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	<title>European Alternatives</title>
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		<title>S.M. Barkat: le travail, conflit ou suicide</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 13:54:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview @fr]]></category>

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		<description><![CDATA[Sidi Mohammed Barkat nous propose une réflexion sur les nouveaux rapports de force entre patronat et syndicats, entre capital et  travail dans les pays aujourd'hui soumis à la cruauté des lois du dumping social.



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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/06/2-barkat-cccb-25.01.101.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/06/2-barkat-cccb-25.01.101-300x200.jpg" alt="" title="2-barkat-cccb-25.01.10" width="580" height="400" class="alignleft size-medium wp-image-13623" /></a></p>
<p><strong>Entretien avec Sidi Mohammed Barkat</strong><br />
Enseignant et chercheur associé au CEP d’ergonomie et d’écologie humaine de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ancien directeur de programme au Collège international de philosophie, Paris (1998-2004).</p>
<p><em>Le bouleversement du cadre juridique et symbolique qui ordonnait autrefois le monde du travail est désormais une question transnationale. Alors qu&#8217;en France les suicides sur le lieu de travail (France Télécom et ailleurs) interpellent l&#8217;opinion publique, en Italie c&#8217;est le référendum des ouvriers de l&#8217;usine Fiat de Pomigliano, à qui l&#8217;employeur demande de renoncer aux droits du travail les plus importants, à lancer l&#8217;allarme sur les nouvelles formes de management. A partir de ces faits de l&#8217;actualité, Sidi Mohammed Barkat nous propose une réflexion sur les nouveaux rapports de force entre patronat et syndicats, entre capital et travail dans les pays aujourd&#8217;hui soumis à la cruauté des lois du dumping social.</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Le suicide lié au travail est-il un nouveau phénomène ?</strong><br />
Il est nécessaire de différencier les choses. Seuls les suicides sur les lieux de travail constituent un phénomène récent.</p>
<p><strong>Pourquoi se suicide-t-on au travail ?</strong><br />
On s’en doute, ce type d’acte ne tombe pas du ciel, il n’est pas non plus un fléau naturel. Bref, il ne s’agit pas d’une fatalité, et il y a bien quelque raison liée à l’organisation du travail qui se trouve à l’origine de ce type de suicide.</p>
<p>Les techniques d’organisation et de gestion mises en place dans les entreprises, notamment les plus grandes d’entre elles, depuis une vingtaine d’année, ont créé les conditions d’apparition de ce phénomène. Une partie de la classe politique s’est réjouie, sans doute prématurément, de la diminution progressive de la force de revendication des syndicats qui a accompagné le développement de ces techniques dans les entreprises et le renforcement du capitalisme financier à l’échelle mondiale. En réalité, en même temps que la globalisation, il s’est passé une chose remarquable, trop peu étudiée : les conflits entre le capital et le travail – naguère appelés « lutte de classes » – n’ont pas disparu, ils ont pour ainsi dire glissé dans l’individu lui-même sous l’aiguillon d’une organisation du travail particulièrement ingénieuse. Chaque salarié devait se retrouver en conflit avec lui-même à l’intérieur d’un cadre qui prétendait l’émanciper de l’ancien système du travail. C’est ainsi qu’on a donné forme à une espèce d’égalisation fictive de l’employé et du salarié, de telle sorte que l’on peut dire du suicide qu’il est l’expression brutale d’une situation où le conflit social, coincé dans cette fiction d’égalité, ne trouve plus à se dénouer autrement.</p>
<p>Se suicider sur le lieu de travail, c’est fournir par le recours à une violence retournée contre soi un débouché à une tension insupportable qui mine des salariés encerclés par les règles d’un Management se soutenant par ailleurs de la représentation idyllique et heureuse de la fin de l’histoire. Il s’agit, à travers le meurtre de soi, de briser une relation qu’on ne sait apparemment pas modifier autrement.</p>
<p><strong>Mais j’aimerais insister : pourquoi se tuer, pourquoi une violence retournée contre soi ?</strong><br />
On ne peut répondre à cette question sans souligner le fait que l’homme au travail est aujourd’hui divisé, selon une modalité où l’exercice du commandement – qui, dans le taylorisme, relevait des prérogatives de la hiérarchie – est en grande partie intériorisé sous la pression d’un dispositif subtil touchant différentes dimensions de l’organisation : la mobilité, la polyvalence, l’évaluation, etc. Le salarié est transformé en employeur de lui-même par différents mécanismes, dont le plus important est sans doute l’évaluation individualisée des performances. Dans le secteur des services, notamment, le salarié est rendu plus autonome grâce à ces mécanismes et contraint de la sorte à construire une relation inégalitaire avec lui-même, c’est-à-dire avec la part de lui-même effectivement engagée dans le travail.</p>
<p>Le salarié doit, dans ce contexte, se construire comme une sorte de force prête à l’emploi, assimilable à un ensemble de compétences, c’est-à-dire de ressources disponibles. Il doit s’identifier, s’il prétend être « employable », à un stock ou un capital de savoir, de savoir-faire, de sensibilité, etc., utilisable telle une mise dans un vaste jeu dont les ficelles sont tirées par les mains d’un capital invisible, à partir d’une coulisse difficilement localisable et, donc, inatteignable. Il peut alors, dans un climat fait de contraintes de toutes sortes, être incité à mettre en œuvre ces ressources-là dans le but d’atteindre, et même dépasser, les objectifs qui lui sont fixés.</p>
<p>Ainsi, le salarié de la nouvelle organisation du travail exerce un commandement sur lui-même mieux encore que pourrait le faire une instance extérieure. Il ne s’agit pas, comme on le croit souvent, d’un consentement volontaire à une domination extérieure. Nous ne sommes pas dans le cas de figure d’une pression exercée par la hiérarchie et acceptée par une conscience aliénée. Les anciens schémas explicatifs ne nous sont, ici, d’aucun secours. C’est, en effet, en tant qu’instance souveraine que le salarié relaie une pression qu’il retourne contre lui-même selon un mouvement qui le conduit à puiser dans ses réserves ou encore à mobiliser le temps hors travail.</p>
<p>Sans doute le suicide est-il d’abord et avant tout une révolte contre ce type de commandement intime auquel on ne peut échapper sous le règne du Management et qui pousse le salarié au-delà de ce qu’il peut, sans que les directions d’entreprise – c’est-à-dire les représentants du véritable pouvoir – ne prennent la mesure des effets délétères qu’il produit inéluctablement.</p>
<p><strong>Pouvez-vous préciser un peu plus la nature du rapport qu’entretient le salarié avec lui-même ?</strong><br />
Il est indispensable de retenir que la relation en question se spécifie d’être de commandement. Et ce commandement s’exerce selon une modalité inouïe, puisque, en théorie, il n’a pas de limites. Alors, que le rapport traditionnel, fondé sur le conflit, était médiatisé par un droit du travail protecteur, désormais, rien ne sépare le salarié de lui-même. Ce dernier est en quelque sorte sommé d’investir une position despotique par rapport à lui-même, s’il veut conserver son emploi. Aucune règle ne vient tempérer la demande formulée par la hiérarchie et qu’il relaie sous l’éperon de l’organisation du travail. Ce point me semble important : aucune règle, aucune norme instituée ne vient tempérer un engagement dans le travail apparemment libre, mais en réalité contraint sous l’effet de la rationalité mise en œuvre par le Management. De sorte qu’on peut dire de cet engagement manipulé, qu’il est l’expression même de l’accomplissement de la déraison dans un monde qui se prévaut des principes de l’humanité.</p>
<p>En somme, le suicide est avant tout une manière de reposer la question de la tempérance dans l’engagement du salarié dans le travail. Il nous enjoint de penser la manière dont on pourrait relancer, dans le nouveau contexte dominé par le désordre managérial, la question du droit du travail et du droit social, dont l’enjeu est désormais non seulement la préservation de l’intégrité des corps, mais encore la protection de la vie.</p>
<p><strong>Mais alors en quoi ce phénomène est-il nouveau ?</strong><br />
La question de ces droits est intimement liée à une réalité indubitable : l’existence de la structure du capital, laquelle implique toujours une tendance à la sollicitation démesurée du travail. Or, tant que la différenciation entre les employeurs et les salariés était nettement tracée, les conflits sociaux et les négociations permettaient précisément la construction – et donc, l’institution – des normes indispensables à la réglementation des rapports entre les parties. Le salarié transformé en une sorte de pseudo employeur, dans le maintien de son statut de subordonné, la médiation par les normes se trouve largement effacée et son utilité voilée. La reconstruction de la fonction institutionnelle du droit du travail et du droit social dans le contexte du Management est la tâche qui s’impose désormais.</p>
<p><strong>Si je vous comprends bien, à travers le geste du suicide, on ne fait pas que se tuer. On chercherait donc à signifier quelque chose par ce geste. En quoi ce geste a-t-il un lien avec la question sociale ?</strong><br />
Le contexte des suicides n’est pas celui du message et de la signification, même si certains chercheurs, sans doute un peu pressés, n’hésitent pas à avancer l’idée d’un lien entre les deux. En vérité, celui qui se suicide n’explique rien, y compris dans les cas où une « lettre d’explication » ou de « dénonciation » est rédigée. Il ne « communique » pas, pourrait-on dire en utilisant le jargon du Management. Il tente, en revanche, avec la force du désespoir, de nous ouvrir les yeux sur quelque chose que lui seul a vu. L’acte a affaire à la vision, de sorte qu’on ne peut pas dire du suicide qu’il est un simple message, même dramatique. Il est, avant tout, une convocation afin que l’on voie les effets d’une organisation du travail insensible à la destruction de la vie qu’elle occasionne assurément – je dis bien : une convocation et non pas un message. Une convocation, donc, adressée en premier lieu à l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise : direction, salariés et syndicats.</p>
<p>Il est nécessaire de bien noter qu’il s’agit d’un appel adressé à un ensemble et non pas à quelques-uns. Tous sont convoqués, afin de se rassembler et de s’interroger enfin sur ce qui ne va pas dans l’entreprise, en l’occurrence le travail lui-même. Le travail tel qu’il est organisé, c’est-à-dire au détriment de celui qui s’y investit et se singularise en le rendant vivant, et au bénéfice de celui qui en tire les dividendes et qui, étranger à sa dimension concrète, l’étouffe de son étreinte. Ouvrir les yeux sur cette réalité est le début d’une démarche qui permettrait la réinvention d’un droit protecteur, au-delà de l’impuissant droit des personnes, un droit protecteur indispensable au développement de la puissance de vie du salarié engagé dans l’activité et à la limitation des prétentions du Management à exprimer des exigences tournant le dos à la raison.</p>
<p><strong>Les choses peuvent-elles vraiment changer ainsi ?</strong><br />
Si les suicides sur le lieu de travail sont apparus depuis une dizaine d’années, les réactions, en particulier celles des pouvoirs publics, ont tardé à venir. Il reste que, avant même d’être reçu comme une convocation, le suicide peut se concevoir comme un cri, un cri de révolte. Un cri qui déchire la situation et ouvre une brèche dans le monde tel qu’il est arrangé, en défiant l’incrédulité manifestée devant l’impossibilité d’exister, de respirer, dans le travail. Comme si le suicidé, en même temps qu’il nous convoque, cherchait à trouver par ses propres moyens l’air qui lui manque dans sa suffocation sous l’emprise d’une organisation du travail insensible. Or, le paradoxe réside dans le fait qu’en agissant ainsi, le salarié ne se libère qu’en se tuant. C’est pourquoi il est légitime d’affirmer, aujourd’hui, que le monde dans lequel nous habitons ne s’instituera en tant que civilisé que dans la mesure où il permettra à la respiration dans le travail, comme ailleurs, de s’actualiser sans le recours à des gestes extrêmes.</p>


