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	<title>European Alternatives &#187; Démocratie</title>
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		<title>Qu’est ce que cela implique de demander: qu&#8217;est-ce que la démocratie ?</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 23:07:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De la chute du mur de Berlin à la seconde guerre d’Irak, on peut dire que le mot « liberté » a signifié vol, néo colonisation, invasion militaire, torture et déracinement. Mais la démocratie devrait être reprise et reconstruite pour servir une politique alternative.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/05/what-is-democracy.jpg"><img class="alignleft" style="margin-right: 5px; margin-left: 0px; margin-top: 0px; margin-bottom: 5px; border: 0px solid black;" title="what-is-democracy" src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/05/what-is-democracy.jpg" alt="" width="218" height="140" /></a></em></p>
<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/05/what-is-democracy.jpg"></a><em>De la chute du mur de Berlin à la seconde guerre d’Irak, on peut dire que le mot « liberté » a signifié vol, néo colonisation, invasion militaire, torture et déracinement. Mais la démocratie devrait être reprise et reconstruite pour servir une politique alternative.</em></p>
<p><em><span style="font-style: normal;"> </span><span style="font-style: normal;">(Image de &laquo;&nbsp;What is Democracy?&nbsp;&raquo; par Oliver Ressler)</span><br />
﻿</p>
<p><span style="font-style: normal;">Par Ovidiu Ţichindeleanu</span></p>
<p><span style="font-style: normal;">Demander « Qu’est ce que la démocratie ? » signifie garder la question en vie, pour garder l’humanité en vie. Cependant, la plupart des réponses – et il y en a peu- commencent par la fin. Comme le remarque Kuan-Hsing Chen dans le tout début du film d’Oliver Ressler, What is democracy ?(2009), le concept actuel et les pratiques de démocratie sont en fait inséparables d’une histoire d’expansion et d’impérialisme. Au lieu de la laisser opérer au niveau de la société, l’Etat semble avoir capturé et mortifié le cadre de la notion de démocratie et de ses pratiques. Dans la bataille des projets desquels dépend le destin du monde, la démocratie est devenue un mécanisme qui réduit la vision du meilleur de tous les mondes possibles à la meilleure sphère politique possible ou à la meilleure société civile possible. Cependant ceci équivaut à un « epistémicide » des luttes concrètes et des réalisations d&#8217;éléments  résistants aux formes modernes d’organisation de pouvoir, que celui-ci soit capitaliste ou étatique.</span></p>
<p><span style="font-style: normal;">Il n&#8217;est pas inutile de rappeler que la démocratie n’est pas un ensemble universel de valeurs et de pratiques miraculeusement découvert en Grèce ancienne et ramené à la vie dans une forme moderne et améliorée par la civilisation occidentale, mais un concept relativement récent qui est inséparable de l’histoire de violence et de colonisation du monde moderne, même si elle est souvent désignée comme une opposition dialectique à la destruction systématique, à l’injustice et aux clôtures. Pour mentionner un seul exemple, la rébellion de Tupac Amaru (1780-82) et la révolution haïtienne (années 1780-1804) n’ont pas fait partie du répertoire d’enseignement des faits d’émancipation et de démocratie dans une mesure comparable à la révolution « américaine » ou la révolution française. </span></p>
<p><span style="font-style: normal;">On doit faire remarquer que le droite conservatrice a également fourni ces vingt dernières années  une réponse et une vision alternative à la démocratie représentative : la société civile de l’Europe de l’Est et les révolutions oranges, aussi bien que la doctrine ouvertement raciste de « quelquesheureux élus » que l&#8217;on oppose aux personnes naturellement corrompues et à la sphère politique officielle. L’histoire du vrai socialisme a aussi été filtrée par l’Eurocentrisme : ce n’est pas par hasard que la fameuse phrase de Lénine : « La doctrine marxiste est omnipotente parce qu’elle est vraie » se retrouve dans l’un de ses textes les plus euro centriques, « Les trois sources et les trois parties constitutives du  Marxisme » de 1913, lors du 30e anniversaire de la mort de Marx. Souvent cité sans contexte, à la fois textuel et politique, Lénine attache ici l’héritage politique de Marx au « monde civilisé », au « meilleur que  l’homme ait produit au 19e siècle, comme représenté par la philosophie allemande, l’économie politique anglaise et le socialisme français ». Lénine posa ainsi les fondations symboliques de la théorie de transition (du féodalisme au capitalisme puis au socialisme) qui situait le vrai socialisme dans le paradigme du monde moderne/colonial/capitaliste. Par conséquent, comme Walter Mignolo l’a aussi souligné, pour garder vivante la question de ce qu’est la  démocratie, on doit  chercher  non pas des modernités alternatives mais des alternatives à la modernité.</span></p>
<p><strong><span style="font-style: normal;">La transition postcommuniste et la démocratie.<br />
</span> </strong><span style="font-style: normal;"><br />
Le sens encyclopédique d’un mot ne devrait pas être confondu avec son histoire pratique et conceptuelle. Pour répondre à la question relative à la démocratie – c’est la première étape pour reconquérir une pensée politique autonome-, cela signifie en fait quelque chose de très simple : penser de la position depuis laquelle nous sommes.</span></p>
<p><span style="font-style: normal;">Ma propre perspective du monde est déterminée par l’expérience d’un immigré ou d’un « exilé mondial » qui a vécu la transition de l’ « ancien bloc socialiste » vers un  « monde libre ». De mon point de vue, la démocratie a en effet été l’un des symboles fondamentaux de la transition postcommuniste, par laquelle j’entends le concept fondamental du changement historique 1989-2009: à savoir, la reformation des clôtures dans une réorganisation radicale des structures de pouvoir, et la réintégration de l’ancien bloc socialiste dans les structures militaires et politiques occidentales et dans le système mondial du capitalisme. Dans la (re)formation des sphères publiques postcommunistes, à la fois de l’Est et de l’Ouest, la démocratie a plusété un symbole qu’un concept : le symbole du bon côté de la modernité occidentale, conçu comme le seul côté.  L’idée de démocratie fût matérialisée dans le postcommunisme par des mécanismes d’interpellation qui demandaient une compréhension immédiate  plutôt qu’une invitation à un raisonnement collectif ou un processus d’expertise sociale.  L	a démocratie est l’un des symboles proéminents du cadre idéologique de la transition, s&#8217;ajoutant à la définition métonymique et mono culturelle du sens de l’histoire postcommuniste : du passé jusqu’au futur, de la tyrannie à la liberté, de la folie à la normalité, d’un retard mental à la civilisation, du totalitarisme à la démocratie, du communisme au capitalisme, de derrière le rideau de fer jusqu’au monde libre, de l’Est à l’Ouest. Le symbole de la démocratie occupe un rôle tout particulier dans cette structure : il fournit les principales représentations de la fin théologique de la transition, laquellea été identifiée, dans les rouages des sphères publiques postcommunistes, à l’anticommunisme,à la civilisation occidentale et, le dernier mais non le moindre, au capitalisme. A la lumière de ce projet, pour certaines  parties de l’ancien bloc socialiste, la démocratie a même signifié une thérapie de choc &#8211; dans une éblouissante illustration de la tendance coloniale du pouvoir, opérant dans ce concept moderne de démocratie. </span></p>
<p><span style="font-style: normal;">La transition postcommuniste fut un processus dans lequel la participation des personnes dans la vie politique fut autorisée de façon temporaire et contrôlée, comme pendant les élections et les referendums liés à celles-ci. Et quand le peuple en a finalement fait usage – comme dans les rebellions des mineurs des années 90, ou les grèves et protestations survenues plus tard, les masses furent tenues responsables par les élites pour tout les points faibles et toute la violence, à la façon typique de la colonisation interne. Brièvement présentée, l’histoire réelle de la démocratie dans l’Europe post-communiste de ces vingt dernières années montre que la démocratie a été la politique d’une élite, achevée avec la dé-légitimation de l’idée de souveraineté populaire, qui a temporairement été réactualisée dans les révolutions de 1989. En ce sens, la  transition en douceur des dissidents anticommunistes est à la fois symptomatique et importante en tant que telle,  puisqu’après 1989 presque plus aucun des dissidents anticommunistes ne peut être associé à une politique d’autonomie et d’indépendance. Au contraire, ils sont plutôt associés à la cohabitation et la participation directe dans les structures étatiques et capitalistes, et à la colonisation locale des idéologies dominantes, comme le néo conservatisme et le néolibéralisme. Souvent opposés  aux élites économiques et politiques, les intellectuels de l’élite anticommuniste n’ont cependant jamais été les promoteurs locaux d’excuses explicites de la violence et de doctrines d’une élite eurocentrique. La classe ouvrière, qui a été la principale force conductrice des mouvements sociaux de 1989, s’est transformée en catégorie politique, en dépit de la prolétarisation des corps de métiers et niveaux d’éducations des  travailleurs immigrés de l’Europe de l’Est.</span></p>
<p><span style="font-style: normal;">Il a été dit que l’Ouest a aussi redécouvert le sens historique de la « démocratie » à travers l’expérience des Est-européens après 1989. Cela signifie en fait que le symbole de la « modernité occidentale » a acquis une valeur positive, basée sur la notion de liberté et a renouvelé sa répression du côté sombre de la modernité. Dans l’ère postcommuniste, depuis la chute du mur de Berlin jusqu’à la seconde guerre d’Irak, on pourrait dire que  le mot  « liberté » a signifié vol, néo colonisation, invasion militaire, torture et déracinement. Pour tout l’optimisme des discours prononcés aux niveaux politiques les plus institutionnalisés, à  la fois dans l’Europe de l’Est et dans l’Europe de l’Ouest, les forces de police et les forces militaires atteignent un record absolu, les appareils de répression des manifestations populaires sont sous contrôle et même l&#8217;identification, le harcèlement des personnes identifiées comme de dangereux activistes, est devenue une routine (y compris les perquisitions et d’autres techniques dissuasives).  La vérité est que des camps illégaux de  détention des immigrés ont été installés à travers toute l’Europe durant cette période de redécouverte de la  démocratie, de la transition post communiste. La leçon globale du postcommunisme est que la démocratie a signifié dans le monde occidental, à la suite d’une nouvelle expérience coloniale, la politique d’une élite et la réactualisation de la tendance coloniale du pouvoir.</span></p>
<p><strong><span style="font-style: normal;">Le « parler vrai » et le besoin de politique négative.<br />
</span> </strong><span style="font-style: normal;"><br />
Quand on en vient à élargir le sens de la démocratie, la gauche internationale se trouve réstreinte dans sa prise de parole, non seulement par l’interpellation à trouver des alternatives à la modernité, mais aussi par un certain désir de parler honnêtement, d’être dans la pleine positivité d’un épistème alternatif – et cela constitue la partie la plus difficile du film d’Oliver Ressler, qui à elle seule mérite la considération d’un film . Le titre donné par Oliver Ressler fournit cependant déjà le meilleur indice pour transgresser cette richesse problématique : on doit se poser la question et réfléchir sur ce que signifie le fait de se poser la question. Le côté négatif de l’histoire est le côté instructif : la démocratie apparaît comme un moyen d’encadrer les possibilités d’expérience, une notion utilisée pour justifier les clôtures et les réserves et pour neutraliser les luttes concrètes. On peut s’étendre un peu plus, en argumentant que la tendance coloniale du pouvoir opère à travers la notion de démocratie, en renforçant une certaine différence entre le moderne et le non moderne, une division entre la civilisation et la non civilisation, la nature et la culture, qui réduit de façon arbitraire les possibilités d’expérience politique et de vie communale.  Le film d’Oliver Ressler fait bien de déconstruire la notion pour que la révolution réussisse, cela doit se produire dans les centres occidentaux de capitalisme et de pouvoir. Pour une bonne partie de la gauche internationale, le champ épistémique positif émerge en effet en apprenant des expériences révolutionnaires de l’Amérique Latine, de Chiapas à la Bolivie et, comme l’a répété Anibal Quijano, le futur de la planète peut bien être lié aux possibilités d’une politique indigène.<br />
Cependant, la maxime de Lénine hante toujours l’Europe. Peut être qu’une interprétation de la conception de la résistance de Deleuze comme quelque chose d’ontologiquement positif peut aussi être tenue responsable ici pour le fait indéniable d’oublier que la résistance inclue toujours une position négative du côté de la pratique. En concevant les résistances ou les alternatives à une modernité uniquement dans leur positivité, on pourrait aussi aider à la destruction systématique et à l’appauvrissement du répertoire de tactiques qui lie et a lié les politiques négatives à la démocratie et à la justice sociale : les révolutions, les rebellions, les grèves, les refus d’interpellation, l’obscurité et le double-sens…C&#8217;est pourquoi l&#8217;une des leçons du maintien en vie de la question de la démocratie est que la richesse des politiques négatives fait aussi partie de la réponse.</span></p>
<p></em></p>


