux initier un changement, en touchant une personne à la fois. C&#8217;est un processus très lent, un changement très modeste, mais nous autres artistes pouvons toucher les gens, nous pouvons les informer et les pousser à agir. Dans ce sens, je suis gramscien. Gramsci était l&#8217;une des figures intellectuelles les plus extraordinaires du XXe siècle, une véritable source d&#8217;inspiration. Il croyait réellement à la capacité de la culture à influer sur les changements. Cela est certes difficile, et parfois cela peut sembler futile, mais la culture et l’art ont profondément modifié le monde, et plus le monde se complexifie et se complique, plus la potentialité de l&#8217;art sera réalisée, plus la potentialité de la culture pourra être réalisée. Les espaces dédiés à l&#8217;art et à la culture sont les derniers champs de liberté restants. </p>
<p><strong>EO:</strong> Comment percevez-vous le monde de l&#8217;art contemporain?<br />
<strong>AJ:</strong> Le monde de l&#8217;art contemporain a un problème d&#8217;image, avec toute l&#8217;ironie que cela implique. Cette image, relayée par les médias avec une vulgarité vicieuse et force spectacles, est une véritable scène de cirque où figurent quelques soi-disant stars de l’art et beaucoup d’argent. Honnêtement, tout ceci n&#8217;a rien à voir avec le monde de l&#8217;art contemporain. Le monde de l&#8217;art contemporain n&#8217;est en aucun cas monolithique, il s&#8217;agit plutôt d&#8217;un réseau de systèmes : dans un système vous aurez des milliers d&#8217;artistes à la recherche du sens de la vie dans la société, travaillant avec des communautés, essayant d&#8217;élargir leurs horizons de manière créative. Dans un autre système, vous trouverez des penseurs et des intellectuels, des rêveurs discutant des problématiques qui affectent la société et le monde, contribuant par leurs articles, leurs documents et leurs publications, prenant part à des débats et à des conférences, élargissant les modèles de pensée existants. L’art contemporain, c&#8217;est le septième art, le théâtre, la musique, la poésie, la danse, les arts virtuels, tout ce qui nous fait penser, pleurer, ressentir et agir dans notre monde. Où donc est cette vision de l&#8217;art contemporain dans les médias aujourd&#8217;hui ? Elle n&#8217;existe tout simplement pas. Les médias transforment l&#8217;art contemporain en spectacle, ce qui est extrêmement triste.</p>
<p><strong>EO: </strong>Pensez-vous que les interventions publiques fassent partie du rôle de l&#8217;artiste? Pour les artistes visuels par exemple il s&#8217;agirait de ne pas se cloîtrer dans une galerie, mais de s&#8217;aventurer dans la rue.<br />
<strong>AJ: </strong>J’ai moi-même ressenti ce besoin de sortir, et c&#8217;est pourquoi j&#8217;ai divisé mon travail en trois domaines bien spécifiques. Seul un tiers de mon temps est passé dans ce qu&#8217;on appelle le monde de l’art : dans des musées, des galeries ou autres fondations. Le monde de l&#8217;art est  un monde tellement à part que j&#8217;ai voulu toucher un public plus nombreux, et c&#8217;est ce qui m&#8217;a poussé à faire plus de cinquante interventions publiques à travers le monde, en dehors du pré carré du monde de l&#8217;art. Lors de ces projets je travaille avec différentes communautés, n&#8217;ayant aucune connexion avec le monde de l&#8217;art, et je me retrouve confronté aux véritables problèmes pratiques que les gens rencontrent dans la vie de tous les jours, et ces confrontations, ces exercices en pleine réalité me permettent de rester réaliste, de garder les pieds à terre, ce qui forge ma pratique en tant qu&#8217;artiste dans le monde de l&#8217;art. Le dernier tiers de mon temps est consacré à l’enseignement. Je dirige des séminaires et des ateliers à travers le monde, pendant lesquels j&#8217;échange des idées avec la jeune génération, je partage mon expérience tout en apprenant également de leurs propres expériences et de leurs rêves. Je dirais que de ces trois activités, la plus politique est très certainement l&#8217;enseignement. Mais toutes trois sont véritablement importantes, et toutes les activités me forment en tant que professionnel et en tant qu&#8217;être humain, elles me permettent d’être complet.</p>
<p><strong>EO: </strong>Avez-vous vu la récente exposition de Cildo Meireles (à la galerie Tate Modern, à Londres, jusqu&#8217;au 11 janvier 2009)? Dernièrement, j’ai découvert l&#8217;une de ses citations : « D&#8217;une certaine manière on devient politique quand on n’a pas la chance d&#8217;être poétique. Je pense que les êtres humains préféreraient largement être poétiques. » Désirez vous commenter cette citation ?<br />