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		<title>25-26 Septembre 2010 à Londres &#8211; Lancement du réseau TRANSEUROPA</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 13:19:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda @ fr]]></category>
		<category><![CDATA[Événements]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous sommes très heureux de présenter le réseau TRANSEUROPA – un réseau d’activistes des quatre coins de l’Europe, qui travaillent ensemble à l’émergence de politiques, culture et société européennes véritablement transnationales. 
Les candidatures sont désormais ouvertes pour participer à la rencontre de lancement les 25 et 26 septembre à Londres !
Pour en savoir plus 


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			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes très heureux de présenter le réseau TRANSEUROPA – un réseau d’activistes des quatre coins de l’Europe, qui travaillent ensemble à l’émergence de politiques, culture et société européennes véritablement transnationales. </p>
<p>Les candidatures sont désormais ouvertes pour participer à la rencontre de lancement les 25 et 26 septembre à Londres !</p>
<p><a href="http://www.euroalter.com/fr/2010/transeuropa-network-3/">Pour en savoir plus</a> </p>


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		<title>TRANSEUROPA NETWORK</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 13:04:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Candidatures ouvertes pour le réseau TRANSEUROPA – un réseau d’activistes des quatre coins de l’Europe, qui travaillent ensemble à l’émergence de politiques, culture et société européennes véritablement transnationales.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/demo.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2056" title="demo" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/demo.jpg" alt="" width="560" height="320" /></a></p>
<p><strong>Nous sommes très heureux de présenter le réseau TRANSEUROPA – un réseau d’activistes des quatre coins de l’Europe, qui travaillent ensemble à l’émergence de politiques, culture et société européennes véritablement transnationales.  </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><span style="color: #ff0000;">Les candidatures sont désormais ouvertes pour participer à la rencontre de lancement les 25 et 26 septembre à Londres !</span></strong></p>
<div class="paris-box-with-photo"><strong>Comment Participer?</strong></div>
<p>Les activitès principaux du réseau seront des rencontres transnationales mensuels où les membres du réseau de chaque ville représentée pourront participer avec leur dépenses remboursées.<br />
Les membres du Réseau: </p>
<li>Préparent des articles, conçernant des thèmes clé sur la politique, qui seront publiés en ligne et dans le journal du réseau &#8216;Transeuropa&#8217;, distribué gratuitement dans plusieurs villes Européennes.
<li>Créent ensemble les idées fondatrices d&#8217;une campagne publique pour sensibiliser l&#8217;opinion publique autour de certaines propositions politiques specifiques.
<li>Organisent des événements locales pour promouvoir les idées du réseau.
<li>Participent à l&#8217;organisation du festival TRANSEUROPA.
<div class="paris-box-with-photo"><strong>Combien de temps dois-je dédier au réseau TRANSEUROPA?</strong></div>
<p>Pour adhérer au réseau TRANSEUROPA il séra nécessaire de participer entre le mois de Septembree 2010 et la fin du mois de Mai 2011. Une fois que vous aurez participé au réseau TRANSEUROPA et à la préparation du festival en Mai 2011, vous serez toujours membre du réseau et vous pourrez décider combiens de temps vous voudrez dédier à notre travail dans le futur.  </p>
<p></span></strong></p>
<div class="paris-box-with-photo"><strong>Pourquoi Participer?</strong></div>
<p>Le réseau TRANSEUROPA est surtout une plateforme pour tous ceux qui voudraient travailler ensemble à l’émergence de politiques, culture et société européennes véritablement transnationales. Le réseau réuni activistes, professeurs, étudiants et artistes provenant de tout l&#8217;Europe dans le but de developper une nouvelle politique transnationale.<br />
Vous bénéficierez de la diversité de ces individus et de leurs horizons différents et de la diversité des sujets traités. Vous aurez aussi l&#8217;opportunité de proposer vous-mêmes des nouveaux sujets pour la recherche et European Alternatives et le réseau TRANSEUROPA feront de leur mieux pour vous faciliter à gerer ses projets si  ils corresponds aux buts de l&#8217;organisation. Vous aurez aussi la possibilité de visiter d&#8217;autres villes en Europe qui   participent au festival avec vos frais de voyage remboursées.          </p>
<div class="paris-box-with-photo"><strong>TRANSEUROPA Festival</strong></div>
<p>Le festival TRANSEUROPA est un événement trans-Européen qui aura lieu simultanément dans plusieurs pays pendant le mois de Mai 2011. Le festival représent le point culminant du travail du réseau et le moment où les débats des mois précédents seront presentées au public. Le format du festival dans chaque ville participante est flexible et pourra être adapté aux différentes contextes des villes et aux capacités et ressources des groupes locales.   </p>
<div class="paris-box-with-photo"><strong>Quels sujets peut-on traiter?</strong></div>
<p>Nous avons une liste de sujets clés à traiter par le réseau TRANSUROPA pendant l&#8217;année, et nous voulons explorer comment ces sujets peuvent être mieux investiguées dans les differentes contextes politique et sociales qui existent en Europe. Nous vous invitons à proposer de nouveaux sujets et projets à explorer. Le nouveau réseau sociale TRANEUROPA (disponible prochainement) donnera la possibilité de proposer de nouveaux priorités au niveau des thèmes à traiter. </p>
<div class="cluj-box-with-photo"><strong>Sujets Clé</strong></div>
<p><em>Démocratie Transnationale</em><br />
Inclus: La démocratie dans l&#8217;UE et les états-nation, nouveaux méthodes de participation, le futur de la représentation politique en Europe.</p>
<p><em>Migration</em><br />
Inclus: Politique commun de migration et d&#8217;asile, centres de détention et camps, politique d&#8217;intégration, droits humains.</p>
<p><em>Ecologie et Biens Communs</em><br />
Inclus: politique d l&#8217;environnement, biens communs et l&#8217;accès aux services d&#8217;intéret général, modèles de production, jutice sociale et le changement climatique. </p>
<p><em>Médias Transnationales et Le Pluralisme des Médias</em><br />
Inclus: Liberté de la presse et pluralisme des médias, le domaine public transnationale et les médias Européens.</p>
<p><em>L&#8217;Egalité entre les Sexes </em><br />
Inclus: Législation national et UE sur: l&#8217;avortement, l&#8217;égalité des salaires etc. L&#8217;image de la femme et de l&#8217;homme.  </p>
<div class="paris-box-with-photo"><strong>Je suis convaincu que dois-je faire maintenant?</strong></div>
<p>Nous vous invitons a poser vôtre candidature pour participer au réseau et à la rencone de lancement les 25 et 26 Septembre 2010 à Londres! </p>
<p>Pour poser vôtre candidature envoyez-nous simplemnt un email à l&#8217;adresse suivante avec une vue d&#8217;ensemble de vos intérêts et des sujets qui vous intéressent le plus: network@euroalter.com.</p>


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		<title>Le programme de Septembre bientôt en ligne!</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2010/le-programme-de-septembre-bientot-en-ligne/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 07:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agenda @ fr]]></category>
		<category><![CDATA[Événements]]></category>