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		<title>La Mondialisation exige une Europe plus politique et plus démocratique</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Apr 2010 21:55:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En ces temps de mondialisation, les partis politiques nationaux ne peuvent espérer trouver leur salut qu’en embrassant la dimension européenne.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/tpcom/3246942176/in/pool-1001655@N21"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/04/more-democracy-europe.jpg" alt="" title="Entropa, European Council, Justus Lipsius Building" width="580" height="373" class="alignleft size-full wp-image-10371" /></a><br />
(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/tpcom/3246942176/in/pool-1001655@N21">TPCOM/Flickr</a>)</p>
<p><em>En ces temps de mondialisation, les partis politiques nationaux ne peuvent espérer trouver leur salut qu’en embrassant la dimension européenne.</em></p>
<p>John Palmer*, traduction de Sarah Provost.</p>
<p>Alors qu’elle navigue à vue dans les eaux encore inexplorées de la mondialisation, l’Union Européenne est parfois amenée à mettre en place des politiques qui, après coup, se révèleront inadaptées à la réforme de son économie, à la consolidation de son processus décisionnel interne ou à l’expansion de sa sphère d’influence internationale – sans parler de la gestion de ladite mondialisation.</p>
<p>Ces errements, s’ils sont corrigés par un changement de stratégie adéquate, ont peu de risques d’être dangereux ou même handicapants pour l’Union. En revanche, une perte continue de la légitimité politique pourrait se révéler bien plus périlleuse pour l’Union Européenne comme pour le processus plus global d’intégration européenne. Nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer les signaux d’avertissement générés par l’insatisfaction populaire grandissante au sujet de l’évolution de l’UE. Des sondages viennent également confirmer le creusement du fossé entre les institutions européennes et les citoyens des 27 État membres</p>
<p>L’UE sera incapable de relever les défis de la mondialisation si elle ne met pas rapidement en sourdine les aspects technocratiques et diplomatiques pour se concentrer sur une approche plus politique et démocratique. Pour ce faire, les partis politiques doivent proposer à leurs électeurs davantage de stratégies politiques alternatives lors des élections européennes.</p>
<p>Les subtilités du processus décisionnel et de l’élaboration des politiques au sein de l’UE laissent la population perplexe. Cet embarras est en partie dû à la rapidité des changements successifs, plus particulièrement ceux liés à l’élargissement (nécessaire) de l’Union, et au flot apparemment ininterrompu de réformes de gestion et de politique européennes. Les électeurs ont du mal à s’impliquer dans le processus européen ou à voir clair dans les choix politiques qu’ils sont censés faire. Les affaires européennes ont tendance à être vues comme étant beaucoup trop technocratiques et diplomatiques, déconnectées des réalités politiques démocratiques</p>
<p>Ce qui tient lieu de débat public dans de nombreux État membres ne vient pas simplifier les choses. Les élites politiques dans la plupart des pays font preuve d’un manque de discernement tout simplement affligeant dans leurs prises de positions sur les affaires européennes. Les gouvernements étant les premiers à fustiger l’Union et les institutions en cas de décision impopulaire – en oubliant qu’ils sont souvent eux-mêmes à l’origine de ces décisions – il est normal qu’ils éprouvent par la suite quelques difficultés à mobiliser l’opinion pour soutenir la démarche de l’UE quand ils en ont désespérément besoin. Cela dit, peu de gens se rendent compte que dans la plupart des Etats membres, les institutions et les acteurs politiques nationaux sont encore moins bien considérés que ceux de l’UE</p>
<p>Les sondages révèlent une brusque perte de confiance des populations dans les partis politiques nationaux et dans les gouvernements, indépendamment de l’orientation spécifique de certains gouvernements. Il y a un demi-siècle, 1 électeur sur 11 possédait sa carte dans un parti politique, contre 1 sur 88 aujourd’hui. En 1966, ils étaient 46 % à se décrire comme « très fortement » attachés au parti de leur choix, et ils ne sont plus que 13 % de nos jours. Un récent sondage Eurobarometer a révélé que dans toute l’Europe, seulement 17 % de la population affirment avoir foi dans un parti politique, contre 29 % pour les organisations de la société civile.</p>
<p>L’UE a également été une victime innocente du retour de manivelle contre les gouvernements impopulaires des État membres. Le référendum sur le projet de Constitution européenne a procuré aux électeurs français et néerlandais une occasion en or de châtier durement les administrations nationales, réprouvant leurs choix dans le domaine de l’économie ou concernant des problématiques politiques ou sociales n’ayant pas ou peu de liens avec l’UE. Ces deux votes ont néanmoins signé l’arrêt de mort du projet de traité.</p>
<p>Quelles sont les raisons d’un tel désamour pour les politiques nationales ? Les politiques « idéologiques » sont sur le déclin depuis la fin de la guerre froide. Les électeurs d’aujourd’hui ne sont plus sûrs de savoir quelles sont les «valeurs et la mission» fondamentales des partis majeurs. Une bureaucratisation accélérée et la professionnalisation des partis politiques ont également limité l’influence des membres du parti. À travers toute l’Europe, les partis connaissent une crise des adhésions. L’énergie et l’idéalisme qui poussaient auparavant les plus jeunes à prendre leur carte dans un parti trouvent maintenant leur exutoire dans les campagnes à vocation unique et dans les organisations bénévoles.</p>
<p>Dans le même temps, la mondialisation réduit la marge de manœuvre indispensable aux partis pour développer des stratégies de politique nationale alternatives qui leur permettraient de se distinguer nettement de leurs adversaires tout en restant en adéquation avec le nouvel ordre mondial. Les principaux partis se sont ainsi retrouvés confinés dans un espace restreint, au centre de l’échiquier politique. Cette perte d’originalité politique limite le choix offert aux électeurs.</p>
<p>La diminution constante du taux de participation aux élections générales, européennes comme nationales, est bien plus inquiétante que la fonte du nombre des adhésions. Même dans les grands Etats membres, les gouvernements sont de plus en plus perçus comme n’étant que des acteurs marginaux dans les drames générés par les ajustements – parfois douloureux – rendus nécessaires par les nouveaux critères professionnels et sociaux imposés par l’économie mondiale. Les seuls bénéficiaires de cette tendance sont les partis « populistes » et xénophobes, qui exploitent le malaise populaire généré par l’apparente inaptitude des principaux partis et des gouvernements nationaux à relever les défis de la mondialisation</p>
<p>Au niveau européen, ces problèmes ont été renforcés par le sentiment que le processus décisionnel de l’UE est trop désengagé, trop ésotérique, trop technocratique et trop élitiste. De nombreux citoyens sont persuadés qu’en filtrant certaines informations, on les prive de la possibilité d’analyser (et donc de juger) les mesures prises en leur nom par leurs gouvernements et les institutions européennes.</p>
<p>On pourrait faire beaucoup plus pour aider à la clarification du fonctionnement de l’UE et de ses problématiques politiques principales. Les récentes initiatives sur ce sujet de la vice présidente de la Commission européenne Margot Wallström sont bienvenues. Mais pour délivrer efficacement le message aux populations, la stratégie de communication de l’UE doit aussi être relayée par les État membres. Les activités de communication ne doivent pas être circonscrites à Bruxelles.</p>
<p>Grâce à la Convention sur l’avenir de l’Europe, une initiative citoyenne européenne a été ajoutée au traité constitutionnel. Même si le nombre minimum d’Etats signataires n’est toujours pas défini, cette initiative donne aux citoyens la possibilité de proposer l’introduction de nouvelles législations. Il est encourageant de noter qu’une telle proposition a été retenue dans le traité de Lisbonne</p>
<p>Une information et un système de consultation citoyenne plus efficaces, tout indispensables qu’ils soient, ne suffiront peut-être pas à combler le fossé existant entre les institutions européennes et la population. Les défenseurs des versions plus radicales de la « démocratie directe » admettent que ce concept est vulnérable aux accusations de « corporatisme » et d’élitisme. La démocratie consultative plaira davantage aux défenseurs organisés des intérêts particuliers. Pour le commun des mortels, s’impliquer dans la gestion de l’Europe n’aura véritablement de sens que lorsqu’on leur donnera véritablement le choix entre des partis aux valeurs et aux programmes bien distincts, emmenés par des personnes qui se présenteront en tant que dirigeants potentiels de l’exécutif européen.</p>
<p>De faible, la responsabilisation en démocratie est devenue quasi-inexistante avec la croissance en taille et en complexité de l’UE, survivant uniquement à travers les gouvernements élus des Etats membres et le droit de regard des parlements nationaux. On pourrait renforcer le droit de regard des parlements nationaux sur les comportements des gouvernements via le Conseil des ministres. Mais seul un Parlement européen élu, dévoué à la tâche, peut se permettre de demander des comptes aux institutions exécutives de l’UE, à savoir la Commission, mais également le Conseil des ministres (lorsque les gouvernements légifèrent en vertu du droit communautaire).</p>
<p>Il va sans dire que les partis politiques (nationaux et européens) devront commencer par se réinventer à un niveau national s’ils veulent survivre aux profonds changements politiques ou culturels entraînés par la mondialisation. Au niveau de l’UE, on ne trouve toujours pas de parti authentiquement européen, qui serait pourvu d’une identité propre, d’un programme défini, et, à un stade de développement ultérieur, d’adhérents. Ces partis resteraient bien sûr proches des mouvances nationales, à l’image des partis régionaux dans les État membres. Aujourd’hui, les élections au parlement européen manquent de poids politique pour mobiliser leurs électeurs. Elles n’offrent « pas assez » en termes de choix politiques européens, et ont donc tendance à être jouées sur des questions purement nationales. S’ils agissent de concert, à travers la souveraineté partagée, pour se porter au devant des défis de la mondialisation, les États membres de l’UE peuvent créer un nouvel espace dédié aux alternatives politiques à un niveau européen, ce qui est bien entendu impossible à réaliser pour un seul État.</p>
<p>Certes, les réalités de la mondialisation entraîneront toujours certaines limitations de la liberté d’action de l’UE. Cependant, le rapport de forces entre le marché global et l’énorme potentiel des économies européennes serait bien différent de celui existant présentement si les Etats membres se mobilisaient collectivement.</p>
<p>Dans cette perspective, il devient donc possible d’offrir aux électeurs un éventail de choix beaucoup plus large pour les problématiques touchant au travail, à la prospérité, à la justice sociale ou au développement durable. De plus, si les Etats membres étaient contraints, par les changements dans l’ordre mondial, de prendre plus au sérieux la création d’une politique étrangère et sécuritaire commune en Europe, un débat démocratique sur les stratégies alternatives européennes serait alors également possible. Pris ensemble, ces développements entraîneraient une véritable révolution culturelle pour les politiciens européens. Pour ces derniers, l’élément-clé du dynamisme de l’intégration européenne est le consensus, et non pas le conflit généré par la possibilité de faire un choix.</p>
<p>Aujourd’hui, l’Europe en est arrivée au point où la possibilité de choisir entre différentes stratégies politiques est indispensable à tout consensus populaire voulant s’inscrire dans la durée. Si le traité de Lisbonne élaboré par les chefs de gouvernement européen à la fin 2007 est ratifié par les 27 État membres, les partis de l’UE auront la possibilité d’élire le Président de la Commission. En 2009 déjà, lors des élections du Parlement européen, les partis européens auraient dû aller aux urnes en présentant des programmes alternatifs sérieux, pour tirer le meilleur de l’espace laissé à l’action collective, et aussi pour afficher clairement vers quel candidat à la présidence de la Commission européenne se portait leur soutien. Il en va de même pour les nouveaux postes de Président du Conseil européen et de Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.<br />
Cette diminution de l’opacité donnerait aux électeurs le sentiment de contribuer à l’édification de l’exécutif européen (un peu à l’image du gouvernement d’un État membre). Au moins les groupes politiques majeurs sont-ils sérieux dans leurs démarches pour l’obtention d’un statut définitif de parti : développement que le traité constitutionnel aurait encouragé en permettant aux partis européens d’avoir leur identité propre, et en débloquant des fonds.</p>
<p>Au cours d’une étude sur les modalités de vote, Simon Hix, professeur de politique européenne comparée à la London School of Economics, a noté que « L’émergence d’un véritable système de parti démocratique au sein du Parlement européen est un élément positif, et potentiellement très révélateur. Tout d’abord parce que le vote au Parlement se rapproche plus des idées internationales et idéologique des partis que de leurs idées nationales ». Il est déjà possible de discerner l’ébauche d’une démocratie européenne : elle est perceptible dans les activités commerciales florissantes avec les régions limitrophes, dans l’organisation des syndicats, dans  les O.N.G., dans l’intérêt porté à la société civile, comme dans la vie politique naissante des institutions européennes et, par-dessus tout, du Parlement européen.</p>
<p>Une politique européenne plus démocratique entraînera davantage de conflits au sein des familles politiques et des partis européens émergeants. Mais ces luttes pour le pouvoir et pour décider de la route que l’UE doit suivre, renforceront l’évolution des politiques démocratiques européennes. Ces conflits viendront également consolider, et non affaiblir, la démocratie à un niveau national et infranational.</p>
<p>*John Palmer est membre du conseil consultatif de la Federal Trust of London et du comité consultatif de l’EPC (European Policy Centre) de Bruxelles.</p>