<strong>AJ:</strong> En effet, j’ai visité son exposition. Cildo a réussi à porter une vision poétique sur le monde, à créer des assemblages poétiques, des environnements poétiques, des installations poétiques ainsi que des objets poétiques. Ces éléments ont tous un contenu politique, c&#8217;est inévitable, mais la poésie dans ses constructions est immense, jubilatoire. En comparaison, je trouve que mes travaux penchent davantage vers le politique. Bien sûr ils disposent systématiquement d&#8217;un élément poétique, mais entre le politique et le poétique, mes travaux tirent davantage vers le politique je pense. J&#8217;ai bien peur qu&#8217;il m’ait été plus difficile de contenir ma rage. C&#8217;est pourquoi par exemple dans les travaux traitants du génocide rwandais je n&#8217;ai pas réussi à me contenir, et le politique étouffe le poétique. Cildo a réussi à se maîtriser ou bien il a tout simplement été confronté à des situations moins tendues que celles auxquelles j&#8217;ai assisté. Il a donc été capable de créer des explosions de poésie. C&#8217;est une exposition admirable, d&#8217;un artiste admirable.</p>
<p><strong>EO:</strong> Etant donné les résultats des récentes élections présidentielles étatsuniennes, quel regard portez-vous maintenant sur votre œuvre The Fire Next Time, datant de 1989 ?<br />
<strong>AJ:</strong> Lorsque j&#8217;ai créé cette œuvre, je vivais à New York et l’incroyable fragilité des relations raciales dans cette ville était tangible. Cette œuvre était un moyen pour moi d&#8217;exprimer mon choc, ma peine devant l&#8217;état des relations raciales dans ce pays. Quand je suis arrivé aux États-Unis en 1982, je m&#8217;attendais à trouver un pays où l’harmonie raciale régnerait, où le mouvement pour les droits civiques aurait accompli tout ce qu&#8217;il y avait à accomplir, mais j&#8217;ai été choqué par la découverte de la réalité, bien différente. Presque 20 ans plus tard, les changements accomplis sont immenses. Les résultats des élections étatsuniennes apportent un signe extraordinaire de changement au niveau politique, mais il reste tant à faire. Les récents événements qui se sont produits sur la scène politique sont encore très loin de se répercuter dans la rue, sans parler des domaines de la distribution des richesses, de l&#8217;accès au capital ou à l&#8217;éducation. Cependant je pense que c&#8217;est un événement extraordinaire qui a peut-être déjà, ou qui à l’avenir pourra potentiellement changer les États-Unis : un changement profond, de l’intérieur, modifiant également l’image projetée au reste du monde et les relations entre les Etats-Unis et le monde. </p>
<p><strong>EO:</strong> Que pensez-vous de la direction que sont en train de prendre les politiques contemporaines?<br />
<strong>AJ:</strong> Je suis toujours surpris par la présence simultanée de vents contraires dans notre monde. D&#8217;un côté nous avons les événements récents des États-Unis avec leur potentiel extraordinaire et leurs avancées progressistes. De l&#8217;autre nous avons un phénomène comme l’Italie de Berlusconi où l&#8217;on peut observer de véritables bourrasques fascistes traversant le pays. On en vient à se demander : comment cela est-il possible? Comment, pourquoi des sociétés, des communautés peuvent basculer l&#8217;une d&#8217;un côté, l&#8217;autre de l&#8217;autre, simultanément ? Dans la nature humaine, qu&#8217;est-ce qui nous pousse à agir de manière si contradictoire? Un seul regard sur la carte de l’Europe suffit pour mettre en relief les foyers racistes et les zones progressistes, et observer que ces deux forces luttent l&#8217;une contre l&#8217;autre. Nous, citoyens, nous sommes confrontés à ces réalités et nous devons décider quelle voie nous voulons suivre. Nous prenons cette décision en nous basant sur l&#8217;éducation que nous avons reçue, sur l&#8217;influence que nos parents ont eu sur nous et celle du milieu dans lequel nous vivons et nous avons grandi et en nous basant sur nos convictions personnelles. Je suis toujours estomaqué par ce phénomène, par tous les chemins possibles qui s&#8217;offrent à nous, par les contradictions auxquelles nous sommes confrontés chaque jour, et c&#8217;est pourquoi j&#8217;aime toujours citer Emile Cioran, un poète et écrivain roumain que j&#8217;admire profondément, qui a décrit son état d&#8217;esprit normal comme étant : « simultanément heureux et malheureux, exalté et déprimé, envahi à la fois par le plaisir et le désespoir en des harmonies des plus contradictoires », car c&#8217;est ce que je ressens présentement quand je regarde le monde, quand je lis les journaux. J&#8217;espère constamment que la balance penchera un jour en faveur de la justice sociale.</p>