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		<title>Le développement synonyme de liberté ? L&#8217;accident de Bhopal</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2010/le-developpement-synonyme-de-liberte-retour-sur-le-cas-bhopal/</link>
		<comments>http://www.euroalter.com/fr/2010/le-developpement-synonyme-de-liberte-retour-sur-le-cas-bhopal/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 17:24:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Community @fr]]></category>
		<category><![CDATA[amartya sen]]></category>
		<category><![CDATA[bhopal]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[india]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, les mots liberté, démocratie et développement ne semble plus que des coquilles vides de sens. Trop souvent, nous parlons de bonne ou de mauvaise gouvernance en nous basant sur des concepts économiques plutôt que sur les droits de l’Homme.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/07/ruby-who-survived-the-disaste@-greenpeace2.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/07/ruby-who-survived-the-disaste@-greenpeace2.jpg" alt="" width="620" height="412" class="aligncenter size-full wp-image-13458" /></a><br />
(&laquo;&nbsp;Ruby a survecu au disastre&nbsp;&raquo;. Photo par <a href="http://www.greenpeace.org/international/en/multimedia/photos/ruby-who-survived-the-disaste/">Greenpeace International</a>.)</p>
<p>Par Valeria Venturini, traduction de Maïwenn Kernaleguen</p>
<p>Aujourd’hui, les mots liberté, démocratie et développement ne semblent plus que des coquilles vides de sens. Trop souvent, nous parlons de bonne ou de mauvaise <em>gouvernance</em> en nous basant sur des concepts économiques plutôt que sur les droits de l’Homme.</p>
<p><strong>Amartya Sen</strong>, qui a reçu le prix Nobel d’économie en 1998, écrit dans son livre <em>Development as Freedom</em> :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>« Le développement est un processus d’expansion des libertés réelles dont jouissent les individus dans la sphère sociale et privée. Par conséquent, il exige la suppression des principaux facteurs qui s’opposent aux libertés, tels que la faim, la misère, la tyrannie, l’intolérance, la répression, l’illettrisme, le manque d’accès aux soins, la protection de l’environnement et la liberté d’expression, des facteurs qui limitent la capacité des hommes et des femmes à agir et à construire la vie qu’ils souhaitent avoir. »</em></p></blockquote>
<p>Ces paroles ressemblent à un <em>vade-mecum</em> de la démocratie parfaite qui se trouve hélas relégué au second plan, bien après les critères économiques. Quand on regarde la croissance économique des « dragons asiatiques », peut-on vraiment parler d’exemples vertueux ? Ne faudrait-il pas encourager nos gouvernements à garantir les droits fondamentaux de leur population avant de parler véritablement de développement ?</p>
<p>Dans le cas de <strong>l’Inde</strong>, les écarts au niveau des salaires ou des droits sont toujours considérables, en dépit du fort développement de ces vingt dernières années.Peut-on qualifier de « dragon » un pays qui est encore structuré par un système de castes, bien que cela soit illégal ? Ou bien un pays dans lequel une grande partie de la population n’a pas accès aux soins ?</p>
<p>À ce sujet, en juin 2010, plusieurs médias sont revenus sur ce qui a constitué la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire, celle de <strong>Bhopal</strong>, qui a eu lieu en 1984. L’incident est survenu dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 : l’usine de pesticides Union Carbide India Limited (UCIL) a explosé, dégageant près de 40 tonnes d’isocyanate de méthyle dans l’atmosphère de la ville, telle une sorte de geyser toxique. Cette tragédie s’est produite parce que les managers ont décidé de couper le système de sécurité afin de faire des économies.</p>
<p>L’explosion a fait 754 victimes mais Amnesty International a dénombré à ce jour plus de 25 000 personnes décédées des suites de la catastrophe ; sans parler de la contamination qui se poursuit toujours et des déformations génétiques dont souffre la population de Bhopal, et plus particulièrement les nouvelles générations.</p>
<p>Le 7 juin 2010, huit employés indiens de l’usine ainsi que l’américain Warren Anderson, 81 ans et président de l’UCIL à l’époque des faits, ont été jugés coupables de la catastrophe. Dans la région où s’est produite l’explosion, nombreux sont les cas de maladies affectant les yeux, les poumons, le foie, le dos, ainsi que les problèmes gastro-intestinaux et génitaux et les atteintes du système nerveux et immunitaire. On note également chez les individus de nombreux cas de fatigue intense ou de dépression qui peuvent aller jusqu’au coma, voire la mort. Par ailleurs, le problème environnemental est toujours immense : en 2004, la BBC a affirmé que le site en question pullule toujours de matériaux toxiques et que le simple fait de nager dans l’un de ses lacs pendant une dizaine de minutes peut provoquer des malaises.</p>
<p>En expliquant que l’usine avait fait de son mieux pour aider les familles des victimes, les États-Unis ont défendu l’UCIL qui a effectivement donné près de 450 millions de dollars pour l’indemnisation des victimes ; mais en réalité, cette somme d’argent n’a pas été dépensée dans sa totalité pour les besoins de la population, créant ainsi le pire cas de corruption de l’histoire du pays. Seulement 50 millions de dollars ont été investis dans la construction d’un hôpital à environ 22 km de la zone la plus touchée, mais seules quelques familles ont eu les moyens de dépenser 300 roupies pour s’y rendre en pousse-pousse. </p>
<p>Peut-on vraiment parler de liberté et de développement ? Peut-être devrions-nous inventer de nouveaux mots, car il est devenu évident que les nôtres ne sont plus suffisants, ni crédibles.</p>