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		<title>Des partis transnationaux en Europe</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 00:10:39 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/01/transnational-parties.jpg" alt="" title="Italian students in the courtyard of the Louise Weiss building in Strasbourg. @European Parliament/Pietro Naj-Oleari " width="560" height="328" class="alignnone size-full wp-image-5598" /><br />
(Photo: Italian students in the courtyard of the Louise Weiss building in Strasbourg. @<a href="http://www.flickr.com/photos/european_parliament/3525095574/">European Parliament/Pietro Naj-Oleari/Flickr</a>)</p>
<p>Par Guilhem Delteil, traduction de Stéphanie Klaczynski.</p>
<p>Un candidat pour la prochaine présidence de la Commission européenne en 2014 soutenu par tous les socialistes européens ? C’est ce que  le PSE (Parti Socialiste Européen) a promis à Prague, début décembre, lors de son congrès annuel. Mais la dernière campagne européenne a souligné combien il était difficile pour les socialistes européens de trouver un consensus à ce sujet. Quelques uns de leurs leaders, comme le Premier Ministre espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero ont soutenu le candidat du parti conservateur: Jose Manuel Barroso. Les différences entre les partis nationaux sont grandes. Récemment, les socio-démocrates en Europe sont apparus plus divisés qu’unis. Dès lors, est-il possible pour le PSE d’agir comme un parti transnational ? Selon Gert Weisskirchen, l’ancien député PSD (Parti Social Démocrate) au Bundestag (parlement) allemand, il doit d’abord définir ses buts.</p>
<p><strong>Interview de Gert Weisskirchen</strong> (1mn32s)</p>
<p>En théorie, les programmes communs existent déjà. La plupart des groupes parlementaires européens ont conçu des programmes pour la dernière campagne. Mais Gert Weisskirchen admet que ce n’était pas un sujet central pour les socio-démocrates dans la campagne. En était-il autrement pour les autres partis ? Michael Schwarfswerdt est le coordinateur des membres du « German Green » du Parlement européen et il considère le « Green new deal for Europe », le programme du Parti Vert, comme un demi-succès.</p>
<p><strong>Interview de Michael Schwarfswerdt</strong> (3mn07s)</p>
<p>De nos jours, quelques leaders charismatiques choisissent de se présenter  pour le Parlement européen, mais, la plupart du temps, être un élément clé du parti suppose encore d’être élu à un niveau national. Les partis européens manquent probablement d’un leader charismatique mais, comme le dit Rainder Steenblock, les partis nationaux ne sont pas les seuls à blâmer. Cet ancien coordinateur des Verts au Parlement allemand  des affaires de l’UE accentue le fait que les difficultés reposent aussi sur les structures internes de l’Union européenne.</p>
<p><strong>Interview de Rainder Steenblock</strong> (1mn05s)</p>
<p>Des changements institutionnels doivent être faits, souligne Rainder Steenblock. Mais les États nationaux restent  le niveau majeur d’identification des citoyens européens.</p>
<p><strong>Interview de Rainder Steenblock </strong>(1mn03s)</p>
<p>Le Traité de Lisbonne aidera-t-il  les partis politiques européens à obtenir la reconnaissance dont ils ont besoin sur un plan national pour devenir vraiment transnationaux? Michael Schwarfswerdt place de l’espoir dans le renforcement des pouvoirs du Parlement européen et des citoyens eux-mêmes.</p>
<p><strong>Michael Schwarfswerdt intervieuw</strong> (2’09’’)</p>


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		<title>Combler le fossé démocratique?</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 23:50:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Article @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Commission Européenne]]></category>
		<category><![CDATA[politique européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Une partie un peu négligée du Traité de Lisbonne est l’initiative des citoyens européens. L’ICE offre au citoyen lambda l’opportunité d’inviter la Commission Européenne à considérer toute législation qui aurait le soutien de plus d’un million de signataires. Serait-ce le début d'une plus grande démocratie directe en Europe?