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		<title>Joue la carte du réseau, mon pote !</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Feb 2010 15:03:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Magazine Europa]]></category>
		<category><![CDATA[Cosmopolitisme]]></category>
		<category><![CDATA[réseau]]></category>

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		<description><![CDATA[En termes de formes de pouvoir et de contrôle changeantes le réseau est un terrain fertile pour redécouvrir les actions autonomes et réinventer la subjectivité politique.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/network.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/network.jpg" alt="network" title="network" width="560" height="439" class="alignnone size-full wp-image-4514" /></a><br />
(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/onkel_wart/3180694822/">Onkel Wart/Flickr</a>)</p>
<p><em>Par  Joan Miguel Gual and Francesco Salvini, traduction Stéphanie Klaczynski </em></p>
<p>En Europe, une nouvelle forme d’exercice du pouvoir est apparue. De nos jours, le gouvernement agit à plusieurs niveaux en même temps : il s’infiltre dans les zones urbaines, réarticule les frontières dans le quotidien urbain, polarise les relations de pouvoir déjà existantes et construit de nouvelles dépendances dans la géographie actuelle de l’Europe. En guise de résultat,  non seulement les asymétries de l’ancienne Europe n’ont pas disparu mais de nouvelles ruptures et marginalisation apparaissent tous les jours, et marginalité et centralité coexistent. C’est la façon qu’a le capitalisme moderne de former un marché global : jouer sur les asymétries pour multiplier les régimes travaillistes et diviser les mouvements sociaux. Cette prolifération de modes d’exploitation découle de la crise des syndicats, des partis, des États-providence et plus généralement dirons-nous, de la crise de ces institutions politiques basées sur la propriété et la représentation, à une époque où la représentation est devenue une tentative impossible pour discipliner l’hétérogénéité sociale, réduire les différences et l’emprise du capital sur la vie sociale. La constitution asymétrique de l’Europe envers l’extérieur – évidente dans l’inclusion différentielle de l’Europe de l’Est aussi bien que dans la production permanente de zones extérieures pour reproduire le pouvoir européen – implique un devenir asymétrique, non seulement de la colonie, à l’extérieur, mais aussi dans la métropole elle-même. C’est le quotidien des zones urbaines européennes : les modèles d’intégration définis à Maastricht, Bologne, Amsterdam et Schengen préconisent une politique d’exclusion et de valorisation, de contrôle et de discipline et imposent un processus de précarisation générale de la vie sociale et de la production urbaine. Le développement de l’embourgeoisement, la prolifération des frontières internes et l’obsession sécuritaire des gouvernements urbains affichent des procédures gouvernementales originales ayant pour but de multiplier les régimes travaillistes et d’exploiter au maximum le moindre segment de la société, selon la vulnérabilité de chaque sujet, sa fragilité ou, comme on pourrait le dire, sa précarité. Notre question est la suivante : quelle stratégie d’organisation sociale peut échapper à la multiplication des modes d’exploitation sans recomposer l’unité, l’identité et l’homogénéité mais en permettant à  la différence, la précarité et la vulnérabilité de devenir des points de départs pour des politiques radicales ? Pour y répondre, nous nous concentrerons sur un seul aspect : une expérimentation en cours qui, selon nous, a été efficace dans le développement des luttes sociales autonome ces dix dernières années : l’utilisation des réseaux  non seulement comme outils mais comme une base pour les pratiques autonomes actuelles, dans l’invention de nouvelles formes de coopération sociale par delà les différences, pour constituer de nouvelles formes institutionnelles capables de réinventer la coopération sociale dans la crise des institutions classiques, dans la constitution ce que nous appelons des « institutions monstres ».  </p>