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		<title>Ulrich Beck : Pour une perspective cosmopolite</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 16:25:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview @fr]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[frontières]]></category>
		<category><![CDATA[identité europeenne]]></category>
		<category><![CDATA[transnationalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[In this interview Ulrich Beck claim the necessity for an inclusive, cosmopolitan outlook capable of breaking “with the seductive insularity of national consciousness”.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-full wp-image-11923" title="Invierno Porteño 100x150cm – oil on canvas 2009" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/05/invierno-porteno-morales.jpg" alt="Invierno Porteño 100x150cm – oil on canvas 2009" width="580" height="375" /><br />
<em>Invierno Porteño, par Ernesto Morales. Voir plus bas les informations sur les images.<br />
</em></p>
<p><strong>Par Giuliano Battiston</strong></p>
<p>Traduction de Maïwenn Kernaleguen</p>
<p><em>Dans cette interview, Ulrich Beck souligne la nécessité d’adopter une perspective exhaustive et cosmopolite qui nous permette de rompre avec « l’insularité séduisante d’une conscience nationale » et de reconnaître la productivité du principe paradoxal de l’ère post-nationale : le principe de l’autonomisation par le biais d’une auto-privation de pouvoir selon lequel « ce n’est pas la souveraineté nationale qui rend possible la coopération, mais la coopération qui rend possible la souveraineté nationale ».<br />
</em></p>
<p><strong>Giuliano Battiston</strong> : Pour commencer, j’aimerais que nous abordions le thème de la mondialisation : dans Qu’est-ce que le cosmopolitisme ? vous écrivez que ce mot est « le mot-clé le plus fréquemment utilisé – et mal utilisé – dans les débats de ces dernières années et de celles à venir, mais […] aussi l’un des plus rarement définis, des plus flous et mal compris, et enfin des plus efficaces sur le plan politique ». Que voulez-vous dire quand vous soutenez, dans Conversation avec Ulrich Beck, qu’on « devrait principalement concevoir la mondialisation comme une mondialisation de l’intérieur, une mondialisation internalisée » ? Pourquoi selon vous est-il important de s’opposer à l’amalgame qui est fait entre la période dépolitisante, quoique hautement politique, du mondialisme – son interprétation économique monodimensionnelle – et le caractère multidimensionnel de la mondialisation ?</p>
<p><strong>Ulrich Beck </strong>: Il y a quelques années encore, je parlais de mondialisation de l’intérieur ou de mondialisation internalisée, mais par la suite j’ai préféré utiliser le terme de cosmopolitisation (et non pas cosmopolitisme). Pour expliquer ce que j’entends par ce mot, prenons quelques exemples. Dans une ville allemande de classe moyenne de vingt mille habitants, les écoles accueillent des enfants d’une vingtaine de langues maternelles différentes. Bien que cela puisse paraître surprenant, c’est une chose qui arrive, cependant elle n’a pas été internalisée. Aujourd&#8217;hui encore, les gens pensent qu’il existe un système éducatif normal et que c’est de cela dont nous avons besoin : les instituteurs sont ainsi livrés à eux-mêmes et sont forcés de faire leur travail sans avoir été formés à cette nouvelle situation, alors qu’en politique, nous étudions, en Italie par exemple, la possibilité (certains diraient même la nécessité) d’exclure les étrangers. Mais tout cela n’est pas représentatif de la réalité ; la réalité, c’est qu’à l’intérieur, toutes les formes de mondialisation se produisent. Il en est de même si l’on observe les structures familiales, dans les pays européens mais également dans de nombreux pays non européens où les familles binationales sont en augmentation. À l’inverse, les familles asiatiques, par exemple, savent comment utiliser la mondialisation de l’intérieur comme une ressource afin d’organiser la vie familiale au-delà des frontières, en mettant en place des structures transnationalisées pour des réseaux familiaux. Jusqu’à présent, nous avons simplement considéré la famille comme une relation de face-à-face national, mais nous réalisons aujourd&#8217;hui qu’elle est en train de se cosmopolitiser de bien des façons. Vous pouvez considérer tous les autres problèmes, comme par exemple l’enseignement pédagogique, où est apparue une nouvelle division entre d’un côté ceux qui sont capables ou compétents et possèdent les moyen pour interagir au-delà des frontières, et de l’autre côté ceux qui n’ont pas ces ressources et se sentent menacés par la concurrence des autres pays. La première catégorie réagit « ouvertement » et la seconde réagit de façon nationaliste, mais toutes deux réagissent à ce que j’appellerais une cosmopolitisation du travail. Ce sont là des éléments de la mondialisation de l’intérieur. Jusqu’à présent, on réconfortait l’opinion nationale en excluant les autres nations, en pensant que c’était seulement à l’intérieur du contexte national que se trouvaient les choses importantes pour la politique. Mais cela ne fonctionne plus dans le contexte actuel : que vous le vouliez ou non, celui qui est exclu sur le plan national fait partie de notre propre condition de vie, professionnelle et familiale. C’est ce que j’entends par le mot cosmopolitisation. C’est pour cette raison que je ne parle pas seulement de la mondialisation de l’intérieur, mais de la cosmopolitisation qui signifie que l’autre est en nous. Quant à la dimension économique de la mondialisation, je pense que le terme mondialisation – tel qu’il est communément utilisé – ne donne pas vraiment de sens à la cause importante dans laquelle nous nous trouvons impliqués. C’est la condition humaine de la non-excluabilité ; cela signifie que l’on ne peut pas exclure l’autre qui est construit sur le plan national. C’est à ce problème-là que nous sommes confrontés sur le plan politique aussi bien que social, et il porte de nombreux sens très différents. L’un d’entre eux est ce que j’appelle aujourd&#8217;hui la mondialisation de l’étrangeté. Les gens sont soudain amenés à faire l’expérience de la vie dans un monde très étrange et à être confrontés à toutes sortes d’étrangetés. Ils ne reconnaissent plus la ville – peut-être même la rue – où ils vivent à cause de toutes les formes de mondialisation qui se développent dans ces régions ; les gens ont l’impression de ne pas avoir leur place dans ce nouveau contexte et se sentent menacés par cette nouvelle situation de non-excluabilité de l’autre-étranger. Il y a de plus une fonction éclaircissante, à mesure que les gens s’ouvrent et réalisent qu’ils doivent nécessairement faire avec les autres afin de trouver des solutions aux problèmes majeurs. Ces deux choses se produisent donc par une dynamique ambivalente.<br />
<img class="alignleft size-full wp-image-11924" title="vacas-migrantes-morales-small" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/05/vacas-migrantes-morales-small.jpg" alt="" width="212" height="300" /></p>
<div class="yellowish-vertical-box">
<h3>Le photographe</h3>
<p><strong>Ernesto Morales</strong><br />
Au cours des dix dernières années, Ernesto Morales, artiste argentin né en Uruguay il y a 34 ans, a bâti sa carrière professionnelle entre Buenos Aires et l’Europe. Ces dernières années, Ernesto a travaillé sur les thèmes de l’exile et de la distance, en se servant de vidéos et de peintures pour se livrer à une réflexion sur les liens et les déchirements qui unissent autant qu’ils divisent l’Argentine et l’Italie. L’exposition « Tiempo Migrantes », d’où proviennent ces images, s’est tenue du 22 mars au 10 avril dans la Galerie de l’Institut Italo-Latino-Américain (IILA) à Rome. Dans « Tiempo Migrantes », Morales réfléchit aux problèmes, aux résistances et aux changements imposés par les migrations, en s’intéressant tout particulièrement aux milliers d’Italiens qui sont partis chercher fortune en Argentine.<br />
<strong>above:</strong> <em>Invierno Porteño</em><br />
100&#215;150cm –oil on canvas 2009<br />
<strong>left:</strong> <em>Vacas migrantes</em><br />
120&#215;80cm –oil on canvas 2010</p>
</div>
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<p><strong>GB</strong> : Une des principales bases thématiques de votre recherche est le concept de « société mondiale du risque » : comme vous le dites dans World at Risk (« Un monde en danger »), selon certains universitaires, ce concept « encourage une sorte de nouveau-spenglerisme et constitue un frein à l’action politique ». Or vous affirmez que c’est précisément l’inverse, car « tout comme la société mondiale du risque, la société devient réflexive », et comme pour le concept de non-exclusion, « les conflits de risques ont effectivement une fonction éclaircissante ». Ils déstabilisent l’ordre établi mais peuvent aussi être considérés comme une étape vitale dans la construction de nouvelles institutions ». Pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous dites que « les risques mondiaux libèrent de façon inattendue un ‘moment cosmopolite’ historique sur le plan mondial » ?</p>
<p><strong>UB</strong> : Je crois que les risques globaux engendrent une réflexivité globale des risques, et que le fait de parler ou de méditer sur les risques à l’échelle mondiale revient au même processus. Par conséquent, le risque est une condition de base de la modernisation réflexive, car les institutions et les principes fondamentaux de la modernité sont soudain remis en question : qui aurait cru que les principes fondamentaux de l’économie de marché auraient pu être remis en question ? Pourtant, on l’a peut-être oublié, mais c’est ce qui s’est produit pendant un temps, et ce à cause de la réflexivité globale des risques. Je crois que c’est ce que la fonction éclaircissante du risque signifie : il y a un moment spécifique, il y a une heure, une occasion ; je ne sais pas combien de temps cela dure ; ça dépend de la façon dont le problème se présente et de toutes sortes de conditions, mais soudain les gens se mettent à bouger et les institutions qu’on croyait incapable de se remettre en question intègrent peu à peu le débat politique, de nouvelles formes de relation de pouvoir sont construites, etc. Puis les gens sans pouvoir sont soudain devenus puissants, dans une certaine mesure. Nous avons observé ce type de processus à Copenhague, où les pays les plus affectés par le changement climatique, qui n’ont pas l’opportunité de réagir et de répondre face à ce problème, ont soudain obtenu une voix, et pas seulement une voix. Grâce à ce processus de réflexivité, à Copenhague, pour la première fois, ces pays « sous-développés » ont eux-mêmes pris conscience de la situation : ils sont réellement en possession d’un élément de pouvoir, car tout le monde sait que s’ils n’étaient pas pris en considération, toute idée de consensus sur la stratégie future à adopter s’effondrerait et nous assisterions à une fragmentation du monde (ce à quoi nous assistons aujourd&#8217;hui dans une certaine mesure). C’est donc cela que je veux dire : les relations de pouvoir, les structures institutionnelles et l’inégalité sociale fondamentales font à présent partie de la réflexivité publique dans différents pays, de même que sur le plan mondial.</p>