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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/vote.jpg" alt="vote" title="vote" width="560" height="272" class="alignnone size-full wp-image-3796" /><br />
(Photo by <a href="http://www.flickr.com/photos/theresasthompson/2999130055/">Theresa Thompson/Flickr</a>)</p>
<p>Par Colin Rowlands, traduction de Stéphanie Klaczynski.</p>
<p>Une partie un peu négligée du Traité de Lisbonne (qui est récemment passé entre les mains des électeurs Irlandais et la Cour Constitutionnelle Tchèque) est l’initiative des citoyens européens. En un mot, l’ICE offre au citoyen lambda l’opportunité d’inviter la Commission Européenne à considérer toute législation qui aurait le soutien de plus d’un million de signataires.</p>
<p>Les aspects techniques de l’initiative, qui incluent l’âge minimum des signataires et le temps limite pour recueillir les signatures, sont toujours en discussion et les citoyens ont jusqu’à la fin du mois de janvier pour apporter leur contribution à ce débat. Deux des questions les plus significatives qui sont considérées sont le nombre minimum d’ États dans lesquels les signatures doivent être trouvées et le nombre minimum de signataires de ces États. Dans son<a href="http://ec.europa.eu/dgs/secretariat_general/citizens_initiative/docs/com_2009_622_en.pdf"> livre blanc</a>, la Commission recommande que toute initiative citoyenne ait le soutien d’au moins 0.2% de la population totale d’au moins un tiers des États-membres pour être éligible à un examen par la Commission (pour trouver le juste milieu entre l’accessibilité de l’initiative aux citoyens et son efficacité pour l’ensemble de l’Europe).</p>
<p>Avec l’adhésion à un parti politique encore hésitante  (notamment parmi les jeunes) et la croissance de l’activisme du problème unique, l’ICE semble être un mouvement constitutionnel opportun. Non seulement elle devrait amener de véritables problèmes d’importance européenne à l’attention du public dans les États-membres (une chose que les partis politiques nationaux ont souvent failli à faire, ostensiblement) mais elle devrait aussi encourager une coopération transfrontalière plus importante parmi les mouvements sociaux et les groupes civils. L’objectif clé doit être de redécouvrir la possibilité de débats politiques à travers une base sociale vraiment large, et de façon aussi importante, à un niveau Européen.</p>
<p>Dans un <a href="http://www.euroalter.com/2009/globalisation-demands-a-more-political-and-more-democratic-europe/">article</a> récent, John Palmer avertit que ce genre de démocratie consultative pourrait servir les groupes d’intérêt particulier plutôt qu’un public plus large. Ceci est en effet un danger réel. Cependant, il existe des moyens de minimiser les risques. Une interdiction de payer les gens pour collecter des signatures, par exemple, aiderait à assurer que toute initiative est vraiment importante pour un grand nombre d’individus – dans la mesure où ils donneraient de leur temps pour la soutenir. Il devrait également être remarqué que les formes représentatives de démocratie sont aussi vulnérables, si ce n’est plus, aux groupes d’intérêts particuliers, comme l’atteste la taille de l’industrie du lobbying à Bruxelles.</p>
<p>Le véritable problème avec l’ICE est que, en tant qu’initiative indépendante, cela pourrait faire plus pour souligner le déficit démocratique européen que pour le combler. Un <a href="http://www.democracy-international.org/fileadmin/di/pdf/papers/2006-12-eci-study.pdf">article</a> de « Democracy International » remarque que des projets similaires dans des États membres individuels ont eu une efficacité limitée en termes de mise en vigueur législative, avec moins d’un cinquième des initiatives citoyennes acceptées par les gouvernements. Si cela est un guide pour le futur de l’ICE alors la Commission court le risque d’aliéner un peu plus les citoyens et de s’attirer des questions inquisitrices quant à sa responsabilité.</p>
<p>Une solution serait de compléter l’ICE consultative avec une démocratie directe plus poussée. En Suisse par exemple, les initiatives populaires sont examinées par un parlement fédéral (qui peut recommander l’initiative ou proposer une alternative) mais la décision finale de sa mise en vigueur est prise via un référendum.</p>
<p>Ce n’est pas seulement amener le problème en jeu à l’attention d’un public plus large mais, dans un contexte européen, cela pourrait également semer les graines d’un engagement politique véritablement paneuropéen. </p>
<p>Bien sûr, la démocratie directe n’est pas une solution en soi. Il est possible de rattacher en majeure partie l’histoire des récentes crises budgétaires dans l’État de Californie aux problèmes de son installation constitutionnelle et de sa composante démocratique (après tout, les gens ne votent pas pour la réduction des services publics importants pas plus que les dindes ne votent pour Noël). Mais une démocratie représentative vraiment européenne avec des partis paneuropéens et des leaders pourrait être bien loin et il nous faut commencer quelque part. Laisser le peuple européen voter à propos de questions qui importent aux citoyens : cela pourrait peut-être juste commencer à combler le fossé démocratique.  </p>