<p>C’est, de notre point de vue, une prise productive sur l’histoire récente des mouvements sociaux en Europe, qui, depuis le début des années 1990, a commencé à croiser les espaces européens, à tisser des toiles et des réseaux pour transformer les types d’organisation et ouvrir de nouveaux espaces de lutte. C’est le cas des mouvements contre le chômage entre 1994 et 1997, quand le revenu de base est devenu une revendication pour développer des pratiques de droits sociaux en dehors de la dimension stricte du travail ; c’est aussi le cas de la lutte pour la mobilité qui a remis en question, à un niveau européen , la relation violente et ambigüe entre la citoyenneté et les droits (Sans Papiers, 1996 ; kein mensch ist illegal in Documenta, 1997) dépassant les questions de culture et inscrivant la citoyenneté dans le schéma du gouvernement travailliste et dans la lutte travailliste.</p>
<p>De 1997 à 2001, ces mouvements ont permis d’organiser  une série de mobilisations contre le capitalisme global et ont eu une importance cruciale dans l’invention de nouveaux espaces politiques pour nommer et instituer de nouveaux droits. La liberté de mouvement, le revenu minimum et l’assistance devraient être les buts concrets d’une nouvelle structure institutionnelle : les institutions communautaires. Dans ce sens, les mouvements ont inventé les institutions réseaux comme des groupements transversaux de nouvelles formes institutionnelles qui tentent de combattre la gouvernance de la vie et d’ouvrir de nouveaux espaces d’autonomie et d’émancipation, où la question du programme – en avait-on vraiment besoin – s’effondre radicalement dans le présent. Ces mouvements doivent aussi être analysés dans leur fonctionnement quotidien, dans leurs débats en tant que machines sociales, en tant qu’activités et constructions sociales et non pas en tant qu’espaces cristallisés et institués. Vus sous cet angle, les réseaux ressemblent autant à des sites de production critique qu’ à des actes défiant les procédures gouvernementales par une critique interne, ouvrant l’espace pour instituer des normes et des institutions pour une nouvelle communauté. Mais comment une procédure critique peut-elle défier et réinventer le fonctionnement des institutions sociales ? Dans quelle mesure la critique peut-elle être une procédure constituantes sinon par contraste avec la cristallisation et par un déplacement continu de la production de l’organisation externe aux espaces institués et disciplinaires ? C’est à cela que nous nous référons lorsque nous écrivons sur le discours « extra disciplinaire » et « extra institutionnel » des cabinets politiques autonomes : la procédure quotidienne de travail et l’excès dans le tissage de réseaux visant à produire des rassemblements par delà les espaces institués et à constituer de nouvelles propriétés communes. Dépasser l’institution, dépasser la discipline : c’est la tâche des cabinets politiques qui explorent les échappatoires possibles aux formes de gouvernance capitaliste moderne. Néanmoins, dépasser ne signifie pas laisser, oublier ou refuser, cela signifie aller au-delà, déborder. Dépasser comme un exercice  pour produire de nouveaux sites pour la production des connaissances et de coopération sociale capable d’ouvrir des brèches où les déclarations qui naissent lors des mobilisations sociales pourraient proliférer. « L’extra » nous autorise à traiter l’au-delà autant dans la signification physique du terme, par delà les bureaucraties, par delà les murs des institutions dans l’espace ouvert de la métropole, que dans sa signification théorique : dépasser les frontières de la discipline comme canon de la connaissance, comme autorité dans la production sociale du savoir. </p>