<p><strong>GB </strong>: À propos de Copenhague : depuis votre premier livre, vous vous êtes intéressé aux crises écologiques . Dans Conversation avec Ulrich Beck, par exemple, vous affirmez que « la première modernité repose sur une distinction nette entre la société et la nature. La nature est considérée comme ‘l’extérieur’ de la société, une ressource infinie sur le plan fonctionnel ». Diriez-vous qu’à Copenhague, les activistes pour une justice climatique ont permis au monde de prendre conscience que nous devrions considérer « les problèmes de l’environnement dans le cadre du monde qui nous englobe (Umwelt), mais en tant que problèmes affectant le monde intérieur (Innenwelt) de la société » (World at Risk) ? Diriez-vous que ce que vous avez appelé « une démocratie écologique utopique », « qui ouvre nos yeux et nos institutions à l’immaturité de la première civilisation industrielle et aux dangers qu’elle se pose à elle-même » (Qu’est-ce que le cosmopolitisme ?) ressort finalement de tout cela ?</p>
<p><strong>UB </strong>: C’est mon opinion : si vous voyez l’environnement comme étant simplement l’environnement, vous ne passez pas seulement à côté de la question du mouvement environnemental, mais vous mettez en péril votre propre capacité politique à trouver une réponse. Ce n’est qu’en réalisant qu’il existe une alliance entre la nature et la société que vous pouvez apporter une réponse politique à cela ; c’est pourquoi je crois que même l’environnement, en tant que concept, induit la sociologie et la politique en erreur. Le fait de savoir si une démocratie écologique va ou non voir le jour constitue encore une question ouverte, bien sûr. J’aime vraiment l’idée du « Parlement des choses » dont parle Bruno Latour, cette idée selon laquelle toutes sortes de choses entrent en jeu dans les réseaux où nous sommes tous impliqués et qu’elles doivent avoir la possibilité de s’exprimer dans le domaine public. Il dirait probablement que le changement climatique est une façon d’articuler la voix des choses, des animaux et des gens au sein de cette alliance. C’est une idée intéressante, mais il y a eu jusqu’à présent peu de bases matérielles pour ce type de participation. En fait, c’est même l’inverse qui est en train de se produire. Les climatologues très engagés dans cette question climatique pensent que quelque chose doit être entrepris maintenant, avec urgence, ou sinon il n’y aura plus de réponse. Ainsi, aujourd&#8217;hui, ils remettent de plus en plus en question la démocratie, en expliquant que nous avons besoin d’une sorte de système politique technocratique. Je dois avouer que cette réaction technocratique me laisse assez sceptique. Depuis le début de ma réflexion, je sais que le danger et la perception du danger engendrent ce type de réponse technocratique. C’est pour cette raison que je pense qu’il est important de montrer comment la démocratie est une condition nécessaire si l’on veut trouver des solutions, même au changement climatique. Toutefois, cela n’est pas simple, car les visions technocratiques qui se développent aujourd&#8217;hui négligent le fait qu’elles ont besoin d’un consensus. Pourtant, sans la démocratie, il n’y aurait pas eu de prise de conscience vis-à-vis du problème environnemental ; ce dernier n’a pas vu le jour grâce aux scientifiques ou au gouvernement ; il a vu le jour parce que les mouvements civils de la société ont eu la possibilité d’élever publiquement leur voix. Il a vu le jour dans des conditions démocratiques. Il n’y a aucune solution sans consensus, et le consensus ne sera construit que par des institutions démocratiques.</p>
<p><strong>GB </strong>: Revenons-en à votre concept de cosmopolitisme. Dans Pouvoir et contre-pouvoir à l&#8217;ère de la mondialisation, vous introduisez une idée extrêmement intéressante, en disant que le concept des Lumières de cosmopolitisme, libéré de ses origines dans l’universalisme impérial, pourrait contribuer au « développement de la politique vers ce que nous pourrions appeler ‘l’État cosmopolite’ ». Avez-vous quelque chose à ajouter concernant votre idée d’un « modèle organisationnel d’une démocratie déterritorialisée » ?</p>
<p><strong>UB</strong> : Je pense que l’Union Européenne pourrait être un modèle, du moins dans une certaine mesure. Le fait est qu’il y a beaucoup de malentendus à propos de l’Union Européenne. Selon moi, à cause d’une « conception d’État-nation » de la modernité, même les sociologues ne comprennent pas, pour la plupart, de quoi ils parlent quand ils analysent l’Union Européenne. En effet, dans la perspective de l’État-nation, soit il ne peut exister qu’une seule grande nation (une nation européenne ou un État fédéral, ou encore un super-État), soit l’Europe ne peut pas exister et seuls le peuvent des États nationaux. Nous sommes donc dans une situation de soit/soit entre les États nationaux et la scène européenne. Je crois que c’est là le plus gros problème de l’auto-compréhension en Europe. Au même moment, il faut bien comprendre que la bureaucratie européenne, par exemple, qui véhicule largement une image négative de l’Europe, est en réalité très petite, plus petite que la bureaucratie de Berlin, de Londres ou de Paris, même si elles ne sont pas aussi bien organisées. Dans tous les cas, d’après le modèle de l’Union Européenne, les lois et les normes que les institutions européennes votent sont actuellement mises en œuvre par les États-nation : cette combinaison entre souveraineté nationale et coopération entre États-nation est différente du fonctionnement d’une grande nation. Cette coopération signifie qu’il n’y a pas de déclin de la souveraineté, mais un changement et une augmentation de la souveraineté au niveau national. Voici un exemple : vous vous souvenez peut-être du président polonais qui, il y a quelques années, était fortement opposé à l’Europe et faisait toutes sortes d’objections. Au vu de cette situation, on s’aperçoit qu’il est devenu membre de l’Union Européenne afin d’être puissant contre l’Union Européenne. Si la Pologne n’était pas membre de l’Union Européenne, personne ne ferait attention à ce que dit son président. Ainsi, seule l’Union Européenne confère à toutes sortes d’États, même les plus petits, une souveraineté mixte qui est encore plus forte qui s’ils ne faisaient pas partie de l’Union Européenne. Je pense que l’Union Européenne marche en direction d’une cosmopolitisation des États, ce qui signifie qu’il doit exister une coopération. Cela n’est pas simple – comme on peut le voir en Europe – car les gens méconnaissent leur propre identité nationale, leur propre souveraineté nationale. C’est aujourd&#8217;hui le cas de la Grèce : la Grèce fait-elle partie de l’Allemagne ? L’Allemagne fait-elle partie de la Grèce ? Personne ne le croit mais c’est pourtant le cas car toutes deux font partie de l’Europe ; il n’y a pas de Grèce et d’Allemagne en tant que pays différents, il y a une Grèce européanisée et une Allemagne européanisée. C’est pour cette raison que ce qui se produit en Grèce est très important pour l’Allemagne et pour tous les autres pays européens. L’Union Européenne est une architecture politique qui se dirige vers une cosmopolitisation des États, et ce processus est complexe car les États nationaux ne disparaissent pas, mais doivent apprendre à s’allier et à interagir les uns avec les autres.</p>
<p><strong>GB</strong> : Malgré la cosmopolitisation des États, la plupart des universitaires – sans parler des politiciens – ont toujours tendance à adopter ce que vous appelez un « nationalisme méthodologique », en insistant sur le fait que le méta-jeu de la politique mondiale est et sera toujours un jeu national. Vous écrivez que ce nationalisme fonctionne comme un « bloc mental non reconnu » grâce auquel « de nombreux écrivains voient dans l’ère de la mondialisation la fin de l’État national et, par conséquent, de la démocratie ». À l’inverse, vous affirmez que « les notions de statut d’État et de souveraineté d’État ne sont pas devenues obsolètes », mais doivent être « redéfinies et étendues à une perspective cosmopolite » (Cosmopolitan Vision). Que voulez-vous dire quand vous déclarez que pour éviter de tomber dans le piège national, il est nécessaire de faire une distinction entre « l’autonomie et la souveraineté » ?</p>
<p><strong>UB</strong> : Cette distinction est vraiment cruciale, car vous pouvez perdre de l’autonomie, par exemple en faisant partie de l’Union Européenne ou en étant dépendant du Fonds Monétaire International ; mais en même temps, dans des conditions spécifiques, en perdant votre autonomie, vous pouvez augmenter votre souveraineté. Vous pouvez par exemple résoudre les problèmes de migration au niveau transnational, ou les problèmes liés aux réseaux criminels transnationaux et cosmopolites qui savent comment exploiter les différences existant au sein des systèmes légaux, comme le font les entreprises transnationales, et qui utilisent ces différences pour augmenter la puissance de leur structure criminelle. Ainsi, en alliant la souveraineté à la coopération entre les différents États, vous pouvez apporter des solutions à ces problèmes, tandis qu’au niveau national, nous soulevons toutes sortes de débats qui ne résolvent aucun problème. C’est pourquoi quelles que soient les personnes élues, au bout d’un ou deux ans, nous finissons par nous rendre compte qu’elles ne sont pas vraiment aptes à résoudre les problèmes. Les diverses contradictions apparaissent au niveau national parce qu’à ce niveau, vous ne disposez plus des ressources adéquates. En ce sens, l’idée de souveraineté devient fictive. Ce n’est plus une véritable pratique politique, mais juste une idée dans l’esprit des gens. Par conséquent, une nouvelle alliance et une nouvelle coopération sont nécessaires. Encore une fois, une des questions fondamentales est le changement climatique, mais vous pouvez choisir celle que vous préférez. Par exemple, tout le monde débat de la crise actuelle de l’Euro et il n’est pas difficile de prédire que si nous nous en tenons à la perspective nationale, alors nous allons pour la première fois assister à une véritable crise de l’Euro, car il n’existe aucune réponse européenne au système financier européanisé. Là encore, les nations semblent donc être souveraines mais elles ne sont pas capables de maîtriser ces problèmes qui font partie intégrante d’un système politique plus articulé, et c’est toujours la même chose. Dans des conditions spécifiques, la perte d’autonomie peut signifier la mise en commun des souverainetés, et cette mise en commun produit à son tour une augmentation de la souveraineté en la portant à un niveau où il devient possible de résoudre tous ces problèmes qui ne sont plus nationaux. En d’autres termes, c’est le principe paradoxal dont je parle dans World at Risk : ce n’est pas la souveraineté nationale qui rend possible la coopération, c’est la coopération transnationale qui rend possible la souveraineté nationale.</p>