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		<title>Le potentiel de l’Europe</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2010/pourquoi-europe-est-importante/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 13:20:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Article @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[altermondialisation]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[politique européenne]]></category>
		<category><![CDATA[transnationalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le projet européen, en dépit de certaines apparences, a le potentiel d’introduire un changement de paradigme pour une ère transnationale.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les six derniers mois ont montré à la fois la nature anachronique du statu quo global et l’absence d’un projet politique qui changerait radicalement la logique de la politique globale. Le projet européen, en dépit de certaines apparences, a le potentiel d’introduire un changement de paradigme  pour une ère de transnationalisme. </em></p>
<p>Par Niccolo Milanese, traduction de Stéphanie Klaczynski.<br />
Nous tentons d’accélérer alors que nous sommes coincés au point mort. L’explosion du nombre des ONG, des think tanks, des actions humanitaires, des médias internationaux, des forums mondiaux, des  protestations et rassemblements au cours des vingt  dernières années qui ont suivies la chute du mur de Berlin, a affiné les demandes et aiguisé la conscience des nouvelles générations, mais elle doit encore produire un projet politique à la hauteur de leurs ambitions. Comme de plus en plus de problèmes se révèlent « globaux » dans leur complexité et dans leurs implications et que leurs effets deviennent de plus en plus dramatiques, cette incapacité pourrait bien devenir de plus en plus frustrante et le fossé entre les attentes et l’action possible encore plus grand. Ces six derniers mois, nous avons pu voir et ressentir une nouvelle étape dans cette dislocation,  avec le débordement à la fois de l’espoir et  de la colère à un niveau mondial. Le G7 aurait pu devenir le G20, les États-Unis auraient pu élire un leader qui s’intéresse un tant soit peu aux larges parties du monde oriental, mais même nous, citoyens assez chanceux pour vivre dans les parties du monde les plus puissantes et avec le plus de liberté  sommes,  lorsque nous répondons aux problèmes politiques globaux desquels nous nous éprenons, de plus en plus dans une position d’humbles pétitionnaires de nos leaders, qu’ils soient des hommes politiques nationaux ou des bureaucrates non élus dans des organisations internationales. Nous avons le sentiment de nous éloigner de l’autonomie, de nous replier loin de la démocratie au moment même où l’interconnection des sociétés mondiales était supposée  s’affirmer.<br />
Dans un tel contexte, la question qui fâche  consiste à se demander si un concept de société globale a du sens et si dans une telle société,  une démocratie ou une autonomie serait possible. Beaucoup  voient dans toutes les « mondialisations » uniquement un manque de détermination individuelle, le repli des droits sociaux longuement combattus et l’émergence, d’un côté, d’une classe cosmopolite au-dessus des préoccupations des plébéiens lamdas, et d’un autre côté, une classe migrante clandestine, sans ressources, administrée d’un centre de détention à l’autre avant d’être finalement renvoyée dans le pays d’où elle vient ou de disparaitre dans une existence clandestine et précaire  à l&#8217;ombre  de sociétés plus privilégiées.<br />
Mais dans un monde de problèmes mondiaux, il est à la fois lâche et mal avisé de ne pas avoir d’aspirations globales, quand de telles ambitions sont les liens précieux qui unissent l’humanité. C’est peut être l’élément « société » dans l&#8217;expression « société globale » qui a besoin d’être questionné plus vivement. En effet, il y a des limites quant à ce que les partenaires sociaux peuvent atteindre indépendamment des pouvoirs politiques, au moins dans les conditions actuelles, car presque tous ces pouvoirs politiques restent résolument nationaux dans leurs constitutions. C’est même le cas, inutile de le dire, de l’institution la plus globale, les Nations Unies, dans laquelle chaque nation a un droit de vote à l’Assemblée générale alors que seulement les États &#8211; nations élus ou privilégiés ont un droit de vote dans ses autres organes.</p>
<p>La Banque mondiale et le FMI sont aussi structurés de façon à ce que leurs membres soient des Etats-nations. À une époque qui prend comme motif primaire la reconnaissance des problèmes politiques qui dépassent les frontières nationales, il est surprenant que l’Etat nation reste si largement incontesté en tant que lieu primaire de l’autorité politique. Si les institutions internationales semblent antidémocratiques, si les citoyens pensent qu’ils n’ont pas leur mot à dire sur leurs propres destinés ou de choix à faire concernant le monde dans lequel ils vivent, alors cette antinomie est certainement un bon point de départ pour la réflexion.<br />
La seule entité politique existante qui défie de façon significative le système d’États-nations est l’Union européenne. Pour prendre un exemple récent, le G20 des économies les plus puissantes du monde,à la différence des autres institutions mentionnées, est composé de seulement 19 États-nations et l’Union européenne. Cela est, bien sûr, complètement injuste (au-delà de  l’exclusion des autres 170 pays) puisque cela signifie que la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni sont en fait représentés deux fois. Selon la logique des objectifs du G20 cependant, l’exclusion de l’Union européenne n’aurait pas eu de sens : c’est le marché le plus puissant du monde et elle a des pouvoirs qui sont, dans une large mesure, indépendants des États-nations dans la façon qu’elle a de réguler le marché. Ce  seul fait signifie  que l’Union européenne a un énorme potentiel irréalisé en tant que pouvoir transformateur dans la politique globale.</p>
<p>En tant que bloc commercial le plus puissant dans le monde, l’Union européenne pourrait être une force positive pour une justice sociale dans le fonctionnement véritable de l’économie mondiale. Si elle appliquait des normes de travail décentes, telles qu’elles ne permettraient pas la vente de bien produits dans des conditions d’exploitation, qu’ils soient produits à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE, alors elle serait une force immense pour l’amélioration positive des normes de travail à travers le monde. De même, l’Union européenne pourrait appliquer des normes environnementales pour qu’il soit impossible ou alors très cher d’acheter des biens dont la production engendre des dégâts environnementaux. À l’heure actuelle, le consommateur européen doit payer plus cher s&#8217; il choisit d’acheter un produit qui ne soit pas produit dans des conditions d’exploitation et payer plus cher s&#8217; il choisit un produit qui crée moins de dégâts sur l’environnement : c’est une indication accablante des valeurs actuelles sous jacentes du marché libre européen.                 </p>
<p>Si l’Union européenne devait introduire une taxe internationale sur les transactions financières, comme une taxe Tobin, pour toutes les transactions actuellement réalisées en Europe, si elle devait introduire une limite sur les salaires, si elle devait mettre un frein aux refuges fiscaux, tout cela forcerait un véritable changement dans l’économie financière globale car les autres pays seraient tout simplement forcés à réagir. Aucun État-nation agissant seul n’a autant d’influence et aucune de ces politiques seules ne pourrait être introduite efficacement à un niveau national. Faire campagne pour que ces mesures soient introduites à un niveau global est parfaitement justifié mais il n’y a pas d’acteur global qui puisse  les mettre en application et les faire respecter; un tel acteur « global » serait la marionnette des États-nations les plus puissants.</p>
<p>Mais l’Union européenne n’a pas seulement les pouvoirs nécessaires  pour décréter ces mesures au moins dans son propre marché, elle a aussi le potentiel de changer la logique des relations et des négociations internationales elles-mêmes. Les négociations internationales ont actuellement lieu selon une fiction d’après laquelle le destin et l’intérêt de chaque État-nation dépend de tous les autres.</p>
<p>Chaque négociateur national est supposé représenter un peuple exclusif, défini territorialement, duquel la destinée et les intérêts sont supposés être épuisés par les intérêts de l’État-nation. Ce n’est pas seulement un fait de plus en plus fictif – comme de plus en plus de personnes ont des liens personnels avec plusieurs pays différents, comme les multinationales opèrent par définition dans plusieurs États-nations, et comme le monde financier économique est de plus en plus entrelacé – mais c’est aussi une vision aveuglée, pessimiste et matérialiste d’une division et d’un conflit humain auxquels on ne peut pas échapper.</p>
<p>De plus, cela implique que les États-nations avec les forces militaires et économiques les plus puissantes contrôlent de façon inévitable les négociations. Si les exigences conservatives qui demande que l’Union européenne soit définie par ses frontières géographiques sont effectivement rejetées, cela définirait une nouvelle notion de la citoyenneté, moins ancrée dans la fiction de frontières nationales. Si l’Union européenne choisit d’agir, non plus seulement dans les intérêts de chacun de ses États-nations (et certains plus que d’autres) mais plutôt dans les intérêts de son peuple, et si elle réalise que parmi le peuple il y a non seulement des citoyens dont la vie est contenue dans leurs États-nations mais des personnes avec des connections dans le monde entier, que le peuple est dans un état de changement et de flux perpétuel, alors la configuration de l’Union européenne changerait la logique des relations mondiales. Cela agirait sur une modification paradigmatique des négociations nécessairement inégales entre les États-nations, chacun basé sur la fiction d’une citoyenneté exclusive jusqu’aux négociations intrinsèquement multilatérales dans lesquelles chaque négociateur représente non seulement les intérêts à court-terme de ceux qu’il représente à ce moment, mais  est forcé de considérer les intérêts de ceux qu’il pourrait potentiellement représenter dans le futur, peu importe d’où ils viennent. Nous devons nous battre pour ce résultat et il y a certes des forces importantes qui s’y opposent, mais à aucun autre niveau de politique il n’y a un tel potentiel d’évolution. Cela n’aurait plus de sens d’essayer de compter les membres du Groupe des économies les plus puissantes (le G2, le G7, leG20, le G180…), ce serait forcer chaque négociateur à penser de plus en plus aux intérêts de l’humanité toute entière.</p>
<p>Ces arguments qui font que  l’Europe devrait compter pour ceux qui s’intéressent à la politique globale pourraient être multipliés, incluant des préoccupations concernant l’environnement, les droits de l’homme,  l’égalité des sexes et  la paix. À droite, il y a un encadré, avec seulement quelques unes des politiques qui pourraient être adoptées à un niveau européen, impossible à un niveau international et qui contribuerait à un véritable changement de paradigme  dans le statu quo mondial d’une logique de compromis national jusqu’à une logique d’aspiration transnationale. C’est dans ces sens qu’il n’est pas si exagéré de dire que pour un individu en Europe qui souhaite militer pour un déploiement différent de notre futur mondial commun, l’Europe est la dernière utopie restante.</p>
<p>Encore un mois avant les élections européennes de Juin, avec une confiance dans l’UE au plus bas, probablement son niveau le plus bas, attacher tellement d’importance à l’Europe en tant qu’acteur potentiel pour un changement historique semble être une illusion. Non seulement l’Union européenne semble être impotente en termes de politique mondiale mais lorsqu’elle agit, elle tend souvent à le faire en faveur d’un maintien du statu quo, et même pour promouvoir une politique que beaucoup appelleraient « néolibérale ».</p>
<p>Malgré la crise financière, par exemple, elle s’est montrée incapable de s’accorder sur un plan de secours pour ses membres les plus vulnérables, comme la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, qui ont tous eu recours à la place au FMI en tant que garant pour un emprunt d’Etat, en des termes qui n’encouragent ni un investissement pour la justice sociale ni pour l’aide sociale. Ces dernières années, plusieurs jugements des cours européennes ont été favorables aux  multinationales plutôt qu’aux travailleurs . Malgré une discrimination flagrante envers les immigrés dans des pays comme l’Italie, l’Union européenne  n’a pas été disposée  à renforcer les standards des droits de l’homme qu’elle prétend représenter. Elle fut apparemment impuissante face à la récente crise de Gaza et aux autres crises militaires au Congo. On pourrait prolonger cette liste. Ce qui est important dans une telle situation, c’est de comprendre pourquoi une institution si puissante sur le papier et qui a un tel potentiel de transformation du paysage politique mondial semble être impuissante, et pourquoi l’existence même semble provoquer uniquement de l’apathie ou un antagonisme chez tant de personnes. Il y a une véritable nouvelle industrie de recherche quant à ces questions dans les universités, dans les laboratoires d’idées, dans les ONGs, la plupart fondées par les institutions européennes elles-mêmes, mais à nos yeux, la réponse semble simple : il n’y a pas de parti politique visible ni de coalitions de sociétés civiles de large envergure qui appellent à des politiques européennes alternatives et progressistes à un niveau transnational.</p>
<p>Ce n’est pas dire qu’il n’y a pas de différences entre les partis politiques européens majeurs qui existent et prennent part aux élections le mois prochain, ni dire que les partis politiques n’ont pas un grand pouvoir en Europe et sont par conséquent hors de propos. Le Parlement européen a en fait le pouvoir d’élire la Commission européenne et a le droit de véto sur les lois proposées par la Commission. Le parti socialiste européen encourage une politique plus progressiste au niveau social que le parti dominant, le parti populaire européen (PPE). Les partis de la Gauche européenne et des Verts européens promeuvent une politique plus radicale. Mais tous ces partis sont des fédérations ou des coalitions de partis nationaux. Ils n’ont pas la structure nécessaire pour éloigner l’autorité et l’attention politique des politiques nationales. Le résultat est le suivant : même s’il est estimé que 60 à 80% des lois affectant les citoyens européens prennent leur source dans les institutions européennes, elles sont seulement débattues lorsqu’elles intègrent une législation nationale, degré auquel elles apparaissent comme une contrainte de l’extérieur.</p>
<p>Il y a aussi diverses campagnes et organisations de sociétés civiles qui fonctionnent à un niveau européen, mais elles restent spécifiques à un problème, techniques, et ont souvent cette conception bureaucratique assommante que beaucoup considèrent comme contagieuse à Bruxelles. Elles manquent d’une capacité à imaginer suffisamment de possibilités d’une nouvelle société pour pouvoir même critiquer le statu quo suranné.<br />
Les énergies politiques déployées ces derniers mois ont montré la nature anachronique de la logique globale du pouvoir politique mais aussi de la logique insuffisante de la « société civile globale » qui manque d’un quelconque projet pour  transformer le statu quo global et reste largement basé sur des problèmes, même dans ses manifestations les plus populaires et les plus influentes. L’Europe importe alors, parce que c’est le niveau auquel toute politique véritablement innovante et tout projet culturel qui cherchent à changer les logiques mondiales dominantes de la politique actuelle devraient s’articuler s’ils sont lancés par ceux de notre partie du monde. Elle importe parce qu’elle est le seul engin politique capable de conduire ce projet au-delà de la logique exclusivisteet anachronique du système d’État-nation.</p>
<p>Et elle compte car si elle est ignorée de ceux qui s’intéressent à la politique globale, elle subsistera dans sa grisaille abrutissante et sera un poids mort sur nos rêves.</p>
<p><strong>Politique européennes transnationales alternatives </strong></p>
<p>Pour illustrer le potentiel de politiques transnationales à un niveau européen, voici plusieurs politiques que l’Union européenne pourrait adopter pour influencer le modèle de la politique globale. Elles ne sont pas un programme mais simplement l’illustration d’une politique européenne alternative.</p>
<p><strong><br />
- Moraliser la globalisation:</strong> l’Europe est le marché unique le plus puissant au monde. Si elle mettait en application un travail décent, les droits de l’homme et les normes environnementales pour tous les biens produits en Europe, et tous les biens importés en Europe, cela améliorerait à la fois la situation globale dans chacun de ces secteurs et forcerait les autres Etats à s’adapter.</p>
<p><strong>- Fournir une alternative démocratique au FMI :</strong> Si l’Union européenne s’accordait sur un plan de sauvetage pour les Etats membres de l’Union européenne qui ont été victimes de la crise financière et rendait ce plan de sauvetage à la fois démocratique et plus social que ceux proposés par le FMI, cela n’aiderait pas seulement les gens en Europe, cela fournirait aussi un exemple positif de démocratisation du FMI et de la Banque Mondiale.</p>
<p><strong>- Introduire une taxe Tobin:</strong> Une taxe financière efficace sur les spéculations de devises pourrait seulement être mise en application  à un niveau international. Il y a déjà eu des propositions pour que l’Union européenne adopte une telle taxe mais elles ont été rejetées par la Banque Centrale européenne.</p>
<p><strong>- Adopter et faire respecter une politique d’immigration qui place l’hospitalité et la dignité des hommes au centre de ses préoccupations : </strong> Les lois européennes qui concernent l’immigration et la détention sont devenues de plus en plus répressives, dans le même temps les abus sur les droits de l’homme et la discrimination sont tolérés aux frontières de l’Europe. En transformant cette situation et en travaillant avec les pays d’origines des immigrés, l’Europe montrerait que les institutions supranationales ne servent pas seulement à protéger les intérêts des citoyens nationaux mais qu’on peut concevoir la politique d’une autre façon.</p>
<p>Pour plus d&#8217;informations sur les cas Laval, Viking, Ruffert et Luxembourg, vous pouvez consulter le site de l&#8217;<a href="http://www.etuc.org/r/846">European Trade Unions congress</a>.</p>


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		<item>
		<title>Les mafias : du local à l’international, un problème européen</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2010/les-mafias-du-local-a-l%e2%80%99international-un-probleme-europeen/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 17:35:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francesca Gnetti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Article @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le phénomène mafieux n'est pas circonscrit à l'Italie ou la Corse, mais il a une vocation et des ramifications internationales. L'UE doit prendre acte de cette réalité en élaborant une législation anti-mafia commune, sous peine que son silence, comme la mafia, continue de tuer.