<p>L’autonomie ne suffit pas. Si nous voulons constituer des espaces dissidents pour la production de subjectivités qui ne répondent pas aux ordres du gouvernement ni à la commande du capital, nous avons besoin de constituer de nouvelles technologies hybrides, pour des socialités dissidentes. Nous devons repousser les marges, à l’intérieur et à l’extérieur des institutions, pour les submerger et les surmonter, pour développer des procédures politiques monstrueuses, capables de briser la prétendue cohésion de figuration et de défier la discipline des sciences majeures (les sciences sacrées de l’État) à travers l’action moléculaire de sciences mineures (sciences nomades) où le savoir devient un processus situéde production qui modifie la réalité sociale non pas de façon formelle mais de façon concrète, dans son fonctionnement de tous les jours. C’est pourquoi nous pensons que la tâche la plus problématique n’est pas de savoir comment fuir vers l’extérieur, l’extérieur de la représentation hégémonique,  mais comment casser la représentation de l’intérieur : comment fuir l’intérieur et  défier le fonctionnement de la rationalité moderne du gouvernement ? Comment concevoir  une institutionnalité subversive et monstrueuse qui pourrait interagir avec les institutions existantes et les disciplines traditionnelles ? Ce mouvement de subversion a en effet besoin non seulement de réapproprier les valeurs sociales produites au cœur des instituions et des disciplines, mais aussi de montrer les limites, les crises et la finitude dramatique des rassemblements institutionnels existants.</p>
<p>Les cabinets génèrent des contradictions et notre expérience n’est pas une exception. Mais au cœur de la privatisation du public et de la réduction de l’autonomie sociale selon les règles de l’accumulation capitaliste, les institutions « monstres » se veulent être une tentative pour constituer de nouveaux liens reliant la vie et la politique, pour produire de nouveaux territoires d’existence sociale, pour permettre l’excès, pour éviter de devenir un surplus à réclamer et pour construire des formes de vie dissidentes et alternatives où la liberté, la solidarité et la vie elle-même pourraient gagner un nouveau sens par delà les régulations du marché et la représentation politique. C’est, à nos yeux, le principe génératif institutionnel sur lequel est basée l’activité de l’université de Nomada. Les centres sociaux et les réseaux pour la recherche militante sont des espaces où réinventer les formes de production culturelle, et la relation entre la vie et le travail sont des tentatives pour reconfigurer les luttes sociales dans l’élargissement de la production, de l’usine à la vie sociale, et enfin comme sites de production pour une connaissance autonome, pour démystifier le fonctionnement du capitalisme moderne mais aussi pour problématiser les stratégies des mouvements sociaux. Dans ce processus, « extra » est un préfixe constitutif pour l’invention d’institutions monstrueuses : extra comme pratique virale contre les tentatives permanentes de normalisation et d’abstraction que porte le capital. « Extra » est une pratique constituante qui explore le territoire émergent de droit à la communauté. Reprisant ces marges, excédant et explorant, les institutions réseaux apparaissent comme des espaces d’invention pour actualiser ces droits communs, pour piller et se réapproprier les valeurs sociales qui circulent dans les espaces institués et pour rendre possible dans le même temps l’invention et la prolifération de processus radicalement démocratiques pour organiser la production sociale.</p>


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		<title>31 mars &#8211; Londres &#8211; Partis politiques</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 16:16:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda @ fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie Événements]]></category>

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		<description><![CDATA[Quels sont les futurs partis politiques en Europe? Dans quels sens les partis politiques européens pourraient-ils innover au regard des partis nationaux? Cette conférence abordera la crise de légitimité politique propre au Royaume-Uni, et proposera des remèdes transnationaux radicaux.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/02/event31march.jpg" alt="" title="event31march" width="560" height="276" class="alignnone size-full wp-image-6361" /><br />
(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/european_parliament/4256493508/">European Parliament,Flickr</a>)</p>
<p><strong>Quels sont les futurs partis politiques en Europe? </strong><br />
31st March 2010<br />
Time to be confirmed<br />
London Metropolitan University, 31 Jewry Street London EC3N 2EY</p>
<p>Dans quels sens les partis politiques européens pourraient-ils innover au regard des partis nationaux? Cette conférence abordera la crise de légitimité politique propre au Royaume-Uni, et proposera des remèdes transnationaux radicaux.</p>


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