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		<title>Nous sommes tous Roms</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 15:55:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[frontières]]></category>
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		<description><![CDATA[L’actualité française de ces dernières semaines témoigne d'une inquiétante discrimination envers les Roms. Ce racisme injustifié nous concerne tous. Lorsque la citoyenneté européenne est menacée, nous sommes tous Roms.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Traduction de Maïwenn Kernaleguen<br />
</em><br />
« Ils tractent leurs caravanes avec des Mercedes et prétendent qu’ils n’ont pas de revenus ! » C’est avec ces mots que Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur français, a annoncé le démantèlement de 300 « camps et squats illégaux » de gens du voyage et de Roms dans un délais de trois mois. Ces habitants, « dont la plupart viennent de Roumanie et de Bulgarie », feront l’objet d’une enquête et ceux qui ont commis des délits seront expulsés vers leur pays d’origine. Au même moment, Hortefeux et d’autres ministres ont déploré l’absence d’une politique d’intégration des Roms en Roumanie et ont mis en doute l’acceptabilité de l’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen – prévue en mars 2010 en même temps que la Bulgarie – tant que ce problème persistera. En dehors des erreurs factuelles présentes dans la rhétorique du gouvernement français – en réalité, 97 % de la communauté des gens du voyage en France, qu’ils soient ou non des Roms, sont des citoyens français – et de la stigmatisation des groupes fortement discriminés orchestrée par des populistes cyniques, la logique consistant à dénoncer la mauvaise intégration des Roms dans ce même pays vers lequel on les expulse semble particulièrement douteuse, dans la mesure où ces individus ont le droit de circuler librement partout en Europe.</p>
<p>Les Roms sont des citoyens européens au même titre que tous les autres citoyens européens. Ils ont donc le droit de vivre au sein de l’Union européenne sans être discriminés. C’est faire preuve d’un total manque de respect envers la citoyenneté européenne que de renvoyer les Roms dans un pays où ils ont de tout temps souffert de la discrimination, tout en s’offusquant de la discrimination pratiquée dans ce pays. Il est regrettable que la Commission européenne n’ait pas été en mesure de le dire en réponse aux déclarations faites en France.</p>
<p>Le problème des Roms ne se limite évidemment pas à la France. En Hongrie, en République tchèque et en Slovaquie, les manifestations anti-Roms et les attaques contre les Roms organisées par des groupes incitant à la haine se sont multipliées dans les villes. En Allemagne, 12000 Roms vont être expulsés vers le Kosovo dans les prochaines années, parmi lesquels près de la moitié sont des enfants qui ne parlent ni serbe ni albanais et qui sont venus en Allemagne pour fuir les violences ethniques de 1992. Ce mois-ci, une vingtaine de membres de la communauté Rom ont été arrêtés à Copenhague et expulsés pour avoir commis des vols, sans qu’aucun procès ni condamnation n’aient eu lieu. En Italie, le sentiment anti-Rom est moins présent aujourd&#8217;hui dans la politique et les médias, comparé à la situation il y a quelques années lorsqu’on assistait à des expulsions de masse, des incendies de camps et à la création de groupes d’autodéfense par les citoyens. Cependant, la discrimination anti-Rom y est toujours aussi fréquente qu’avant.</p>
<p>Bien que les plaintes concernant les problèmes de délinquance au sein des communautés Rom et des gens du voyage soient en partie fondées, il faut savoir que ces communautés ont subi une discrimination profondément ancrée dans toute l’Europe, pendant presque toute l’histoire de l’Europe. Ceux qui se plaignent du niveau élevé de criminalité au sein de ces groupes sont des hypocrites dans la mesure où ils nourrissent eux-mêmes cette discrimination. Si la France souhaite s’attaquer au problème des Roms, elle pourrait commencer par mettre à la disposition des gens du voyage un nombre suffisant d’emplacements légaux sur lesquels ils puissent s’installer. Une loi votée en France en juillet 2000 impose à toutes les communes de plus de 5000 habitants de mettre en place des emplacements à l’attention des gens du voyage, mais 10 ans plus tard, seulement la moitié de ces emplacements ont été pourvus, et bien souvent dans des lieux de vie inacceptables (à proximité des décharges publiques, entre les voies rapides, etc).</p>
<p>En fin de compte, des actions doivent être entreprises au niveau européen pour défendre les minorités qui ont toujours été discriminées contre les États-nation. Les Roms sont les premiers à faire l’expérience des préjugés dont tout citoyen européen pourrait un jour faire l’objet : car le mode de vie itinérant est un mode de vie qui fait partie intégrante de la citoyenneté européenne, un mode de vie de libre circulation. L’amalgame entre l’appartenance ethnique du mode de vie itinérant et la criminalité est scandaleux ; c’est une vision cauchemardesque sortie du passé de l’Europe et qu’il nous faut chasser à tout prix. Si, dans l’Europe contemporaine, nous laissons libre cours à cette forme de criminalisation d’un peuple sur la base de son appartenance ethnique, de son mode de vie ou de tout autre caractéristique, cela signifie que nous n’avons tiré aucune leçon de notre passé sanglant et, dans ce cas, la construction européenne n’est pas le modèle de tolérance et de dialogue interculturel qu’elle prétend être, mais plutôt une façade derrière laquelle nos préjugés peuvent se cacher. Si les institutions européennes ne veulent pas ou ne sont pas capables d’agir contre la discrimination sur cette base, c’est alors aux peuples d’Europe qu’il revient de comprendre la signification de leur citoyenneté commune et d’agir pour la défendre.</p>


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		<title>Il est temps de généraliser les libertés, et non les déficits</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 07:17:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[L'intérêt croissant que certaines formes de gouvernance économique représente au sein des institutions européennes devrait etre remplacé par l'idée d'un véritable partage des libertés en termes d'acquis sociaux.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/06/civilrights.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-12926" title="civilrights" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/06/civilrights.jpg" alt="" width="550" height="333" /></a><br />
<em>Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/quinnanya/4447447582/">Quinn Anya / Flickr</a></em></p>
<p>Traduction Aubéline Brandamir</p>
<p>L&#8217;intérêt croissant que certaines formes de gouvernance économique représente au sein des institutions européenne est une question fréquemment  débattue au Conseil européen, sous la présidence de Van Rompuy. Les propositions soulèvent encore de nombreux problèmes, sans compter que le fait de résumer les stratégies de l’économie politique européenne à une simple logique intergouvernementale implique que les citoyens n’en auront plus le contrôle. Les législateurs utiliseront certainement l&#8217;image d&#8217;un lointain &laquo;&nbsp;consensus européen&nbsp;&raquo; afin de contourner l&#8217;opposition nationale. Rayés du débat public, les choix économiques clés pour l’Europe du futur deviennent de simples instruments de gouvernance, écartés du conflit politique et du contrôle démocratique. Une autre solution serait d’avoir un gouvernement économique européen vraiment transnational  ayant pour base le Parlement européen et un processus législatif qui engage les forces sociales et politiques et leur permette d’exercer un certain contrôle.</p>
<p>Mais aujourd’hui, nous voulons attirer l’attention sur la nécessité, pour les institutions européennes, de généraliser les libertés plus que les déficits. Ainsi, elles mettraient en avant un vrai concept de citoyenneté et d’émancipation sociale et donneraient à toute l’Europe la possibilité de partager les avancées de chaque pays en termes de droits civiques.</p>
<p>La question des immigrants, en particulier la façon dont ils sont traités, est une urgence permanente. On se souvient des expulsions en mer pratiquées par l’Italie, qui n’accorde pas l’asile politique (un droit pourtant accordé par l’Union européenne et les Nations unies). On peut aussi évoquer le scandale de la « délocalisation » hors-Europe des centres de détention d’immigrés, auxquels les observateurs internationaux n’ont souvent pas accès. Rappelons aussi les difficultés administratives croissantes que rencontrent les personnes qui veulent commencer une nouvelle vie en Europe.</p>
<p>Sur un autre sujet, le système d&#8217;information de trois pays européens est décrit comme étant « partiellement libre » par la Freedom House. Le cas particulier de l&#8217;Italie, dont le Premier ministre contrôle la grande majorité des émissions de télévision, n’est pourtant un secret pour personne. On pourrait ainsi dresser une liste de doléances pour de nombreux pays européens. Mais au final, il est indispensable de s&#8217;assurer, au niveau européen, que chaque État respecte la liberté et l&#8217;indépendance des médias comme une condition préalable à une démocratie accomplie, en sanctionnant les violations de la liberté d&#8217;information dès quelles ont lieu&#8230;</p>
<p>De plus, dans différents pays européens, la situation de nombreux couples homosexuels est extrêmement précaire : aucune protection légale et des débordements homophobes en constante augmentation, <a href="http://www.euroalter.com/2010/an-even-closer-civil-union/"> comme nous l&#8217;a récemment expliqué Alessandro Valera.</a> Le moment est venu d&#8217;étendre à toute l&#8217;Europe les acquis des pays socialement plus avancés et de réaffirmer qu&#8217;il n&#8217;existe pas de bons ou de mauvais citoyens autorisés ou non à fonder une famille.</p>
<p>En réalité, la liste est bien plus longue. C&#8217;est pourtant bien sur ces questions que les institutions européennes devraient se focaliser et ainsi accepter la possibilité de sanctionner directement les États qui violent les droits de l’homme, droits dont l&#8217;Union européenne se veut le fer de lance dans le monde mais qu&#8217;elle devrait d’abord commencer par imposer chez elle.</p>