No related posts.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/ragnagne/2473176843/"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/01/impastato560.gif" alt="" title="impastato560" width="560" height="464" class="aligncenter size-full wp-image-4686" /></a><br />
(Foto: <a href="http://www.flickr.com/photos/ragnagne/2473176843/">ragnane</a>/Flickr)  « La mafia tue, le silence aussi »</p>
<p>Traduction de Juliette Rivens</p>
<p>C’est une ombre menaçante qui ne cesse de s’étendre, une ombre qui s’insinue dans le quotidien local et se propage au-delà des frontières nationales.  C’est cela, aujourd’hui, la mafia italienne. Un système qui s’auto-alimente  et qui s’enracine  sur le territoire, profitant à la fois du tissu social, des intérêts locaux et des opportunités qu’offrent la mondialisation. Les groupes criminels – mafia, camorra, ‘ndrangheta – ont depuis longtemps franchi les limites des régions qu’elles contrôlaient à l’origine – respectivement la Sicile, Naples et la Calabre – pour s’étendre au reste de l’Italie et jusque dans toute l’Europe.</p>
<div style="padding:8px;">
<p class="rightquote"> «Les groupes criminels ont depuis longtemps franchi les limites des régions qu’ ils contrôlaient à l’origine  pour s’étendre au reste de l’Italie et  à l’Europe. »</p>
</div>
<p>Les frontières ne sont nullement un obstacle pour la criminalité organisée qui parvient toujours à changer de visage et à se réorganiser sous une autre forme, selon son terrain d’action. Profitant souvent de mauvais choix politiques, les mafias ont pris de l’ampleur partout où elles ont trouvé une occasion de se développer économiquement, en entremêlant  intérêts industriels, financiers et spéculatifs. C’est ainsi qu’elles se sont infiltrées dans le tissu économique du  Nord de l’Italie, pour élargir ensuite leur contrôle et leur influence aux espaces stratégiques de l’échiquier mondial. Comme l’a souligné la Fondazione Libera Informazione (l’observatoire italien contre les mafias) au cours de la présentation du « Dossier Lazio » concernant les ramifications criminelles dans le Latium, les mafias n’en sont plus à une simple phase d’infiltration mais sont parvenues à s’enraciner dans de nombreuses régions italiennes. « Même si elle n’a pas le contrôle direct du territoire », explique Luigi de Ficchy, Procureur de la République de Velletri, « la mafia représente dans le Latium une réelle puissance économique, elle s’est développée d’année en année en infiltrant le secteur des marchés publics. Les organisations mafieuses se trouvent là où les appels d’offre sont nombreux. »</p>
<div style="padding:10px;">
<p class="rightquote">« La mafia représente dans le Latium une réelle puissance économique, infiltrée dans le secteur des marchés publics»</p>
</div>
<p> « Les groupes criminels sont liés aux administrations légales, continue le Procureur. Ils mêlent les activités criminelles peu visibles à celles qui le sont plus comme l’intimidation ou les prêts crapuleux. » Ce tableau reflète la situation de nombreuses régions du Nord de l’Italie. Du Latium à la Lombardie en passant par l’Émilie-Romagne et l’Ombrie, l’ombre des réseaux mafieux s’est étendue sur toute la péninsule si bien qu’ils sont devenus un instrument de pression politique, avec pour objectif la conquête des postes clés des administrations publiques. En brouillant la frontière entre légalité et illégalité, la mafia déploie autour d’elle une onde de corruption et de spéculation assortie de banqueroute territoriale et de pollution. Elle crée de nouvelles formes de contrôle du territoire en s’appuyant sur des personnalités qui incarnent le rapprochement entre politique et criminalité.Mais ces organisations disposent aussi d’une ampleur internationale. </p>
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<p class="rightquote">« La mafia crée de nouvelles formes de contrôle du territoire en s’appuyant sur des personnalités qui incarnent le rapprochement entre politique et criminalité. »</p>
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<p>L’internationalisation des mafias permet aux groupes criminels d’étendre leurs activités et de  manipuler des sommes d’argent colossales en déstabilisant des pays entiers. Les organisations criminelles infiltrent même les chantiers européens les plus gros. Elles contrôlent par exemple la construction de grands centres commerciaux un peu partout en Europe, de l’Andalousie à la Grèce et du Kosovo à l’Italie du Sud, ainsi que les services parallèles comme les parkings, le transport des marchandises ou la sécurité. Mais au niveau européen, les mafias contrôlent surtout le trafic de stupéfiants  en particulier celui de la cocaïne. La gestion internationale du trafic de cocaïne permet aux mafias de différents pays d’approfondir et de resserrer leurs liens, ce qui favorise l’émergence de structures criminelles organisées et transnationales contrôlant toute la chaine de la drogue, de la production à l’approvisionnement jusqu’à la commercialisation. On peut identifier en Europe cinq grands pôles névralgiques de la criminalité, agissant comme carrefours internationaux de la marchandise avant son entrée sur les marchés nationaux. Le premier, situé au nord-ouest et alimentant les marchés les plus riches d’Europe, regroupe la Hollande et la Belgique. Le deuxième, au nord-est, comprend les Pays baltes et profite des liens avec la Russie et l’Ukraine. Le troisième, au sud-est, est ancré dans la péninsule balkanique et relie l’Asie centre-orientale à l’Europe. S’ajoutent à cela le sud-ouest de la péninsule ibérique, devenu le cœur des trafics internationaux de cocaïne, et la zone méridionale de l’Italie. La mafia italienne est présente dans chacun de ces pôles de la criminalité. L’Union européenne est incapable de localiser et de stopper les organisations criminelles internationales qui utilisent le système financier pour maîtriser les trafics de drogue et le blanchiment d’argent, pas plus qu’elle ne parvient à empêcher l’arrivée de flux de capitaux d’origine criminelle. Un des problèmes fondamentaux est qu’il n’existe aucune législation anti-mafia commune à tous les pays de l’Union européenne. En Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne et en France, le délit d’association mafieuse n’existe pas, ce qui rend difficile les actions communes et efficaces au niveau international.</p>
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<p class="rightquote">« Un des problèmes fondamentaux est qu’il n’existe aucune législation anti-mafia commune à tous les pays de l’Union européenne »</p>
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<p> Il faut donc développer une nouvelle stratégie globale contre les activités criminelles en générale, et le narcotrafic en particulier. C’est seulement par la coordination et la prise en compte des aspects mondiaux du problème que chaque Etat aidera l’Union européenne à devenir efficace dans le démantèlement des  mafias et la destruction de leurs fondements économiques. L’intégration européenne peut, en ce sens, être positive et aider à reconstruire des secteurs entiers de l’industrie et du commerce pour le moment corrompus par la criminalité.<br />
Il est indispensable de rétablir le rôle des organisations anti-mafia, que ce soit au niveau local dans les différentes régions italiennes ou au niveau européen et international. C’est pour cela que les actions et l’engagement d’ association comme Libera, qui agit pour la défense de la légalité en Italie, ou Flare (Freedom, Legality and Rights in Europe) qui combat au niveau européen les mafias, le trafic de drogue, le trafic de mineurs et de clandestins et la violation des droits humains, sont fondamentales. « Les mafias sont devenues des acteurs de la nouvelle économie », explique Francesco Forgione, l’ancien président de la Commission anti-mafia en Italie. « La présence des mafias doit être recherchée au delà des tribunaux et pas seulement dans le cadre des épisodes violents qui occupent, de temps à autres, les médias. Elle doit être recherchée dans la société qui nous entoure, derrière le silence de des institutions et l’omerta interne aux organisations ». Il faut donc mettre en lumière les dynamiques criminelles et le système de relations mafieuses présents au sein de notre société, dans notre économie et notre vie politique en agissant parallèlement sur trois niveaux : local, national et international. </p>


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		<title>Démocratiser l’Union Européenne: mettre le pouvoir entre les mains des citoyens</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 15:25:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[politique européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Le déficit démocratique est peut-être l’une des seules choses que presque tout le monde connait à propos de l’UE. Il n’y a qu’une seule institution qui puisse le faire : le Parlement européen, qui doit commencer à se faire entendre un peu plus.