<p>No related posts.</p>]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Médias et pouvoir en Argentine : Chiesa rencontre Mariotto</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2010/medias-et-pouvoir-en-argentine-entretien-avec-juan-gabriel-mariotto/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 20:32:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Interview @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Pluralisme des Médias Événements]]></category>
		<category><![CDATA[Pluralisme des medias]]></category>
		<category><![CDATA[Pluralisme des médias]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[liberté des médias]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans cet entretien exclusif, Juan Gabriel Mariotto, le Ministre argentin des communications, nous explique les enjeux de la nouvelle loi sur l’audiovisuel en Argentine.



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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/celesterc/1102683399/"><img class="alignright size-full wp-image-11329" title="resistencia-tv" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/04/resistencia-tv.jpg" alt="" width="580" height="384" /></a> (Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/celesterc/1102683399/" target="_blank">Celeste/Flickr</a>) </p>
<p><em>Traduction de Maïwenn Kernaleguen</em></p>
<p>Dans cet entretien exclusif, le journaliste italien, <strong>Giulietto Chiesa</strong> interviewe <strong>Juan Gabriel Mariotto</strong>, le Ministre argentin des communications, à propos de la nouvelle loi sur l’audiovisuel de l’Argentine.</p>
<p><strong>Le statut du journalisme, en tant que « quatrième pouvoir », est désormais assujetti dans le monde entier par de grandes entreprises ou par des gouvernements et des régimes qui contrôlent son contenu. Quelle est la situation dans votre pays ? Comment et pourquoi avez-vous eu l’idée d’une nouvelle « loi sur les services de communication audiovisuels » ?</strong></p>
<p>La loi 22285, abrogée en octobre dernier, avait été promulguée par la dictature argentine. Les clauses qu’elle contenait avaient été rédigées d’après la doctrine de la sécurité nationale de la Junte qui était un programme de terrorisme d’État. C’est cette même doctrine qui a conduit à une vision coercitive de la liberté d’expression et à l’autorisation de la censure, permettant ainsi à l’État de jouer un rôle subsidiaire en excluant toutes les voix autres que celles du commerce. Dans les années 1990, de plus amples changements ont été réalisés afin d’insister sur les aspects néolibéraux qui existaient déjà dans les normes audiovisuelles. Ces changements ont favorisé la concentration des systèmes multimédias, ils ont centralisé la production au sein de ces systèmes et ont permis une augmentation exponentielle de la concentration des médias, tandis que le système était de plus en plus sous gestion étrangère.</p>
<p>Laissez-moi vous donner quelques chiffres. Durant le trimestre juin- août 2009, 67 % du matériel diffusé dans les provinces n’était que des copies de ce qui était diffusé dans la capitale. Dans ce pourcentage, 84 % venait des deux principaux groupes de médias : la chaîne 11 (le groupe Telefonica) et la chaîne 13 (le groupe Clarin). Depuis 1983, tous les gouvernements élus par vote populaire ont promis de promulguer  des lois en accord avec les principes démocratiques. Il était temps de commencer à bâtir sur cette promesse. La compréhension selon laquelle le droit de communication est un droit humain fondamental nous a contraints à créer une législation qui rendrait cela possible. Le principe à la base de tout cela était que la liberté d’expression s’applique à tout le monde et pas seulement aux journalistes ou aux entreprises de médias. Il était essentiel que les nouvelles générations posent une limite à la concentration de propriété médiatique et qu’elles permettent en même temps à d’autres fournisseurs de services d’information et de communication de se faire une place dans le marché. L’idée, pour répondre à l’une de vos questions, venait d’un désir de voir apparaître un véritable pluralisme dans les communications, en se détachant du passé et en suivant le principe selon lequel les mots prononcés à l’écran – de même que les idées, qu’elles soient verbalisées ou non – devraient reprendre les opinions exprimées par autant d’individus que possible. [...]</p>
<p><strong>Bien que cette nouvelle loi ait été adoptée avec une écrasante majorité dans les deux chambres du Parlement argentin, elle a rencontré une forte opposition de la part des principaux groupes des médias nationaux, qui accusent la Présidente Cristina Kirchner de vouloir contrôler les réseaux d’information. Que répondez-vous à cette accusation ?</strong></p>
<p>Je pense que cette accusation est complètement infondée et qu’elle a été émise par ceux-là mêmes qui agissent pour leur propre intérêt. L’indiscutable vérité est que si la Présidente avait vraiment voulu contrôler les médias, la meilleure façon aurait précisément été de ne rien faire du tout et de conserver l’ancienne législation. De cette façon, le contrôle des médias serait resté sous le pouvoir direct de l’exécutif et la Présidente n’aurait eu aucune obligation de prendre des décisions collectivement, ni même d’en informer le Parlement. Selon les législations précédentes, les transmissions pouvaient être interrompues si les intérêts gouvernementaux étaient mis en cause, en invoquant des raisons « d’ordre public ». […] Le fait que les organismes sans but lucratif qui recevaient des licences de diffusion étaient financés par le gouvernement et travaillaient dans son intérêt montre bien le mépris dont ont fait preuve les milieux politiques et culturels envers toute forme d’organisation populaire. </p>
<p><strong>Qu’entendez-vous par « espace public », une expression à laquelle vous faites référence dans la nouvelle loi ? Y a-t-il un véritable besoin de cet espace public ? Ne suffit-il pas pour les réseaux médiatiques et les journaux privés que le pluralisme soit garanti ?</strong></p>
<p>Actuellement, une large portion de cet « espace public » est constituée par divers moyens de communication, qui sont les acteurs principaux de cet espace. Ils sont à l’origine des débats et des interrogations, mais ils ont aussi la capacité de les faire taire. Ce sont eux qui construisent le sentiment public et il est difficile de se positionner en dehors des limites qu’ils ont créées. Nous ne soutenons pas l’opinion des déterministes acharnés qui prétendent que les médias nous forcent à penser d’une certaine façon, mais nous sommes convaincus qu’ils ont effectivement la capacité d’orienter l’opinion publique en fonction de leurs intérêts. Le pluralisme que nous souhaitions introduire avec la nouvelle loi limite le pouvoir des grandes entreprises qui opèrent dans de nombreux médias différents avec une stratégie commerciale universelle qui étouffe la concurrence. C’est le cas de Clarin, le plus important groupe médiatique du pays, qui possède 191 licences pour la télévision par câble (12 pour la télévision nationale par câble, 35 pour la télévision par câble SA, 59 pour les multicanaux, 35 pour la télévision numérique par câble). Il faut ajouter à cela la part de 20 % qu’ils possèdent dans Supercanal. Au total, cela représente 60 % du marché argentin du câble, dans un pays où le câble représente 60 % du marché total de la télévision.</p>
<p>Il faut par ailleurs prendre en considération les autres activités commerciales du groupe [...] puisqu’il contrôle une part considérable des médias ainsi que d’autres branches, dans l’industrie de la culture et dans différents domaines commerciaux. Le pluralisme des médias est encouragé par l’existence de différents types de fournisseurs de services d’information. Avec cet objectif en tête, la loi 26522, récemment adoptée, reconnaît trois types de fournisseurs de services : les fournisseurs publics (nationaux, régionaux, municipaux, universités publiques nationales, instituts universitaires publics, Église catholique, population autochtone) ; les sociétés privées (secteur commercial) ; les organismes sans but lucratif (syndicats, coopératives, associations caritatives, fondations, etc.). Pour ce dernier groupe, et je tiens à insister sur l’importance de cette nouvelle norme, ce sont 33 % du marché total qui ont été réservés. Au même moment, en limitant la multiplication des licences, nous sommes capables d’accueillir de nouveaux opérateurs sur le marché.</p>
<p><strong>Cette nouvelle loi semble placer l’Autorité Fédérale des Services de Communication Audiovisuelle entre les mains de la branche exécutive du gouvernement. N’y a-t-il pas un risque que le « public » se transforme en « gouvernemental » et que les citoyens soient éjectés de la poêle de la domination absolue du secteur privé et de la publicité pour se retrouver dans le feu du gouvernement actuel ? Cette question est posée d&#8217;après une perspective italienne, où le monopole des médias privés a doublé en taille depuis que le seul monopole privé a pris le contrôle de l’espace public d’information.</strong></p>
<p>[…] La loi 26522 établit que l’Autorité Fédérale des Services de Communication Audiovisuelle serait gouvernée par un conseil constitué d’un président et de six directeurs. Seuls le président et l’un des directeurs seraient choisis par le gouvernement. Par ailleurs, un parlement bicaméral serait formé (constitué de 8 députés et de 8 sénateurs), dont l’une des tâches serait de désigner 3 directeurs : un dans le parti ayant la majorité parlementaire ou dans le parti de l’opposition, un autre dans le deuxième parti majoritaire et enfin un troisième dans le troisième parti. Les deux autres directeurs seront élus par le Conseil Fédéral de Communication Audiovisuelle, avec la clause que l’un d’entre eux soit un représentant du milieu universitaire. En outre, la composition de ce conseil resterait indépendante des élections présidentielles puisqu’il serait formé deux ans après le début du mandat et resterait en place pour quatre ans. Une autre série de contrôles a également été mise en place, en particulier le Conseil fédéral susmentionné, dont les membres comptent des représentants des provinces aussi bien que de la ville autonome de Buenos Aires, du monde des affaires, des organisations caritatives, des syndicats, des universités et enfin de la population autochtone. […]</p>
<p><strong>Il existe une relation entre la démocratie en termes de communication et d’information et la démocratie en soi, dans la mesure où cette dernière ne peut pas exister sans la première. Comment la nouvelle loi fait-elle face à ce problème ?</strong></p>
<p>Cette lutte […] a débuté il y a 26 ans, en 1983, lorsque notre pays a rejeté la dictature. Nous pensons qu’il est impossible d’instaurer une vraie démocratie sans une véritable démocratisation de la communication et surtout des moyens électroniques de communication, qui sont aujourd&#8217;hui utilisés par la majeure partie de la population. Dans la société actuelle, les médias occupent une place de premier plan dans les intérêts publics et dans le développement des opinions individuelles et sociales. En l’absence de pluralisme et de diversité dans ces domaines, nous sommes condamnés à écouter une voix unique, multipliée à l’infini, diffusée par toutes les plateformes et les formats médiatiques. Nous croyons qu’un accès plus équitable à la liberté de parole est étroitement lié à la construction d’un modèle pour un pays plus juste et plus uni. […]</p>
<p><strong>L’opinion publique ne considère pas le droit à l’information comme un droit humain fondamental. Pensez-vous qu’il le soit ?<br />
</strong><br />
La notion d’opinion publique est une construction artificielle et puissante qui est largement utilisée par les médias de masse. Cependant, on peut aujourd&#8217;hui observer l’apparition d’un mouvement lent au sein duquel, à chaque instant, divers secteurs prennent conscience de l’importance de l’information et de la nécessité d’agir pour défendre leur droit à l’information. Cela n’est en rien une coïncidence quand on voit que parmi les voix qui se sont élevées pour défendre la nouvelle loi se trouvent celles des organisations qui défendent les droits de l’Homme, comme le CELS (Centre d’études légales et sociales) ou encore les et les Grand-mères et les Mères de la Place de Mai. De la même manière, le fait que Frank La Rue, le rapporteur spécial des Nations unies pour la liberté d&#8217;opinion et d&#8217;expression, ait apporté son soutien à la loi, n’est pas un hasard. L’article 2 de la loi 26522 stipule que « l’activité des services de communication audiovisuelle est une activité d’intérêt public dont la caractéristique fondamentale est le développement socioculturel de la population à travers lequel se réalisent les droits inaliénables de l’Homme à l’expression, la réception, la diffusion et la recherche d’information, d’idées et d’opinions. » Cette loi a été conçue en accord avec les normes internationales des droits de l’Homme et dans le but de passer outre les limitations sur le droit à l’information qui résultent de la structure concentrée des systèmes des médias actuels et de l’inadéquation des limites du contrôle de l’État. Dans le système que nous venons d’abandonner, les différentes sphères de la société ne pouvaient pas partager librement leurs opinions et, au même moment, le reste de la population était incapable d’accéder à l’information fournie par les groupes minoritaires. </p>
<p>Cette loi est basée sur le droit à la liberté d’expression et sur les outils internationaux des droits de l’Homme. Cela rend explicite la référence aux déclarations sur la liberté d’expression faites par les Nations unies et l’Organisation des États américains. En gardant cela à l’esprit et pour répondre aux revendications émises par les groupes qui défendent les intérêts des médias concentrés et pensent que la meilleure façon de protéger la liberté d’expression est de ne pas réguler le secteur puisque cela revient à « bâillonner les médias », on peut dire que selon la loi internationale sur les droits de l’Homme, le droit à la liberté d’expression n’est pas absolu et autorise des restrictions et des régulations. Pour aller plus loin, la Commission Interaméricaine des droits de l&#8217;Homme stipule que « les activités de l’industrie de la communication non seulement peuvent, mais doivent être régulées par l’État. De toute évidence, il faudrait que cette régulation soit uniforme et qu’elle soit protégée par les normes du droit à la liberté d’expression. »</p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous inséré une clause de défense de la production nationale dans cette loi ? Était-ce nécessaire ?<br />
</strong><br />
Oui, absolument. Les moyens de communication devraient être conçus comme des  organisations à part entière qui fournissent un produit dont la valeur est à la fois matérielle et symbolique et qui en même temps agissent au niveau politique et économique. Il en découle que la production audiovisuelle, dans son sens symbolique, est directement liée à la constitution culturelle d’un peuple. Il est de la responsabilité de l’État de promouvoir la production et la diffusion de sa propre culture. Ceci est en accord avec la convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité culturelle (2005). […]</p>
<p><strong>Dans la société moderne, la télévision n’est pas seulement le plus puissant de tous les moyens de communication, mais également le plus puissant outil d’éducation (ou de barbarisation) pour la population. Une chose est sûre : la télévision a plus d’importance que l’éducation scolaire, voire même souvent que l’éducation familiale. Cette nouvelle loi propose-t-elle des antidotes à la décadence de la publicité et à la barbarie culturelle ? […]<br />
</strong><br />
Par principe, la loi ne formule aucune exigence de qualité. La « télé poubelle » ne cessera pas d’exister. La loi laisse cependant la place à de nouveaux fournisseurs de services qui peuvent avoir une approche différente de la communication et des divertissements, tout en renforçant  les moyens publics de communication. Par ailleurs, un Conseil de la communication audiovisuelle pour l’enfance vient d’être mis en place, dont les fonctions incluront l’élaboration de propositions en vue de l’amélioration de la qualité de la programmation destinée aux très jeunes enfants, aux enfants et aux adolescents. Cette initiative est menée par l’État. Au même moment, tout le contenu, aussi bien la publicité que la programmation, sera soumis aux exigences de la nouvelle loi : ce contenu ne devra pas inciter à la discrimination sur la base de la race, de la couleur, du sexe, de la langue, de la religion, de l’opinion politique, de la classe sociale et de tout ce qui peut porter atteinte à la dignité de l’Homme, à l’environnement, à la santé ou au bien-être des enfants. […] La qualité est un objectif qui ne peut pas être imposé par la loi, mais cette dernière peut toutefois la promouvoir et l’encourager.</p>
<p><strong>Cette lutte engagée contre les médias et au sein des médias a poussé l’Argentine de Cristina Kirchner sur le devant de la scène. Cette Argentine est-elle plus avancée que le Venezuela de Chavez ? Plus en retard ? Ou bien située sur un plan différent ?<br />
</strong><br />
L’équipe d’experts qui a préparé la loi 26522 a fait usage d’une législation comparable et cela ressort clairement à l’examen du texte. On y trouve des éléments des lois américaines, canadiennes et de certains pays européens, mais aussi de la République du Venezuela. Cela pourrait donner l’impression que nous suivons la même direction que le Venezuela dans l’avancée contre la perspective libérale conservatrice du système médiatique. Toutefois, comme l’ont révélé les émissaires des Nations unies pour la liberté d’expression, ces nouvelles régulations placent l’Argentine à l’avant-garde de ce processus. De façon similaire, on pourrait dire qu’en concédant 33 % de l’espace de radio et télédiffusion au secteur sans but lucratif, mon pays s’est positionné comme un guide dans l’interprétation des communications comme un bénéfice social et du droit à l’information comme un droit humain fondamental. Sur ce point, il est intéressant de rappeler les propos d’Andres Izarra, le directeur de TeleSUR, la chaîne de télévision généraliste pan-latino-américaine diffusée par satellite, dans une interview publiée dans le journal de gauche Pagina 12, le 16 novembre dernier : « la législation argentine est plus avancée que celle du Venezuela : un tiers de l’espace de diffusion y a été réservé aux organismes communautaires et aux ONG. Cela signifie que la loi autorise les médias alternatifs à accéder à l’espace de communication. Je pense que c’est une avancée très positive pour l’Argentine dans la mesure où cela montre que le pays change avec le temps. L’espace de communication n’est plus réservé aux oligarques ou aux entreprises privées, il est en train de se démocratiser. C’est un point que nos deux processus ont en commun. De nouveaux joueurs émergent, qui n’auraient jamais pensé entrer dans le monde des communications auparavant. » […]</p>
<p><em>Juan Gabriel Mariotto (né à Lomas de Zamora, dans la province de Buenos Aires, en 1964) est professeur d’université et préside aujourd&#8217;hui le Comité Fédéral de Radiodiffusion (COMFER).<br />
</em></p>


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		<title>Franziska Brantner: un service européen pour l&#8217;action extérieure</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2010/un-service-europeen-pour-laction-exterieure-entretien-avec-franziska-brantner/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 19:25:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Interview @fr]]></category>
		<category><![CDATA[affaires étrangères]]></category>
		<category><![CDATA[développement social]]></category>
		<category><![CDATA[politiques européennes]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que le Parlement européen approuve la loi sur le service européen pour l'action extérieure (SEAE), l’eurodéputée Franziska Brantner nous livre d'importantes réflexions sur les progrès apportees par les négociations qui ont conduit au projet de loi.</em>


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/europarl.jpg" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-12411" title="european parliament" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/europarl.jpg" alt="" width="580" height="385" /></a><br />
(Photo: <a> European Parliament/ Flickr</a>)</p>
<div class="author-box">
<p><img class="alignleft size-full wp-image-12377" title="rosi-braidotti" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/07/franziska_brantner_i.jpg" alt="" width="189" height="176" /></p>
<p><em>Franziska Brantner est députée européenne du groupe des Verts/ALE et membre de la commission des affaires étrangères et de la délégation des relations avec Israël. Elle a représenté le groupe des Verts/ALE durant les négociations pour le projet de loi sur le service européen pour l&#8217;action extérieure. Elle est également membre de la fondation Heinrich Böll. </em></p>
</div>
<p>Traduction de Maïwenn Kernaleguen<br />
<em>Le 8 juillet dernier, le Parlement européen a approuvé un texte portant sur la formation du service européen pour l&#8217;action extérieure (SEAE), un nouveau service civil pour les affaires étrangères de l’Union Européenne, prévu par le traité de Lisbonne. Quelques jours auparavant, European Alternatives a eu un entretien avec l’eurodéputée Franziska Brantner, qui a participé, pour le groupe des Verts/ALE, aux négociations sur ce texte qui se sont déroulées au Parlement européen. Nous lui avons demandé quelles avaient été les priorités durant ces négociations et quels progrès avaient été réalisés, mais aussi de quelle façon il était possible d’améliorer la légitimité démocratique du service européen pour l&#8217;action extérieure et le rôle joué par la société civile.</em></p>
<p><em><strong>European Alternatives</strong> : Le Parlement européen a mené des négociations avec le Conseil, la Commission et Catherine Ashton à propos du nouveau service européen pour l&#8217;action extérieure. Quelles ont été selon vous les priorités du Parlement européen dans ces négociations ? Maintenant qu’un accord a été trouvé sur les grandes lignes du nouveau SEAE, pensez-vous que le Parlement ait réussi à imposer ses priorités ?<br />
</em><br />
<strong>Franziska Brantner </strong>: Il était important d’impliquer le SEAE dans la « méthode communautaire ». Le plus important pour le Parlement était de s’assurer que le nouveau SEAE n’allait pas être hors du contrôle budgétaire communautaire. Le nouveau SEAE devrait avoir autant de responsabilité financière que la Commission Européenne. La première proposition examinée, présentée par Catherine Ashton, le Haut Représentant de l&#8217;Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, n’était pas très claire sur le droit de décharge et sur la responsabilité budgétaire du service. La manière la plus simple de garantir la responsabilité budgétaire serait de l’intégrer à la Commission afin qu’elle dispose des mêmes moyens de contrôle que la Commission. Nous pourrions alors conserver les mêmes règles. L’accord auquel nous sommes parvenus améliore le projet de proposition en garantissant la responsabilité de l’argent des contribuables. </p>
<p>Notre autre priorité en termes de méthode communautaire était de nous assurer que les instruments financiers actuels (les instruments de développement et de stabilité, par exemple) restaient sous le contrôle de la Commission. Cela revêtait une importance particulière pour la communauté de développement, qui voulait que l’action de l’Union Européenne reste fortement centrée sur le développement et qu’elle ne soit pas subordonnée aux autres objectifs de la politique étrangère. Sur ce point, nous avons gagné dans une certaine mesure. En ce qui concerne les instruments de développement, c’est la Commission qui a eu le dernier mot, bien que la programmation soit en partie faite en conjonction avec le service pour l’action extérieure. Nous n’avons pas réussi à obtenir la même chose avec le fonds de stabilité et les autres instruments classiques de la politique étrangère.</p>
<p>Une autre priorité du Parlement était d’introduire des questions substantielles dans les négociations ; c’était l’intérêt principal de mon propre groupe, les Verts. Les droits de l’Homme, la paix et la gestion des crises… le premier projet de proposition d’Ashton pour un nouveau SEAE ne faisait pas mention des « droits de l’Homme ». Aujourd&#8217;hui, nous avons réussi à obtenir un référant chargé des questions sur les droits de l’Homme dans chaque délégation (dans chaque ambassade de l’UE à l’étranger) ainsi qu’un siège, afin de nous assurer que les droits de l’Homme restent une priorité de premier ordre pour le SEAE. Nous sommes donc parvenus à obtenir beaucoup de choses sur la question des droits de l’Homme.</p>
<p>Nous souhaitions aussi que les structures pour la paix et la réconciliation de la Commission et du Conseil soient intégrées dans le nouveau service. Sur ce point, nous avons échoué car les États-nations imposent des restrictions aux structures de leur Conseil et insistent pour qu’elles fonctionnent selon leurs propres procédures. Certains États membres voulaient conserver leurs propres structures indépendantes au sein du SEAE et faire en sorte que la Commission leur soit subordonnée. Cela constitue le pire scénario possible – des États membres conservant leurs propres structures et subordonnant les ressources et le personnel de la Commission. Nous avons réussi à les maintenir sur un pied d’égalité, même si elles sont différentes. Malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à les intégrer de façon intelligente. Nous avons ici cédé à la pression des États membres.</p>
<p>La première proposition prévoyait un secrétaire général tout puissant à qui reviendraient les droits financiers, la programmation, les droits de représentation… il aurait été plus puissant qu’Ashton et c’est par lui que tout serait passé. Tout cela était inacceptable pour le Parlement. Si vous m’aviez demandé quelle place j’aurais préféré occuper, celle d’Ashton ou du secrétaire général, j’aurais toujours choisi celle du secrétaire général : il avait le contrôle financier, toute la programmation, ainsi que la représentation et il était celui par lequel tout devait passer. Il y a maintenant un directeur financier qui est responsable des finances et deux députés responsables de la coordination de l’équipe. C’est donc là encore une victoire du Parlement.</p>
<p>Là où nous avons perdu, c’est sur la question de savoir qui représente Ashton quand elle ne peut pas être présente au Parlement, ce qui arrivera de temps en temps. Malheureusement, l’accord qui a été trouvé stipule que ce sera le Commissaire quand cela concerne les affaires de la Commission, et la présidence tournante quand cela concerne les affaires étrangères. C’est vraiment dommage car cela fait revenir la présidence tournante dans les affaires étrangères, alors que nous pensions nous en être débarrassés avec le traité de Lisbonne. Cela a été une façon pour les ministres des affaires étrangères nationaux de garder un pied dans la politique extérieure de l’Union Européenne. </p>
<p>En résumé, je dirais que nous avons gagné d’importantes batailles et que nous en avons perdu d’autres, mais que nous avons finalement réussi à ouvrir de nombreuses portes utiles.</p>
<p><em><strong>EA</strong> : J’aimerais avoir votre avis sur la priorité du développement dans l’action extérieure de l’Union Européenne. Il y a plusieurs mois de cela, Judith Sargentini a rédigé <a href="http://www.euroalter.com/2009/viva-article-208-europe-and-the-developing-world/">un article pour notre site Internet</a> relatif à l’article 208 du traité de Lisbonne, affirmant que l’objectif majeur de la politique de développement de l’UE devrait être l’éradication de la pauvreté. Pensez-vous que cet objectif a été respecté dans l’accord sur le SEAE ?<br />
</em><br />
<strong>FB</strong> : Il ressort de ces négociations que la politique de développement de l’UE reste sous la responsabilité du commissaire chargé du développement. Cela signifie qu’elle ne doit pas être subordonnée à d’autres priorités mais qu’elle doit rester au centre de nos préoccupations. Nous avons même réussi à obtenir une mention de l’article 208 dans le texte.</p>
<p>Toutefois, je dois préciser que nous ne faisons pas seulement de la politique étrangère dans le but d’éradiquer la pauvreté : nous le faisons aussi pour promouvoir les droits de l’Homme, la démocratie et la paix. Ce sont là les trois grands domaines pour lesquels nous faisons de la politique étrangère. Il était important de s’assurer que l’éradication de la pauvreté n’était pas subordonnée aux préoccupations nationales, et la meilleure façon d’éviter cela était de faire en sorte qu’elle soit sous la responsabilité du Commissaire chargé du développement. Mais il était tout aussi important de mettre l’accent sur les deux autres domaines et, comme je l’ai dit plus haut, nous avons gagné sur ce point en obtenant la mise en place d’un référant chargé des droits de l’Homme dans chaque délégation, et il y a plus de travail à réaliser sur les objectifs de paix et de stabilité de l’action extérieure de l’UE. </p>
<p><em><strong>EA</strong> : En tant que représentante au sein du Parlement européen, comment pensez-vous qu’il soit possible d’améliorer la légitimité démocratique de l’action extérieure de l’UE ?<br />
</em><br />
<strong>FB</strong> : Le traité de Lisbonne n’a pas changé le pouvoir de décision de l’Union Européenne sur les questions de politique étrangère. Il l’a fait dans d’autres domaines, comme dans le budget de l’agriculture, mais la politique étrangère reste clairement une affaire intergouvernementale. </p>
<p>Le Parlement a vraiment besoin de jouer un plus grand rôle dans les débats sur la politique étrangère européenne. Avez-vous déjà entendu quelqu’un débattre du succès ou de l’échec de nos missions au Congo ? Non. Qui était responsable du débat relatif à ces missions ? Personne. Cela ne se passe pas dans les parlements nationaux… Cela se passe au Parlement européen, mais personne ne s’y intéresse. C’est un domaine dans lequel il faut que le Parlement ait plus de pouvoir. Maintenant que le Parlement européen a un rôle a posteriori dans les débats sur la politique, peut-être qu’il aura bientôt le droit de débattre à l’avance des décisions politiques. Mais je crois qu’il est peut-être encore plus important d’abandonner la règle de l’unanimité des États membres dans le domaine de la politique étrangère. </p>
<p><em><strong>EA</strong> : Selon vous, quel rôle devrait avoir la société civile dans l’action extérieure de l’Union Européenne ? La création du SEAE offre-t-elle à la société civile plus d’opportunités de participer à la construction de la politique étrangère de l’UE ?<br />
</em><br />
<strong>FB</strong> : Je pense qu’il s’agit là de l’une des préoccupations majeures, avec la transparence et la responsabilité. Cela constitue surtout un problème quand on entre en relation avec des pays non démocratiques, car la seule source d’information est le gouvernement lui-même, et dans ces pays, la société civile ne peut pas prendre part aux négociations. Prenez l’exemple du Zimbabwe : bonne chance à la société civile qui veut avoir une influence sur la position de négociation de ce pays !</p>
<p>Nous avons essayé d’obtenir la mise en place de référants de la société civile dans chacune des délégations : il devrait y avoir quelqu’un dans les délégations qui soit responsable de la communication avec la société civile. C’était l’une des priorités du groupe des Verts au sein du Parlement européen. Malheureusement ils n’ont pas réussi.</p>
<p>Avec les nouvelles règles établies par le traité de Lisbonne, le Parlement devra à présent approuver les traités internationaux dans lesquels l’UE s’est engagée. C’est une bataille qui se joue en ce moment entre le Parlement et la Commission. À quel moment la Commission doit-elle donner au Parlement les détails sur les traités afin que le Parlement puisse en débattre ? S’ils nous les donnent seulement à la fin des négociations, il est trop tard pour avoir une quelconque influence. Prenez l’exemple de la Libye, où j’ai entendu dire que nous nous livrons à quelques accords plutôt malhonnêtes afin de nous débarrasser de nos réfugiés. La Commission a pris la décision ridicule de ne pas nous donner d’informations sur la base légale des négociations avec la Libye, et ce jusqu’à la fin du processus. Cela signifie que ce n’est qu’après coup qu’ils nous diront que nous avions le droit d’être impliqués depuis le début.</p>


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