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/nygus/194700524/in/photostream/"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2010/01/old-people-in-Lviv.jpg" alt="" title="old-people-in-Lviv" width="560" height="366" class="aligncenter size-full wp-image-5568" /></a><br />
(Photo: <a href="http://www.flickr.com/photos/nygus/">Swiatoslaw Wojtkowiak/Flickr</a>)</p>
<p><em>Traduction de Stéphanie Klaczynski</em></p>
<p>Le déficit démocratique est peut-être l’une des seules choses que presque tout le monde connait à propos de l’Union Européenne. Au moins dans toutes les « vieilles » démocraties d’Europe, le sentiment s’est répandu que les institutions européennes dérobent les pouvoirs qui appartenaient au peuple lorsque celles-ci étaient encore à un niveau national. Dans les nouveaux Etats Membres, la foi en l’Union Européenne doit être plus forte mais les citoyens ne se sentent pas capable d’influencer leur direction. Ces impressions (aussi fausse que puisse être l’image d’un Etat-nation implicite dans les premières d’entre elles) seront seulement réglées avec le programme mettant le citoyen au centre du pouvoir décisionnel européen. Il n’y a qu’une seule institution européenne qui puisse le faire : le Parlement européen, qui doit commencer à se faire entendre un peu plus. C’est pourquoi European Alternatives a débuté une campagne pour que le Parlement affirme le rôle majeur qu’il a pour décider des politiques de l’Union.<br />
Le Parlement Européen détient déjà la plupart des pouvoirs officiels des parlements nationaux.  Il doit approuver la nomination du Conseil européen pour le président de la commission ainsi que les nominations du président pour les différents postes de la commission après les avoir interrogés lors de longues audiences parlementaires. Le Traité de Lisbonne, entré en application le 1er décembre 2009, améliore nettement l’importance du Parlement en faisant de la procédure législative usuelle de l’Union Européenne une codécision. LaCommission européenne garde le monopole sur le pouvoir de proposer des lois mais désormais, le Parlement, ainsi que les Etats membres du Conseil européen, doivent donner leur accord dans la plupart des domaines de la  législation européenne avant que cette proposition ne puisse devenir une loi. Mais ce n’est pas le genre de chose qui  viendra à bout du fait que les citoyens voient Bruxelles comme une bureaucratie anti-démocratique. Pour cela, la politique européenne doit devenir pleinement politique, c&#8217;est-à-dire, pleinement démocratique !<br />
Cela implique un changement substantiel dans la manière qu’ont les institutions européennes de se penser. Jusqu’à ce jour, la Commission européenne a été considérée comme le parti de l’Europe, qui doit mener à bien le projet européen sur la base d’un consensus entre les Etats membres. Mais cette hégémonie de la Commission n’a plus de sens, en particulier quand un nombre croissant des problèmes auxquels elle est confrontée – du changement climatique à la migration – sont clairement des problèmes de nature politique avec des opinions qui différent à travers le spectre politique etselon les Etats membres. Par leur nature, ces choix vont au-delà des sphères politiques nationales et doivent donc être articulés à un  niveau européen. Compter sur des parlements ou des politiciens nationaux pour formuler ou énoncer ces choix va à l’encontre du but recherché: les choix doivent être faits au niveau européen et les citoyens doivent se voir donner une chance de pouvoir influencer directement ce niveau de prise de décision. C’est pour cette raison que le Parlement européen doit devenir la chambre de débat des vues divergentes sur la future direction de l’Europe, vues formulées par des partis politiques européens significatifs. Ces visions divergentes doivent être identifiées à des personnalités du parti et les propositions gagnantes doivent avoir un impact réel sur la législation européenne.<br />
Lasolution à tout cela sera le dernier point : au moment où le Parlement européen aura la possibilité de proposer une législation européenne, les débats politiques revêtiront une nouvelle importance. À ce jour, le Parlement européen peut seulement approuver ou rejeter des lois proposées par la Commission européenne, mais, de lui-même,  il ne peut pas faire passer une législation. Cela entrave la possibilité des partis européens  de s&#8217;identifier  à des choix politiques clairs pour l’Europe. Mais si le Parlement se voyait attribuer une influence directe dans la législation européenne, cela permettrait aux partis politiques européens d’adopter une position publique sur des domaines clés de la politique et de faire campagne aux élections européennes sur la base  d’un programme significatif commun aux différents Etats membres. Quelles seront les  mesures législatives prises par le Parti socialiste éuropéen (Pse)pour garantir les services sociaux ? Les Verts vont-ils proposer une Taxe Carbone sur les industries polluantes ? Quelle politique européenne commune d’asile va être promue par le Parti populaire éuropéen (Ppe) ?<br />
L’objection la plus fréquente est que cela  requerrerait un changement dans les traités européens, et après le processus chaotique de celui de Lisbonne, personne n’est d’humeur à repartir pour un tour. Mais comme nous l’indiquons dans notre programme de campagne, cela ne requiert aucun changement immédiat dans les traités : le pouvoir officiel d’initier  une loipeut rester entre les mains de la Commission, mais il faut un engagement précisant que, si le Parlement décide qu’une certaine législation est nécessaire, alors la Commission devra en réponse faire une proposition de loi dans un laps de temps raisonnable.<br />
Les élections européennes de 2009 furent les premières dans lesquelles quelques partis européens firent un effort pour avoir un programme commun à travers l’Union, mais ces programmes étaient souvent ignorés par les membres de partis nationaux des partis européens, qui ont fait campagne sur des problèmes nationaux. Même lorsque de vraies promesses européennes étaient faites, les citoyens ne les ont associées à rien d’autre qu’un peu plus de rhétorique, en raison d’un manque de connexion claire entre la contestation électorale européenne et la législation. A présent, dans les premiers mois de l’entrée en application du traité de Lisbonne, le Parlement doit saisir cette opportunité de revendiquer son importance, pour donner aux représentants des citoyens le pouvoir de décider quant à la direction de l’Union. Jusqu’à présent, l’Union s’est reposée sur les Etats nations pour assurer son impulsion. L’adoption du traité de Lisbonne doit se transformer en l’occasion pour que les citoyens puissent enfin diriger les opérations.</p>


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		<title>L’Europe, catholique ? Pas sûr. Hostile à l’Islam ? Sans aucun doute</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 11:32:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francesca Barca</dc:creator>
				<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Migrations]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[identité europeenne]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[La votation des Suisses contre la construction de minarets renvoie, en creux, à la définition de l'identité européenne : si 25,4 % des Européens se déclarent sans religion, quand on parle de mosquées c’est le grand retour à Bethléem d’où l’on revendique haut et fort que « bien sûr, nous sommes catholiques ».


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/Photo-by-Giacomo-Rosso.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/Photo-by-Giacomo-Rosso.jpg" alt="Photo by Giacomo Rosso" title="Photo by Giacomo Rosso" width="560" height="309" class="alignnone size-full wp-image-3357" /></a><br />
(Foto: Giacomo Rosso)</p>
<p>Par Francesca Barca, traduction de Juliette Rivens</p>
<p>L’auteur de l’article fait partie du collectif de journalistes <a href="http://www.europa451.fr/">Europa451</a>. </p>
<p>Dimanche 29 novembre lors d’un référendum populaire, les Suisses se sont prononcés à 57 % contre la construction de minarets sur l’ensemble du territoire national.L’initiative a d’abord été lancée par le parlementaire du Canton du Tessin, Lorenzo Quadri –  membre de la Ligue des Tessinois, une formation politique populiste et antieuropéenne connue notamment pour son refus de naturaliser les immigrés – puis elle a été soutenue par l’Union Démocratique du Centre, parti conservateur représenté au gouvernement. <a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/divieto-minareti.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/divieto-minareti-211x300.jpg" alt="divieto minareti" title="divieto minareti" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-3363" /></a>L’initiative parlementaire se transforme donc en une loi qui interdit la construction de minarets et invoque pour ce faire l’identité catholique de la Suisse. En effet, la Constitution Tessinoise (et non fédérale) reconnait que « l’Eglise catholique apostolique romaine et l’Eglise évangélique réformée ont la personnalité de droit public », tandis que la Constitution fédérale, dans l’article 15, se limite à garantir la « liberté de conscience et de croyance ». Selon l’initiative parlementaire, le minaret sert à « marquer le territoire » et interdire sa construction permettrait de préserver l’identité culturelle (catholique ?) de la Suisse. Rappelons qu’il n’existe que quatre minarets dans tout le pays et que la population musulmane suisse, originaire en grande partie de Turquie et de Bosnie, n’a jamais eu de problèmes d’intégration particuliers.<br />
Selon le recensement suisse réalisé en 2000 par l’Office fédéral de la statistique (OFS), la religion joue un “rôle important” pour seulement 16 % des Suisses. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait qu’entre 1990 et 2000, le nombre de fidèles pratiquants (pour les deux religions majoritaires en Suisse, le catholicisme et le protestantisme) a chuté de 10 %. Ce sont 38,5 % des catholiques qui déclarent ne pas aller à l’église contre 50,7 % des protestants. La Suisse n’est donc pas si différente du reste de l’Europe : selon un sondage Eurostat effectué en 2005, la religion est un élément fondamental de la vie pour 53 % des personnes interrogées. Au total, 49,5 % des citoyens européens sont catholiques, 12,7 % protestants, 8,6 % orthodoxes, 15,7 % musulmans et 0,4 % israélites. Et pas moins de 25,4 % se déclarent sans religion. Mais quand on parle de mosquées, chacun se réfugie dans sa paroisse et c’est le grand retour à Bethléem d’où l’on revendique haut et fort que « bien sûr, nous sommes catholiques ».</p>
<p>Les réponses à l’initiative helvétique ? Le parti flamand d’extrême droite Vlaams Belang, à travers la déclaration de Filip Dewinter, se félicite du résultat et propose d’étendre cette mesure à la Belgique. Même chose pour le Parti pour la liberté en Hollande (celui de Geer Wilders, qui, rappelons-le, compare le Coran à « Mein Kampf »). La vice-présidente du Front National, Marine Le Pen, s’en remet à la volonté du peuple européen : « les élites doivent cesser de nier les aspirations et les craintes des peuples européens qui rejettent les signes ostentatoires que veulent imposer des groupes politico-religieux musulmans ». La réaction italienne est, comme souvent, plus colorée : pour l’ancien Garde des Sceaux Roberto Castelli, le moment est venu d’imprimer la croix sur le drapeau tricolore italien. Marquer le territoire en quelque sorte. Si le minaret n’est pas un symbole religieux mais bien politique, il faut riposter en brandissant notre propre symbole. Alors qu’aujourd’hui, et ce depuis déjà assez longtemps, l’influence religieuse perd pied partout en Europe, la réponse que nous donnons est une revendication de notre catholicisme. Et le crucifix, nous y tenons.</p>
<p>On pense bien sûr immédiatement à la récente décision de la Cour européenne de Strasbourg. Ulrich Schlüer, homme politique suisse de l’Union Démocratique du Centre (Udc), ne manque pas de le rappeler : « Aujourd’hui les pays chrétiens ne peuvent plus afficher leurs symboles chrétiens (…) et cependant nous sommes tenus d’exposer des symboles musulmans ». Le 3 novembre dernier, la Cour européenne des Droits de l’Homme qui siège à Strasbourg avait déclaré que la présence du crucifix dans les écoles italiennes était « contraire au droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion ». Le Gouvernement italien a fait appel et la question sera réétudiée dans trois mois. Le problème du crucifix dans les écoles italiennes avait été soulevé par Soile Lautsi, une citoyenne italienne d’origine finlandaise, sympathisante de l’Uaar (Union des athées et des agnostiques rationalistes). A gauche comme à droite, les partis politiques italiens ont réagi unanimement : pour certain, le crucifix est un élément de notre l’identité culturelle, pour d’autres c’est le symbole de l’identité religieuse, italienne en premier lieu, européenne ensuite. Même pour ceux qui ne se considèrent pas comme catholiques, abandonner le crucifix fait peur. Et le débat sur sa présence ou non dans les écoles (soulevé rappelons-le par une finlandaise laïque et rationaliste) a déchaîné les foudres contre l’invasion islamique. Un seul exemple : la section de Bergame de la Ligue du Nord conclut <a href="http://leganordbergamo.myblog.it/tag/crocefisso-scuola">son article</a> sur le sujet avec l’affiche <a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/non-volgiamo-morire-islamici.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/12/non-volgiamo-morire-islamici-271x300.jpg" alt="non volgiamo morire islamici" title="non volgiamo morire islamici" width="271" height="300" class="alignright size-medium wp-image-3367" /></a>« Nous ne voulons pas mourir islamiques », sans même parler des musulmans. Sur facebook, les groupes qui attaquent les musulmans, et non la Cour européenne, ont poussé comme des champignons : « <a href="http://www.facebook.com/group.php?gid=183704974104">Tu ne veux pas du crucifix en classe ? Moi je ne veux pas de toi en Italie ! Marché conclu ?</a> » Presque 7000 « fans » et un mur affichant un débat très animé. Rapidement teinté de racisme.</p>
<p>Les « aspirations du peuple » dont parle Marine Le Pen doivent être respectées. Mais il faudrait se demander si le référendum est le bon moyen de prendre ce type de décisions, pour lesquelles le populisme est roi. Il est tout à fait normal de s’interroger sur l’identité européenne et sur l’élargissement de l’Europe : malgré sa faiblesse, l’UE occupe une place de plus en plus importante dans nos vies et pour le moment, c’est le repli sur les identités nationales, régionales et religieuses qui semble la solution la plus simple. Le problème, c’est que dans l’Europe d’aujourd’hui la volonté du peuple n’est respectée que par intermittence : en 2005 la France et les Pays-Bas ont refusé, par référendum populaire, la Constitution européenne. Quatre ans plus tard, les gouvernements des pays membres ont ratifié le traité de Lisbonne. Peut-être ont-ils pensé qu’en changeant l’étiquette (Traité de Lisbonne pour Constitution européenne), on pouvait considérer que la volonté du peuple, finalement, n’était pas si importante que cela. Le cas de l’Irlande est encore plus éloquent : en juin 2008, les Irlandais expriment avec un « non » la volonté populaire. Ce devait donc être la « mauvaise » volonté. Un an plus tard, en octobre 2009, on les rappelle aux urnes et là, ils ont largement changé d’opinion : de 53,4 % de « non » en 2008, nous sommes passés à 67,1% de « oui » en 2009.<br />
Ce qui surprend, c’est que l’Islam soit maintenant perçu comme l’autre facette de l’identité européenne. La question semble en effet toucher de nombreux pays européens si l’on s’en tient aux récents débats qui les agitent : la Suisse et l’Italie déjà cités, mais aussi la France où une interdiction de la burka est envisagée, et l’Allemagne où l’on polémique sur la construction de mosquées. Pourtant, l’Islam apparait très peu dans les discours des hommes politiques européens. Aux dernières élections européennes en juin 2009, il n’a pas vraiment été un argument de campagne électorale. On se limite à parler de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, comme si la religion musulmane n’était pas, déjà, la deuxième religion d’Europe. </p>
<p>Version espanole sur <a href="http://www.europa451.es/3/post/2009/12/la-cruzada-europea-se-rearma-en-suiza.html">Europa451</a>. </p>


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		<title>Des Présidents garants des intérêts du peuple</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2009/des-presidents-garants-des-interets-du-peuple/</link>
		<comments>http://www.euroalter.com/fr/2009/des-presidents-garants-des-interets-du-peuple/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 15:46:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Democratic Presidents @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[Commission Européenne]]></category>
		<category><![CDATA[Parlement européen]]></category>

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		<description><![CDATA[European Alternatives lance une campagne pour un Président du Conseil garant des intérêts du peuple. 


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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/vmegaphone560.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/vmegaphone560.jpg" alt="vmegaphone560" title="vmegaphone560" width="560" height="389" class="alignnone size-full wp-image-2837" /></a> (Foto: <a href="http://www.flickr.com/photos/hamillianactor/2257381376/">Brian Finifter/Flickr</a>) </p>
<p>Traduction de Julie Danzé</p>
<p>L&#8217;Union Européenne entre dans une ère nouvelle : le Parlement Européen, seul organe parlementaire transnational élu au suffrage direct, gagne en transparence et en puissance.</p>
<p>Actuellement, le Parlement s&#8217;entretient chaque mois avec le Président de la Commission lors d’une séance plénière. Mais qu&#8217;en est-il de &laquo;&nbsp;l&#8217;autre&nbsp;&raquo; président ? Le rôle du Président du Conseil Européen, en tant que responsable, est de fixer les &laquo;&nbsp;directives et priorités&nbsp;&raquo; de l&#8217;Union Européenne. Il doit également faire face au Parlement et prendre en compte ses suggestions et priorités.</p>
<p>European Alternatives lance une campagne pour un Président du Conseil garant des intérêts du peuple.</p>
<p>Comment cela fonctionnerait-il?</p>
<p>European Alternatives réclame l&#8217;établissement d&#8217;une séance plénière spécifique qui renforcerait les relations entre le Parlement Européen élu et le nouveau Président du Conseil Européen. </p>
<p>Le Président du Conseil Européen, doit, selon le Traité de Lisbonne, présenter un rapport au Parlement quatre fois par an, suite aux réunions du Conseil. Mais cela n’est pas suffisant: le Parlement devrait pouvoir poser des questions sur ce rapport, solliciter des réponses de la part du Président, faire des recommandations quant à son travail et s’assurer que ces dernières seront prises en compte. Le Président devrait profiter de sa plateforme électorale pour promouvoir et justifier ses actions et faire le point sur ce que le Parlement pense de ses suggestions.</p>
<p>Aucune disposition précise ne traite de cela dans le Traité de Lisbonne. Mais une telle avancée ouvrirait le dialogue et permettrait d’avoir un meilleur débat et une plus grande transparence.</p>
<p>Pour des institutions responsables devant le Parlement.</p>
<p>Les séances plénières pour le Président de la Commission et le Président du Conseil ne devraient pas être de simples exercices évasifs, mais plutôt le fondement d’une véritable considération de la Commission et du Conseil Européen au Parlement Européen, le siège d’une représentation démocratique au niveau Européen. </p>
<p>Les séances de questions-réponses devraient renforcer la qualité d’examinateur du Parlement, et permettront au Président du Conseil de répondre de de l’Union qu’il dirige.</p>


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		<title>Ils nous ont volé Copenhague</title>
		<link>http://www.euroalter.com/fr/2009/ils-nous-ont-vole-copenhague/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 11:44:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>European Alternatives</dc:creator>
				<category><![CDATA[Altermondialisation @fr]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Online Magazine @fr]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Sommet de Copenhague]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dirigeants politiques qui se sont rencontrés à Singarour lors du Sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) ne constituent qu’une partie des représentants des 170 pays qui assisteront à la Conférence à Copenhague. Aussi longtemps que les prises de décisions sur des enjeux mondiaux seront le fruit de négociations entre les Etats, les accords ne se limitant pas aux intérêts à court terme des pays les plus puissants seront rares et les contraintes légales nécessaires, par exemple à la réduction des émissions, seront laissées de côté. 


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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2550" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/icarus.jpg"><img src="http://www.euroalter.com/wp-content/uploads/2009/11/icarus-300x300.jpg" alt="image: Icarus by Francis Drake" title="icarus" width="300" height="300" class="size-medium wp-image-2550" /></a><p class="wp-caption-text">(Image: Icarus by Francis Drake)</p></div>
<p>traduction en français de Juliette Rivens</p>
<p>La vingtaine de dirigeants politiques qui se sont rencontrés à Singapour lors du Sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) ne constituent qu’une partie des représentants des 170 pays qui assisteront à la Conférence de l&#8217;ONU sur le changement climatique à Copenhague entre le 7 et le 18 décembre prochain. Les dirigeants des deux pays les plus pollueurs au monde – la Chine et les Etats-Unis – étaient cependant présents et en ont profité pour déclarer qu’un accord légalement contraignant, très attendu par ailleurs, ne serait pas conclu à Copenhague. Aussi longtemps que les prises de décisions sur des enjeux mondiaux seront le fruit de négociations entre les Etats, les accords ne se limitant pas aux intérêts à court terme des pays les plus puissants seront rares et les contraintes légales nécessaires, par exemple à la réduction des émissions, seront laissées de côté. </p>
<p>Le problème du changement climatique révèle les défauts d’organisation particulièrement importants du système mondial actuel basé sur des négociations nationales dans la mesure où la combustion de carbone est essentielle aux plus grandes économies du monde alors que les effets du changement climatique leur semblent encore lointains par rapport aux intérêts immédiats des plus puissants. Il n’est pas simple de convaincre ceux qui profitent le plus des énergies fossiles que les effets du changement climatique, sans doute catastrophiques dans un futur plus ou moins proche et en un point de la planète, sont d’une évidence accablante : il y a un écart impressionnant entre la sphère des délibérations à un niveau national et le caractère mondial du problème.<br />
L’union européenne, à défaut de ses Etats membres dans leur totalité, a bien vu le potentiel et la nécessité que représente le problème climatique en inaugurant une nouvelle ère : celle des décisions globales basées avant tout sur des raisonnements qui dépassent les frontières nationales. L’Union européenne est le principal exemple, bien qu’imparfait, d’une organisation décisionnelle transnationale dans laquelle les intérêts nationaux à court terme sont de plus en plus négligés au profit d’une amélioration du bien commun. Avec le texte Vers un accord global en matière de changement climatique à Copenhague, la Commission européenne tente de se positionner comme leader en attendant la réunion de Copenhague. Cette position de leader n&#8217;aurait pas seulement dû aboutir  à un accord juridiquement contraignant mais aussi à un changement fondamental de direction qui baserait les relations internationales sur le respect de la loi et non plus sur la puissance économique ou militaire. Pendant trop longtemps, l’UE a manqué de l’adresse politique et de la cohérence nécessaire pour s’imposer face aux autres pays et il est évident qu’elle n’a pas non plus gagné le respect des leaders mondiaux. La proposition de dernière minute lancée au Premier ministre danois – qui présidera la Conférence sur le climat à Copenhague – de s’envoler pour Singapour dans la nuit pour être dès le lendemain à une réunion autour d’un petit déjeuner avait pour but de justifier la poursuite des négociations. Cela témoigne en fait d’une certaine indifférence pour le processus.<br />
Face à tant de prétentions, peut-être que les protestations des citoyens et des ONG, expropriés des accords de Copenhague, peuvent réunir les conditions nécessaires à un remodelage profond des mécanismes de la politique mondiale afin qu’ils répondent à notre légitime exigence de solutions pour sauver la planète. Le monde n’a pas besoin d’un nouvel Icare ni d’un Prométhée. Espérons que les cendres ne s’accumulent pas au point qu’il ne nous reste plus qu’à attendre le Phénix.</p>


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